Charles Haas (1833-1902)

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Charles Haas (1833-1902)
Charles haas.jpg

Charles Haas

Biographie
Naissance
Décès

Charles Haas, né vers 1833 et mort à Paris 17e le , est un homme du monde, célèbre pour avoir été l'un des modèles du Charles Swann de Marcel Proust dans À la recherche du temps perdu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Haas est le fils d'Antoine Haas qui, originaire de Francfort, s'installe à Paris au 9 rue d'Artois en 1816, et en 1824, est fondé de pouvoir chez MM. de Rothschild Frères; il épouse Sophie Lan, fille d'un commerçant.

En 1828 les archives du Consistoire le donnent pour l'un des « cinquante israélites les plus imposés de Paris ». En 1837, il est naturalisé français et demeure rue Laffitte. À sa mort en 1838, sa veuve se remaria avec le docteur Numa Mourgues de Carrère.

Le fils d'Antoine Haas et de Sophie Lan, « Merveilleux d'intuition, de finesse et d'intelligence », selon Boni de Castellane, avait assez de fortune pour n'avoir pas besoin de gagner sa vie, même s'il ajoute : « Timide parce que juif, il était le seul de sa race qui fût pauvre, ami de toutes les femmes, choyé dans les salons, prisé des hommes de valeur. Il appartenait à cette catégorie d'oisifs spirituels et inutiles qui étaient comme un luxe dans la société d'alors et dont le principal mérite consistait à potiner, avant le dîner, au « Jockey » ou chez la duchesse de la Trémoille. Si son absence d'occupation n'avait pas été un principe, son intelligence aurait justifié pour lui toutes les ambitions. »

Haas fréquentait les salons littéraires, tel celui de la comtesse Robert de Fitz-James (où l'on croisait Marthe Bibesco, Charles de Chambrun, Paul Bourget ou l'abbé Mugnier) ou celui de Mme Émile Straus, les grandes ventes publiques, le foyer de la Comédie-Française et les ateliers de peinture, en particulier celui de Degas, qu'il avait connu chez Mme Hortense Howland.

Il fut un habitué des fêtes de Compiègne aussi bien que des "revues" du marquis de Massa.

Le Cercle de la rue Royale.
Charles Haas est le personnage le plus à droite.

Haas a été l'amant de Sarah Bernhardt, qui lui voua une véritable passion alors que lui la traitait en femme légère et la trompait sans états d'âme; après leur rupture, ils demeurèrent amis jusqu'à la mort de ce dernier.

En 1881 Haas eut une fille, Luisita, d'une liaison avec la marquise d'Audiffret ( - Pasquier), née Adélaïde Ramirez de Arellano.

Il mourut en juillet 1902 d'une congestion cérébrale dans son appartement de l'avenue de Villiers.

Dans ce tableau de James Tissot, Le Cercle de la rue Royale de 1867 (coll. du baron Hottinguer en 1922), il est représenté sur le seuil de la porte-fenêtre, à droite.

Marcel Proust, bien qu'il l'ait peu connu, en a fait l'un des modèles de Charles Swann dans À la recherche du temps perdu et du vicomte Perrotin dans Jean Santeuil. Il fut également un ami de Robert de Montesquiou, autre modèle de Proust pour le baron de Charlus.

Proust s'enorgueillit de l'avoir immortalisé : « Swann était, au contraire, une remarquable personnalité intellectuelle et artistique ; et bien qu'il n'eût rien "produit" il eut la chance de durer un peu plus. Et pourtant, cher Charles Swann, que j'ai si peu connu quand j'étais encore si jeune et vous près du tombeau, c'est déjà parce que celui que vous deviez considérer comme un petit imbécile a fait de vous le héros d'un de ses romans, qu'on recommence à parler de vous et que peut-être vous vivrez. Si dans le tableau de Tissot représentant le balcon du Cercle de la rue Royale, où vous êtes entre Gallifet, Edmond de Polignac et Saint-Maurice, on parle tant de vous, c'est parce qu'on voit qu'il y a quelques traits de vous dans le personnage de Swann[1]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcel Proust, La Prisonnière, in À la recherche du temps perdu, Paris, Gallimard (Pléiade), 1954, tome III, p. 200

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léandre Vaillat, article relatif à l'exposition "Le décor de la vie sous le Second Empire" au pavillon de Marsan du Musée du Louvre ("L'Illustration" no 4135, 10/06/1922 - arch. pers.);
  • Henri Raczymow, Le Cygne de Proust (Paris, Gallimard, coll. « L'un et l'autre », 1990).
  • Jean-Yves Tadié, Marcel Proust (Gallimard, 1996, p. 391-4).