Canal Don-Volga

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Canal Don-Volga
Волго-Донской судоходный канал имени В. И. Ленина
Illustration.
Le canal Don-Volga en 2009.
Géographie
Pays Russie
Coordonnées 48° 34′ 12″ N, 44° 09′ 00″ E
Début La Volga
Fin Le Don au Réservoir de Tsimliansk
Traverse Oblast de Volgograd, Oblast de Rostov
Caractéristiques
Longueur 101 km
Histoire
Année début travaux années 1930
Année d'ouverture 1952

Le canal Lénine de navigation Don-Volga (en russe : Волго-Донской судоходный канал имени В. И. Ленина, abréviation ВДСК, VDSK) est un canal qui relie la Volga au Don en leurs points les plus rapprochés.

Sa construction, planifiée et entreprise avant la Seconde Guerre mondiale et interrompue par cette dernière, fut reprise et terminée entre 1948 et 1952. Il est ouvert en juin 1952[1]. Le canal remplace un volok, un portage.

Géographie[modifier | modifier le code]

La voie navigable est longue de 101 km (dont 45 km de rivières et réservoirs). La différence de niveau entre le bief central et le cours de la Volga est de 88 m (9 écluses), et de 44 m côté Don (4 écluses). Le tirant d'eau accepté est de 3,35 m, permettant le passage de bateaux déplaçant jusqu'à environ 5 000 t. La capacité annuelle du canal est de l'ordre de 16,5 millions de tonnes de fret.

Le canal relie Kalatch-na-Donou sur les rives du réservoir de Tsimliansk à Krasnoarmeïsk, juste au sud de Volgograd[2].

Le canal est un élément du Réseau unifié en eau profonde de la Russie d'Europe. Il forme avec la Volga et le Don la voie la plus directe reliant la mer Caspienne à la mer d'Azov, et donc la mer Noire et les océans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pierre le Grand avait déjà le projet de relier la Volga et le Don par un canal en 1697. L'ingénieur britannique Jean Perry doit relier les affluent Ilovlya (ru) et Kamyshinka (ru). Il y passe trois étés, mais les matériaux et les ouvriers fournis par le tzar, alors en pleine Grande Guerre du Nord, sont insuffisants. Le canal à demi-creusé est abandonné en 1701[2],[3].

Le projet actuel est conçu en 1887, mais ne démarre pas avant 1938. Les travaux sont finalement achevés en 1952[2]. Des prisonniers de guerre allemands et des prisonniers du Goulag ont contribué à sa construction. 150 millions de m³ de terre ont été déplacés, trois millions de tonnes de béton ont été coulés[4].

Dans les années 1980, un canal plus profond et plus gros parallèle au premier est prévu, mais la chute de l'URSS y a rapidement mis fin[4].

Limites et projet ultérieur[modifier | modifier le code]

Le canal est vieillissant, trop étroit et ses nombreuses écluses le rendent impraticable aux plus gros navires. Sa profondeur est officiellement de 3,5 m, mais le colmatage de son lit et l'absence de dragage ne permettent qu'un tirant d'eau bien moindre[4].

La Russie a besoin soit d'importants travaux de rénovation sur le canal actuel, soit du creusement d'un nouveau canal en Ciscaucasie. Devant les difficultés budgétaires russes, trouver un financement pour la construction est essentiel. Une aide occidentale est improbable en raison de l'utilisation du canal contre l'Ukraine, et la République Populaire de Chine devrait y voir un intérêt pour sa Nouvelle route de la soie afin de consentir au financement[4].

En 2007, le président russe Vladimir Poutine a évoqué la construction d'un nouveau canal de capacité supérieure, et proposé aux États riverains de la Caspienne de s'associer à ce projet de nature à améliorer leur accès aux eaux océaniques[5].

La piste d'un canal dans la dépression de Kouma-Manytch est celle étudiée la plus sérieusement par les experts du Kazakhstan et de la Russie, mais elle coûterait 4 à 6 milliards de dollars[6]. Elle permettrait de gagner 1 000 km sur le trajet par rapport au canal actuel et permettrait un tonnage plus important : jusqu'à 45 millions de tonnes de marchandises par an. En plus du Kazakhstan, un tel canal serait favorable pour l'Azerbaidjan et le Turkménistan qui dépendent de l'Iran, soumis à des sanctions américaines, pour transporter leurs exportations jusqu'au Golfe Persique[7].

Économie[modifier | modifier le code]

Le canal transporte essentiellement du bois vers l'ouest, et du charbon vers l'est[2].

Le canal est en 2018 une artère importante de transport en vrac de la Fédération de Russie, et joue un rôle essentiel pour le sud de la Russie, la Transcaucasie et l'Asie centrale : il s'agit de la seule voie maritime reliant la mer Caspienne aux autres mers[4].

Importance stratégique[modifier | modifier le code]

Deux navire de la Marine de la république islamique d'Iran traversent pour la première fois le canal en 2017. Cela permet à l'Iran d'avoir un accès à la mer Méditerranée par la mer Caspienne [8].

La Russie a déplacé sa flottille de la Caspienne en mer d'Azov en 2018 à la suite de la crise de Crimée en utilisant le canal[4].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Panorama du canal à Kalatch-na-Donou.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Pierre, « LE CANAL VOLGA-DON vient d'être ouvert à la navigation Des bateaux pourront se rendre de la mer Blanche à la mer Noire », sur lemonde.fr, (consulté le 1er décembre 2020).
  2. a b c et d (en) Michael Clarke, « Volga-Don Canal », sur britannica.com (consulté le 1er décembre 2020).
  3. Biographie universelle ancienne et moderne ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie privée et publique de tous les hommes qui se sont distingués par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: Volume 33, Michaud frères, , 606 p. (lire en ligne), p. 430.
  4. a b c d e et f (en) Paul Goble, « Volga-Don Canal, Last Great Stalin Project, Desperately Needs Updating or Replacement », sur fondation Jamestown, (consulté le 3 décembre 2020).
  5. Russia to propose founding consortium to build Volga-Don canal, Sputniknews, 26 avril 2007.
  6. (en) Roman Mamchits, « Eurasia Canal: a megaproject to be revived », sur investforesight.com, (consulté le 3 décembre 2020).
  7. (en) « Kazakhstan proposes large scale waterway project to connect Europe and Asia », sur brusselstimes.com, (consulté le 3 décembre 2020).
  8. Khan, « La Russie autorise deux navires iraniens à emprunter ses voies navigables domestiques », sur rusnavyintelligence.com, (consulté le 1er décembre 2020).