Brai

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Brai
Image illustrative de l’article Brai
Identification
No CAS 65996-93-2
No EC 266-028-2
Apparence pâte noire à brune[1].
Propriétés physiques
fusion 30 à 180 °C[1]
ébullition >250 °C[1]
Solubilité dans l'eau : à 20 °C nulle[1]
d'auto-inflammation >500 °C[1]
Point d’éclair >200 °C (coupelle ouverte)[1]
Précautions
SGH[4]
SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique
Danger
H350,
SIMDUT[5]
D2A : Matière très toxique ayant d'autres effets toxiques
D2A,
Classification du CIRC
Groupe 1 : Cancérogène pour l'homme[3]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le brai est une substance pâteuse et collante. Il existe d’une part le brai végétal, extrait d’écorces d’arbres, et d’autre part des brais minéraux, issus de la distillation d’hydrocarbures.

Brai de bouleau[modifier | modifier le code]

Article connexe : Goudron de bouleau.

Brai des bouleaux par les Néandertaliens[modifier | modifier le code]

Le brai végétal est une colle. Il est extrait de l'écorce de bouleau selon une technique mise au point par les Néandertaliens[6],[7], il y a au moins 200 000 ans. Ce qui en fait le plus ancien matériau synthétique connu. Le brai fut aussi employé par les Homo sapiens (hommes anatomiquement modernes) pendant toute la Préhistoire. Cette colle servait en particulier à fixer une lame en pierre taillée à un épieu, pour Néandertal, ou à une lance, pour Sapiens.

Les préhistoriens ont cherché à reproduire sa technique de fabrication avec le matériel disponible à l'époque. La difficulté pour obtenir cette résine est de chauffer, à une température supérieure à 340°C, des écorces de bouleau sans provoquer leur incinération, qui se produit au-delà de 400°C à l'air libre. Le procédé nécessite donc de soumettre les écorces à une combustion anaérobie. Une solution possible consiste à employer deux grandes coquilles d'œuf d'oie, décalottées et encastrées l'une dans l'autre : le premier œuf contient les écorces ; le second, placé en dessous, sert de réceptacle à la résine. L'ensemble est scellé hermétiquement avec de l'argile, puis à demi enterré. On peut alors chauffer le dispositif avec du charbon incandescent. Une bonne maîtrise de ce processus permettait d'obtenir le brai en deux heures. La résine extraite à chaud était utilisée après refroidissement[8].

Brai des pins maritimes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gemmage.

Les mots « goudron », « brai » et « poix » sont souvent interchangeable. Brai peut quelquefois désigner la colophane. Quelquefois et il prend le nom de « bray » ou brai gras, il s'agit de différentes qualités de goudron de pin, quelques fois mêlés de graisses animales, employée pour le calfatage. Le brai désigne un « goudron récent qui en refroidissant s'épaissit et perd sa fluidité. À proportion de ce qu'il est plus dur, plus clair, plus transparent, il est meilleur et coûte plus cher. On fait aussi du brai avec de la résine et autres matières gluantes qui font un corps dur, sec et noirâtre; dans cet état on l'appelle brai sec, et il n'est pas propre à être employé ainsi pour la marine. Il faut en faire du brai gras en jetant du suif dedans quand on le fond pour l'employer à enduire les coutures et les carènes des vaisseaux[9]. »

Le pin maritime qui croît parfaitement dans les Landes de Gascogne et en Provence peut donc donner plusieurs produits importants. Lorsque les arbres sont gros ou peut en tirer la résine avant de les abattre et ensuite on les débite en planches. Un arbre d'un pied de diamètre rend sans beaucoup de frais dix à douze livres de brai (térébenthine) chaque année, pendant dix ans; si après cela on le coupe, il peut produire d'un dixième à un vingtième de son poids en goudron pendant que l'on carbonise son bois[10].

La térébenthine des pins connue en France sous le nom de brai est différente de celle des mélèzes et des térébinthes; c'est la sève elle même dont on commence la récolte dès la mi-mars à l'époque où s'établit sa circulation; elle devient plus abondante quand les chaleurs sont plus fortes comme en juillet et août. Vers le mois d'octobre, la récolte cesse, jusqu'au retour du printemps; cette térébenthine ou brai se recueille au moyen des entailles pratiquées au pied des arbres dans l'aubier de leur tronc. La manière usitée dans le midi de la France est quand les pins ont quatre pieds de tour de creuser au bas une petite fosse capable de tenir deux ou trois litres, ensuite on pratique au dessus une entaille dans le corps de l'arbre de façon à enlever avec une herminette bien tranchante outre l'écorce, un copeau d'un décimètre carré et de deux centimètres d'épaisseur; c'est par cette plaie que le brai descend depuis le mois de mai jusqu'au mois de septembre, temps pendant lequel on rafraîchit la plaie tous les quinze jours en l'élevant à chaque fois d'un à deux centimètres; l'ouvrier chargé de cet objet (appelé gemmeur) peut soigner de deux mille cinq cents à trois mille arbres, et s'occuper en outre à puiser le brai dans les fosses à l'aide d'une cuillère de fer, et à le porter dans une auge ou réservoir de bois destiné à le recevoir.

Afin de l'épurer on le fait écouler par un trou pratiqué au fond, au dessus d'un lit de paille qui recouvre un second réservoir et sert de filtre. Cette opération terminée pour le convertir en résine, on le verse dans une chaudière ou on le cuit avec le galipot ou brai sec que l'on a obtenu en grattant les entailles. On veille à ce que le feu ne puisse gagner la matière qui doit être en ébullition pendant plusieurs heures de suite. Afin de n'en rien perdre quand elle se gonfle, on lui ménage pour s'écouler une échancrure au bord de la chaudière. Le trop plein tombe dans un réservoir rempli d'eau destiné à le recevoir.

Tant que la résine est encore trop peu cuite elle est sans cesse puisée avec une petite quantité d'eau et reversée dans la chaudière; on reconnaît qu'elle est suffisamment cuite quand après l'avoir laissée refroidir un peu, on la réduit aisément en poudre. On la coule alors dans des moules formés avec du sable battu en la faisant passer encore une fois à travers un filtre de paille; là elle se fige en pains de soixante quinze à cent kilogrammes, prêts à entrer dans le commerce.

Article connexe : Four à poix.

Si au lieu du procédé ci dessus, on fait cuire la résine avec de l'eau dans un alambic, on l'obtient au fond de la cucurbite (le colophane qui reste au fond de l'alambique) et en outre on recueille dans le récipient un sixième d'esprit de raz (?, l'essence de térébenthine) qui se conserve liquide et se vend plus cher que la résine; c'est une sorte d'esprit de térébenthine et on s'en sert pour remplacer le véritable qui s'extrait de la térébenthine des mélèzes et des térébinthes.

La paille qui a servi à filtrer le brai ainsi que tous les copeaux et morceaux de bois qui en sont imbibés doivent être mis à part pour servir à la fabrication du goudron ou à celle du noir de fumée[10].

Articles connexes : Goudron de pin et Goudron de Norvège.

Brais minéraux[modifier | modifier le code]

Le brai de houille ou de pétrole est un résidu pâteux de la distillation du goudron, du pétrole ou de la résine. Il est solide à température ordinaire ; il est composé d'un mélange d'hydrocarbures aromatiques et hétérocycliques.

Le brai de houille (en anglais pitch coke) est issu de la distillation du goudron de houille tandis que le brai de pétrole, lui, est issu de la distillation du pétrole.

Usages[modifier | modifier le code]

Le brai est un liant, utilisé dans la fabrication des anodes et des cathodes.

Mêlé à des fibres, le brai est utilisé pour le calfatage. Il est donc un agent d'isolation, un agent scellant et d'étanchéité.

Classification douanière (système harmonisé)[modifier | modifier le code]

Le brai de goudron de houille (Coal Tar Pitch) se classe au numéro 2708.10 dans le « système harmonisé » (SH) de la douane.

Toxicologie, santé au travail[modifier | modifier le code]

Il y a longtemps que l'on a constaté que les ouvriers ou personnes exposées aux goudrons, suies et brais, développaient des maladies spécifiques (cancers notamment)[11].

Le brai de goudron (2009, vol. 100F) a été reconnu par l'IARC comme facteur de risque avéré (avec Preuves humaines suffisantes) pour le cancer du poumon[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f BRAI DE GOUDRON DE HOUILLE VOLATILE, fiche(s) de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée(s) le 9 mai 2009
  2. « brai de goudron de houille à haute température » sur ESIS, consulté le 17 février 2009
  3. IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Evaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 1 : Cancérogènes pour l'homme », sur monographs.iarc.fr, CIRC, (consulté le 22 août 2009)
  4. Numéro index 648-055-00-5 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  5. « Brai de goudron de houille » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 24 avril 2009
  6. D'après L. K. Miller, C. Oblaender, J. Terp et J. Levangie (dir.), L'Apocalypse de Neandertal, Halifax, Story House Productions & C-Tales Entertainment, (lire en ligne).
  7. Binder, D., Bourgeois, G., Benoist, F., & Vitry, C. (1990). Identification de brai de bouleau (Betula) dans le Néolithique de Giribaldi (Nice, France) par la spectrométrie de masse. Revue D'archeometrie, 14(1), 37-42.
  8. Pierre Lieutaghi (interviewé), Nicolas Marquet (interviewer), « On ne peut plus se passer de printemps, parce qu'on n'a plus d'espérance », Jef Klak, 27 janvier 2015.
  9. Dictionnaire universel de commerce. 1805. Lire en ligne
  10. a et b Cours complet d'agriculture ou nouveau dictionnaire d'agriculture théorique et pratique. Pourrat, 1836. Lire en ligne
  11. Manouvriez, A. (1876). Maladies et hygiène des ouvriers travaillant a la fabrication des agglomérés de houille et de brai. Baillière.
  12. Monographie CIRC 2007, vol. 98, in Traduction de la liste (02/12/2009) (vol 1 à 100A) du site www.iarc.fr des évaluations faites par le CIRC (groupes 1, 2A, 2B) sur les risques de cancérogénécité pour l'Homme et commentaires sur l'utilisation des agents cités. Cette liste est majorée des conclusions des monographies 100B à 100F dont les résultats des évaluations sont publiés au 02/12/2009, travail piloté par le Dr B. FONTAINE, consulté 2010 01 06

Articles connexes[modifier | modifier le code]