Château de la Cheyrelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de Cheyrelle
Image illustrative de l'article Château de la Cheyrelle
Le château de la Cheyrelle
Période ou style Moderne
Type Manoir de montagne
Début construction XIXe siècle
Fin construction XXe siècle
Propriétaire initial Auguste Felgères
Destination initiale Villégiature
Destination actuelle propriété privée
Protection Logo monument historique Classé MH (2006)
Site web http:\\chateau-cheyrelle.com
Coordonnées 45° 09′ 12″ nord, 2° 47′ 48″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Auvergne
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Cantal
Commune Dienne

Géolocalisation sur la carte : Cantal

(Voir situation sur carte : Cantal)
Château de Cheyrelle

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Cheyrelle

Le château de la Cheyrelle, situé sur la commune de Dienne (Cantal) à 1.100 m d’altitude, est un manoir de montagne construit au XIXe siècle (la première pierre a été posée en 1858) sur les bases d'une ancienne grange médiévale où l'activité agricole a perduré jusque dans les années 1990.

Mais c’est au début du XXème siècle, entre 1903 et 1905 que le château acquiert sa forme définitive et sa singularité, avec les travaux de tranformations qu’entreprend Pierre Felgères, son propriétaire, alors maire de Dienne et coulissier à Paris. Celui-ci confie en effet l’agrandissement et le réaménagement complet de la propriété à son beau-frère, l’architecte parisien René Dulong, ainsi qu’à son associé Gustave Serrurier-Bovy, le célèbre architecte et décorateur liégeois, l’un des maîtres de l’art nouveau,

René Dulong et Gustave Serrurrier-Bovy mettront ainsi en application au Château de La Cheyrelle, avec une grande liberté, les principes avant-gardistes et visionnaires en faveur desquels ils militaient à l’époque (cf le mouvement Arts & Crafts né en Angleterre vers 1860) et qui, pour partie, sont encore à la base de l’architecture contemporaine.

Cet ensemble exceptionnel, demeuré à ce jour pratiquement intact, est actuellement en cours de restauration.

Architecture[modifier | modifier le code]

Il se compose d'un premier bâtiment, dit "Le château" construit de 1858 à 1868 par Auguste Felgères, maître des postes à Murat, dans le but de posséder un petit castel de campagne. Un second bâtiment, accolé au château dit "la nouvelle maison", est construit en 1904. Il comprend les communs (écurie, remise, sellerie, cuisine, cave etc..) et chambres de service. un pavillon de gardien est bâti en 1905, à l'entrée de la propriété. Une maison de ferme complète l'ensemble. Le parc mesure environ 1 hectare 700, planté de beaux sujets. De sa terrasse, on découvre une belle vue sur le village de Dienne, la Vallée de la Santoire et le plateau du Limon.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ensemble bâti était initialement la propriété de la famille Felgères (originaire de Chaudes-Aigues) de 1847 à 1989. L'activité agricole y a été maintenue durant le 20eme siècle; Jacqueline Felgères-Trillat (fille de Pierre Felgères) a reçu le Prix du Mérite agricole en 1967 pour y avoir relancé l'élevage de la race Salers. En 1940, son époux l'éminent physicien Jean-Jacques Trillat - mandaté par le ministère de La Défense- y a caché l'eau lourde (deutérium, élément essentiel intervenant dans la fabrication de la bombe atomique) et des éléments du radium du laboratoire de Joliot-Curie avec lequel il travaillait à cette époque.

Suite aux décès de Jacqueline en 1986 et de son époux Jean-Jacques en 1987, les terres puis les meubles et enfin le château (avec ses annexes et le parc) sont vendus au fur et à mesure. La propriété a été rachetée, en 1990, par deux particuliers parisiens, qui ont fait procéder à l'inscription (en 1994) puis au classement de l'ensemble ainsi que son décor intérieur[1]. (27 Mars 2006) comme Monument historique, L'ensemble "présente du point de vue de l'histoire de l'art, un intérêt public en raison de l'importance exceptionnelle de cette œuvre singulière réalisée entre 1903 et 1905, unique exemple complet subsistant au monde des principes novateurs de Gustave Serrurier-Bovy" (extrait de l'arrêté de classement).

L'activité agricole a définitivement cessé au début des années 1990, la grange subsistante a été abattue.

En 2014, le château est revendu une seconde fois. Les propriétaires poursuivent le travail de restauration. Il a été rouvert à la visite au cours de l'été 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques-Grégoire Watelet, Gustave Serrurier-Bovy, éditions de Maredsous, Belgique, éd., 1987, 134p., pages 75–81.
  • Françoise Bigot du Mesnil du Buisson, Étienne du Mesnil du Buisson, "Histoire d'une maison au XIXe siècle", 'Revue de la Haute-Auvergne, avril-septembre 1997, 327-348..
  • Françoise Bigot du Mesnil du Buisson, Étienne du Mesnil du Buisson, "Le château de La Cheyrelle, manifeste d'un créateur Art Nouveau, Gustave Serrurier-Bovy", L'Objet d'Art, l'Estampille, no 326, juillet-août 1998, 59-75, Faton, Dijon, éd.

Françoise Bigot du Mesnil du Buisson, Étienne du Mesnil du Buisson, "Origine et destin de la firme Serrurier-Bovy", Bulletin de l'institut archéologique liégeois, Tome 90 (1999) 271-383, Maison Curtius, Liège, éd. 1999.

  • Françoise Bigot du Mesnil du Buisson, "Gustave Serrurier-Bovy, Parcours d'un architecte à l'aube du XXe siècle, rationalisme, art social, symbolisation", Thèse de Doctorat en Histoire de l'Art, Versailles Saint Quentin, 2004, A.N.R.T. Lille, éditeur, 2004, 1500 p., 542-556 et fig.171-190.
  • Étienne du Mesnil du Buisson, "L'œuvre de Gustave Serrurier-Bovy", Thèse de Doctorat en Histoire de l'Art, Versailles-Saint Quentin, 2006, A.N.R.T. Lille, éditeur, 2006, 1450 p., 474-590 et planches 80.1 à 94.10.
  • Françoise Bigot du Mesnil du Buisson, Étienne du Mesnil du Buisson", "Serrurier-Bovy, Un créateur précurseur 1858-1910", 300 p., Faton éd., Dijon, 2008, 254-271.
  • Luc Engen, Conservateur des musées d'archéologie et des arts décoratifs de la ville de Liège, "Gustave Serrurier-Bovy, acteur du futur", Exposition, Liège Mamac, 2008.
  • Jeanne Faton, "La Cheyrelle, propriété avec vue cherche amateur averti", L'Estampille-L'objet d'art no 469, juin 2011.