Carrie Derick

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Carrie Matilda Derick (Saint-Georges-de-Clarenceville, 14 janvier 1862 – Montréal, 10 novembre 1941) est une botaniste canadienne et la première femme professeur dans une université canadienne [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrie Derick est née en 1862 à Saint-Georges-de-Clarenceville[2]. Loyaliste, son grand-père Philip Derickson s'installe au Québec dans les Cantons-de-l'Est au début de l'année 1873[2]. Elle reçoit son éducation à l'Académie de Clarenceville où elle enseignera en 1887[3]. Elle poursuit sa formation à Montréal l'école normale de l'Université McGill et obtient son diplôme en 1881[2],[3]. De 1881 à 1883, elle occupe le poste de directrice à l'Académie de Clarenceville[3].

En 1884, la faculté des arts de McGill rend, pour la première fois, l'admission accessible aux femmes[4]. Elle y fait ses études et obtient son diplôme de baccalauréat en 1890[5]. Carrie Derick fait ainsi partie des premières femmes à avoir été admises à McGill,[4]. Durant ses études de premier cycle, elle se distingue par sa moyenne de 94 % et par l'obtention d'un prix en zoologie, en études classiques et de la médaille d'or Logan en sciences naturelles[3],[5]. Dès septembre 1891, le professeur David Penhallow insiste auprès des instances de l'Université McGill afin que Carrie Derick soit engagée comme assistante[6]. C'est ainsi qu'elle obtient une charge de cours au département de botanique de McGill et qu'elle devient la première femme à y enseigner[4],[7].

Elle poursuit des études de deuxième cycle en botanique avec le Professor David Penhallow et obtient son diplôme de maîtrise en 1896[2],[8]. Elle perfectionne ses connaissances en étudiant à l'Université Harvard, au Wood's Hole Biological Station, situé au Massachusetts et au Collègue of Science de Londres[7]. Elle se rend même jusqu'en Allemagne pour étudier à l'Université de Berlin, de Munich et de Bonn. En 1901, elle poursuit des études de troisième cycle à l'Université de Bonn[9],[7]. En 1906, bien que ses recherches soient complétées, elle n'obtient pas son diplôme puisque, à cette époque, l'université de Bonn n'octroie pas de doctorat aux femmes[2].

Carrie Derick est la première femme au Canada à avoir accédé au rang de professeure titulaire à l'Université McGill et la première femme professeure de biologie à la même institution[10]. En tant que chercheuse, elle est reconnue à l'échelle internationale pour ses travaux scientifiques. Elle a fondé le département de génétique de l'Université McGill[11].

En 1929, on lui décerne le titre de professeure émérite, une première à l'Université McGill[6]. Pour des raisons de santé, elle a prend sa retraite en 1929[12].

Carrie Derick est décédée en 1941 à l'âge de 79 ans.

Lutte pour les droits des femmes[modifier | modifier le code]

En plus d'être une femme de sciences, Carrie Derick a milité pour le droit des femmes[7],[13]. Elle s'est impliquée dans différentes associations dont la Canadian Federation of University Women[7]. De 1907 à 1911[réf. nécessaire], elle est présidente du Conseil locale des femmes de Montréal, une organisation formée majoritairement de femmes protestantes[14]. De plus, elle a été la première présidente de la Montreal Suffrage Association, fondée en 1912, qu'elle a dirigée jusqu'en 1913[10],[14]. Durant ces années, elle s'implique activement dans les démarches visant à permettre aux femmes de voter au niveau fédéral[14]. Ce droit de vote est partiellement accordé en 1917 et, finalement, en 1918, les restrictions sont abolies, toutes les Canadiennes peuvent voter[14].

Publications[modifier | modifier le code]

Bourse Carrie-Derick[modifier | modifier le code]

La bourse décernée par Marie Bouillé a été créée en l'honneur de Carrie Derick.

L'objectif du concours est de mettre en lumière la contribution des jeunes femmes et des professionnelles de Haut-Richelieu à la promotion et à l'avancement des sciences.

La candidate retenue doit provenir du territoire de la MRC Haut-Richelieu ou y étudier. Elle doit faire la démonstration de son excellence académique et de son implication à l’avancement de la discipline scientifique soit par des activités parascolaires (expo-sciences, club scientifique, etc.) ou encore de recherches et de publications[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Carrie Derick: Canada’s first female professor taught at McGill », McGill University
  2. a, b, c, d et e (en) Ingird Birker, « Carrie Derick: Pioneering educator », McGill Reporter, sur publications.mcgill.ca, (consulté le 23 janvier 2018)
  3. a, b, c et d Desjardins, Marie-Paule, 1944-, Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire, Guérin, (ISBN 9782760169463, OCLC 156889612, lire en ligne), p. 126-127
  4. a, b et c Maryse Darsigny, Ces femmes qui ont bâti Montréal, Montréal, Édition du Remue-ménage, (lire en ligne), « Carrie Derick », p. 119-121
  5. a et b (en) Clara M. Chu et Bertrum H. MacDonald, « Women in Canadian Science and Technology before World War I: their Publication Record », Scientia Canadensis: Canadian Journal of the History of Science, Technology and Medicine, vol. 12, no 2,‎ (ISSN 0829-2507 et 1918-7750, DOI 10.7202/800270ar, lire en ligne)
  6. a et b (en) Ralph H. Estey, « 150 years of teaching plant pathology at McGill University », Phytoprotection, vol. 88, no 1,‎ (ISSN 0031-9511 et 1710-1603, DOI 10.7202/016396ar, lire en ligne)
  7. a, b, c, d et e (en) Merna Forster, 100 Canadian Heroines: Famous and Forgotten Faces, Dundurn, (ISBN 9781550025149, lire en ligne)
  8. Marianne Gosztonyi Ainley, « Une nouvelle optique concernant la recherche sur l’histoire des femmes canadiennes et les sciences », Recherches féministes, vol. 15, no 1,‎ (ISSN 0838-4479 et 1705-9240, DOI 10.7202/000772ar, lire en ligne)
  9. Caroline Deschenes, « Des femmes d'hier et de demain que l'on remarque », Le Canada français,‎ , CAHAB9
  10. a et b Thérèse F. Casgrain, « L'anniversaire d'une victoire : les femmes qui luttent », La Presse,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  11. (en-US) « Honouring Carrie Derrick, Canada's first female professor on International Women's Day », Montreal Gazette,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Margaret Gillett, « Carrie Derick (1862-1941) and the chair of botany at McGill », Despite the Odds : Essays on Canadian Women and Science, Montréal, Véhicule Press,‎ , p. 74-87
  13. Dumont, Micheline., Le Feminisme Quebecois Raconte A Camille., (ISBN 9782890912694, OCLC 681981362, lire en ligne)
  14. a, b, c et d Dumont, Micheline, 1935- et Collectif Clio., L'Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Le Jour, (ISBN 9782890444409, OCLC 25089695, lire en ligne)
  15. Centre des femmes du Haut-Richelieu, « Centre de femmes du Haut-Richelieu: Bourse Carrie Derick », sur www.centrefemmeshautrichelieu.ca (consulté le 27 mars 2017)