Cathleen Synge Morawetz

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Cathleen Synge Morawetz, née le à Toronto et morte le à New York[1], est une mathématicienne canadienne puis américaine[2].

Elle est professeure émérite au Courant Institute of Mathematical Sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Son père, John Lighton Synge, était un physicien irlandais spécialisé en relativité générale et sa mère a également étudié les mathématiques durant une période. Son oncle est Edward Hutchinson Synge (en), l'inventeur du microscope optique en champ proche[3]. Son enfance a été partagée entre le Canada et l'Irlande. Ses deux parents ont soutenu son intérêt pour les mathématiques et les sciences, et c'est une mathématicienne, Cecilia Krieger, amie de la famille depuis de nombreuses années, qui plus tard encouragera Cathleen Synge Morawetz à entreprendre un doctorat en mathématiques. Morawetz dit que son père a eu une influence en stimulant son intérêt pour les mathématiques, mais il se demandait si le fait qu'elle les étudie était sage (suggérant qu'ils pourraient entrer en conflit comme les frères Bernoulli)[4].

Formation[modifier | modifier le code]

Cathleen Synge Morawetz est diplômée de l'Université de Toronto en 1945 et obtient son mastère en 1946 au Massachusetts Institute of Technology. Morawetz travaille à l'Université de New York où elle édite Supersonic Flow and Shock Waves de Richard Courant et Kurt Friedrichs. Elle obtient son doctorat en 1951 à l'université de New York, avec une thèse sur la stabilité d'une implosion sphérique et intitulée Contracting Spherical Shocks Treated by a Perturbation Method, sous la supervision de Kurt Friedrichs[4],[5].

Elle obtient la nationalité américaine en 1951.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de son doctorat, Morawetz passe une année comme chercheuse associée au MIT avant de retourner travailler au Courant Institute of Mathematical Sciences de l'université de New York, durant cinq années. Durant cette période elle n'a eu aucune charge d'enseignement et a pu se focaliser sur la recherche pure. Elle publie des travaux sur une variété de sujets en mathématiques appliquées, dont la viscosité, les fluides compressibles et les flux transsoniques. Elle se tourne vers les mathématiques des flux transsoniques, elle montre que des profils d'aile spécialement dessinés sans choc développent des chocs s'ils sont perturbés même par une petite quantité. Cette découverte ouvre le problème de développer une théorie pour une flux avec chocs. Subséquemment les chocs qu'elle prédit mathématiquement ont été observés expérimentalement comme des flux d'air autour des ailes d'un avion[2].

En 1957, elle devient assistant professor à l'Institut Courant. Là elle commence à travailler de façon plus étroite avec ses collègues en publiant d'importants articles conjoints avec Peter Lax et Ralph S. Phillips (en) sur la décomposition des solutions de l'équation d'onde autour d'un obstacle en forme d'étoile. Elle continue avec d'importants travaux en solitaire sur l'équation d'onde et le flux transsonique autour d'un profil jusqu'à ce qu'elle soit promue professeure en 1965. Ses recherches s'étendent alors à une variété de problèmes, avec des articles sur l'équation d'Euler–Tricomi (en), l'équation d'onde non-relativiste avec des questions de décomposition et de dispersion. Son premier doctorant, Lesley Sibner, est diplômé en 1964. Dans les années 1970 elle travaille sur des questions de théorie de la dispersion (en) et l'équation d'onde non-linéaire.

Elle est professeure émérite à l'Institut Courant, qu'elle a dirigé de 1984 à 1988, devenant la première femme à diriger un institut de mathématiques aux États-Unis[4].

Mort[modifier | modifier le code]

Synge meurt à 94 ans, à Greenwich Village le 8 août 2017[1].

Travaux[modifier | modifier le code]

Cathleen Synge Morawetz est une pionnière de l'application de l'analyse fonctionnelle dans l'analyse des équations aux dérivées partielles, en particulier de celles qui sont dérivées de chocs.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

En 1980, Cathleen Synge Morawetz est lauréate du Prix Lester Randolph Ford[6]. En 1981, elle devient la première femme à donner la conférence Gibbs de l'American Mathematical Society[4],[7] et en 1982 elle est conférencière invitée par la Society for Industrial and Applied Mathematics. En 1962, elle est conférencière invitée au congrès international des mathématiciens, à Stockholm, avec une conférence intitulée Approach to steady state for the wave equation.

Elle est ex-présidente de l'American Mathematical Society et directrice du Courant Institute. Elle a été conférencière Noether en 1983 et 1998. En 1984, elle a reçu le prix Jeffery-Williams, en 1998 la National Medal of Science[8] (qu'elle est la première femme à recevoir pour des travaux en mathématiques[4]), en 2004 le prix Leroy P. Steele[4] pour l'ensemble de sa carrière et en 2006 le prix George David Birkhoff.

Elle est docteure honoris causa de l'université d'Eastern Michigan en 1980, de l'université Brown et du Smith College en 1982, et de Princeton en 1990[4]. Elle est nommée « Outstanding Woman Scientist » en 1993 par l'Association for Women in Science[4].

Cathleen Synge Morawetz est membre de la National Academy of Sciences (1990), où elle est la première femme membre de la Section Mathématiques appliquées[4], de l'Académie américaine des arts et des sciences (1984), de l'American Philosophical Society ainsi que de la Société Royale du Canada (1996). En 2012, elle devient fellow de l'American Mathematical Society[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

(en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Cathleen Synge Morawetz » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Cathleen Synge Morawetz » (voir la liste des auteurs).

  1. a et b CATHLEEN MORAWETZ Obituary The New York Times, 10 août 2017]
  2. a et b (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « Cathleen Synge Morawetz », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  3. (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « John Lighton Synge », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Tyler Knowles, « Cathleen Morawetz », Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College (consulté le 4 avril 2014)
  5. (en) Cathleen Synge Morawetz sur le site du Mathematics Genealogy Project
  6. (en) Morawetz, Cathleen S., « Nonlinear conservation equations », Amer. Math. Monthly, vol. 86,‎ , p. 284–287 (DOI 10.2307/2320747, lire en ligne)
  7. (en) Morawetz, Cathleen Synge, « The mathematical approach to the sonic barrier », Bull. Amer. Math. Soc. (N.S.), vol. 6, no 2,‎ , p. 127–145 (DOI 10.1090/s0273-0979-1982-14965-5)
  8. (en) Allyn Jackson, « Cathleen Morawetz Receives National Medal of Science », Notices of the American Mathematical Society, vol. 46, no 3,‎ , p. 352 (lire en ligne)
  9. (en) List of Fellows of the American Mathematical Society, 10 février 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Donald J. Albers, G. L. Alexanderson, Constance Reid More Mathematical People - Contemporary Conversations, Academic Press 1994
  • (en) James Patterson « Cathleen Synge Morawetz » in Grinstein, Campbell (éd.) Woman of Mathematics, Westport, Greenwood Press, 1987

Liens externes[modifier | modifier le code]