Catla catla

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Catla

La Catla (Gibelion catla Hamilton 1822) est le nom hindi, bengali, finnois et anglais d'une espèce de poisson essentiellement d'Asie, proche de la carpe, qui appartient à la famille des Cyprinidés. Elle est aussi nommée « bhakur » en Hindi, « Baudhekera », « Baudhekra » et « Bhakua » en assamais, « katol » en bengali, « Pla kra ho » et « Theila » au Pakistan, « Taylee » en russe[1]...

Dans l'économie mondiale elle fait partie des plus importantes espèces de poissons.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La catla est le seul membre du genre Catla et est liste sous le nom de Gibelion catla dans FishBase[1],[2]. Cependant le "Catalog of Fishes" hébergé par l'académie des Sciences de Californie indique le genre 'Gibelion comme genre valide[3],[4].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Catla buchanani Valenciennes, 1844
  • Cyprinus abramioides Sykes, 1839
  • Cyprinus catla Hamilton, 1822
  • Catla catla (Hamilton, 1822)
  • Hypselobarbus abramioides (Sykes, 1839)
  • Leuciscus catla (Hamilton, 1822)[1]

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Poisson d'Asie, elle est endémique du nord de l'Inde, de la plaine de l'Indus et des zones voisines au Pakistan, au Bangladesh, au Népal et en Birmanie[5]. Par la suite elle a été introduite dans tout le reste de l'Inde ainsi qu'en Chine où elle est là aussi abondamment présente[1],[6], notamment parce qu'il se reproduit en rivière, sur place, et que ses œufs sont donc disponibles sur place pour développer son élevage en point d'eau fermé, dans les régions proches des rivières qu'elle fréquente. Sa distribution géographique naturelle semble dépendre de la température (il lui faut un minimum de 14 °C) plus que de la longitude ou la latitude. L'espèce a également été introduite à Sri Lanka, en Israël, au Japon[5], et en 1960 dans les îles Maurice pour des expériences de polyculture avec l'écrevisse[7].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Catla élevée en aquaculture biologique

Le dos et les flancs de la catla sont plus ou moins gris ; son ventre est blanc argenté. La tête ne porte pas d'écailles. La bouche est grande et tournée vers le haut. La mâchoire inférieure s'allonge vers l'avant, avec une articulation à la symphyse mandibulaire (à l'emplacement du menton) mais sans proéminence (sans "bosse"). La lèvre inférieure est épaisse, par opposition à une lèvre supérieure quasi-absente. Les dents pharyngiennes sont distribuées sur trois rangées, selon une disposition 5-3-2 / 2-3-5. Les yeux sont larges et sont visibles depuis le dessous de la tête.

Les nageoires pectorales sont longues, s'étendant presque jusqu'aux nageoires pelviques. La nageoire dorsale a 14 à 16 ou 17 rayons mous (non-osseux) dorsaux et s'insère légèrement plus en avant que les nageoires pelviques. La nageoire anale, plutôt courte, est composée de 7 à 8 rayons mous. Il n'y a pas d'épines anales. La nageoire caudale est assez courte et fourchue.

Les écailles sont notablement grandes et plutôt arrondies. La ligne latérale porte de 40 à 43 écailles.

Le plus grand poids connu est 38,6 kg, et la plus grande longueur connue est 182 cm[2],[5]. Sa croissance est rapide, avec une moyenne de 1 kg acquis en 10 mois[8].

Habitat[modifier | modifier le code]

La catla se trouve en eau douce et en eau saumâtre (estuaires, lagunes...) mais c'est essentiellement un poisson de rivière (potamodrome) et de lacs. Son échelle de température ambiante va de 18 °C à 28 °C[2] avec un minimum à 14 °C[5] – c'est un poisson subtropical. Elle est benthopélagique[2], c'est-à-dire qu'on la trouve aussi bien près du fond (le benthos est l'ensemble des organismes aquatiques vivant à proximité du fond) que de la surface (là où le pélagos se trouve)[9] ; la profondeur moyenne à laquelle elle se tient est de 5 m., mais elle évolue sur toute la hauteur de la colonne d'eau[2].

Nourriture[modifier | modifier le code]

C'est un omnivore qui se nourrit essentiellement en surface[8]. Jeunes et adultes se nourrissant d'insectes aquatiques et terrestres, de détritus, de diatomées et de phytoplancton[2].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les adultes se reproduisent en rivière[2], le frai se déroulant entre début décembre et mi-février[8].

Économie[modifier | modifier le code]

La Catla est une espèce importante dans l'économie mondiale : avec 1,3 million de tonnes produite en 2006 elle tenait le 7e rang parmi les poissons les plus fréquemment élevés en aquaculture dans le monde - à égalité avec le rohu[10]. La production a augmenté durant cette décade, atteignant 2,8 millions de tonnes pour l'année 2012[5].

Elle est récoltée en pêcheries (très grande importance commerciale dans ce domaine) et en aquaculture (importance commerciale assez grande). Elle est aussi considérée comme un poisson de sport de pêche[2].

En aquaculture elle est souvent associée à d'autres poissons : soit pour un élevage tri-partite des trois principales carpes indiennes avec le rohu (Labeo rohita) et le mrigal (Cirrhinus mrigala)[11], soit dans un mélange de 6 espèces de carpes en ajoutant la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe de roseau (Ctenopharyngodon idellus) et la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix)[5].

Sa chair goûteuse est plutôt bien considérée[8].

Catla à Calcutta, Inde

Santé[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 2000 l'Europe s'est préoccupée du « syndrome ulcératif épizootique », une infection par un champignon de la sous-classe des Oomycètes, Aphanomyces invadans, portée par certains poissons dont la catla. Dans le cadre du code aquatique, l'OIE a posé des recommandations de sanitation strictes dans son rapport en 2006 sur le sujet[12]. Le syndrome ulcératif épizootique est listé parmi les dangers sanitaires de 1re catégorie pour les espèces animales[13].

En 2010 la catla a été interdite à l'importation au Canada – avec 234 autres espèces de poissons à nageoires[14] pour éviter la contagion du Syndrome ulcéreux endémique (Epizootic Ulcerative Syndrome – EUS). En France ce sont 350 espèces de poissons, dont la catla, qui sont concernées par les mesures sanitaires prises au niveau européen[15].

En 2012 l'OMS a publié un rapport de 180 pages sur l'utilisation des eaux usées, excréta humains et eaux ménagères comme alimentation des poissons dans les piscicultures. Les excreta humains non traités ont traditionnellement été utilisés dans plusieurs pays de l'est, du sud et du sud-est asiatique (Bengladesh, Vietnam, Indonésie et notamment en Chine) pour la production de végétaux et d'animaux aquatiques – dont la catla. Cette pratique intentionnelle diminue, mais l'utilisation involontaire d'excréta humains augmente dans certaines régions, en particulier dans les zones des grandes villes – ceci dû à une forte urbanisation qui amène une pollution des eaux de surface, à l'intensification d'une aquaculture à haut niveau d'intrants et à la raréfaction de l'eau douce dans plusieurs pays[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Catla catla sur catalogueoflife.org.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Catla catla (Hamilton, 1822) sur fishbase.org.
  3. Nombinomial "Gibelion catla" sur itis.gov.
  4. Genre "Gibelion sur itis.org.
  5. a, b, c, d, e et f Catla catla (Hamilton, 1822), FAO Fisheries and Aquaculture Department, Cultured Aquatic Species Information Programme.
  6. Development of freshwater fish farming and poverty alleviation - A case study from Bangladesh.
  7. (en) Macdonald, I.A.W., Reaser, J.K., Bright, C., Neville, L.E., Howard, G.W., Murphy, S.J., & Preston, G. (éds.) (2002). Invasive alien species in Southern Africa: national reports & directory of resources. Global Invasive Species Programme, Cape Town, South Africa.
  8. a, b, c et d Erik C. Paul (1987). Fisheries Development and the Food Needs of Mauritius. p. 45-46.
  9. Benthopélagique – définition, sur aquaportail.com.
  10. Avenas, Pierre, Walter, Henriette (2011). La fabuleuse histoire du nom des poissons. R. Laffont, Paris.
  11. La carpe mrigal sur fao.org.
  12. Rapport de la réunion de la commission des normes sanitaires de l’Oie pour les animaux aquatiques, chapitre 2 – 1 – 10. Mars 2006.
  13. Ganière, J.-P. Cours de règlementation sanitaire vétérinaire générale. École nationale Nantes-Atlantique vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation. 05 janvier 2015.
  14. Loi sur la santé des animaux. Dans Gazette du Canada, 9 décembre 2010.
  15. Menace sur l'importation de 350 espèces, sur fedeaqua.org.
  16. Directives OMS pour l’utilisation sans risque des eaux usées, des excreta et des eaux ménagères - Volume III : Utilisation des eaux usées et des excreta en aquaculture. 2012.