Centaurea cyanus

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Le Bleuet (Cyanus segetum Hill, 1762) en Suisse, en France et en Belgique, ou Centaurée bleuet[1] au Canada et en Belgique, est une plante herbacée de la famille des Astéracées (anciennement Composées). Très souvent adventice des champs de céréales, cette espèce fait partie des plantes messicoles qui deviennent de plus en plus rares. Il est parfois appelé Audifoin, Barbeau, Blavelle, Bleuet des champs, Casse-lunettes, Centaurée bleuet ou Fleur de Zacharie.

Description[modifier | modifier le code]

Centaurées cultivées.

C'est une plante annuelle[2] aux tiges de couleur vert grisâtre, d'aspect velouté, aux feuilles lancéolées ou pennatilobées, aux fleurs bleues, pourpres, blanches ou roses aux fleurons périphériques étalés. Sous le capitule, s'observent des bractées à bords ciliés (cils courts et réguliers, généralement bruns). La floraison a lieu entre les mois d'avril et novembre[3].

Déclin et génétique[modifier | modifier le code]

Espèce annuelle qui peut être rencontrée sur différents types de sols, même si elle préfère les alluvions argilo-sableuses, cette messicole a régressé voire a disparu d'une grande partie de son aire naturelle de répartition[4]. Les populations plus disséminées et beaucoup plus fluctuantes, se retrouvent sporadiquement dans des milieux de substitution comme les bords de routes et les chemins perturbés[5], terrains moins soumis à l’épandage de désherbant[6]. Face à la disparition des bleuets des champs, des programmes d'actions ont été mis en place dans des régions de France[7].

Abeille butinant un bleuet.

Une étude a comparé les traits de graines anciennes conservées en banque de graine par les conservatoires botaniques et les bleuets contemporains, montrant que l'espèce subit une évolution génétique rapide qui concerne des traits importants pour l'espèce[8].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Organes reproducteurs :
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : annuelles commensales des cultures acidophiles, mésohydriques, mésothermes
    • Aire de répartition : cosmopolite, sur sites ensoleillés

Données d'après Baseflor[9].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Cyanus arvensis Moench, Methodus 561. 1794, nom. illegit.
  • Cyanus cyanus (Linnaeus) Hill, Hort. Kew. 64. 1768, nom. inadmiss.
  • Cyanus segetus Hill, Veg. Syst. 4: 29. 1762.
  • Cyanus vulgaris Delarbre, Fl. Aubergne, ed. 2. 203. 1800, nom. illegit.
  • Leucacantha cyanus (Linnaeus) Nieuwland & Lunell, Amer. Midl. Naturalist 5: 71. 1917.

Utilisations médicinales et culinaires[modifier | modifier le code]

Des centaurées destinées à l'usage culinaire.
Un bleuet des champs.
Bleuet des champs ou barbeau

L'hydrolat (« eau de bleuet ») ou la décoction de bleuet était prescrite en collyre en cas d'irritation des yeux et des paupières et pour lutter contre la conjonctivite (d'où son nom vernaculaire de Casse-lunettes). Elle est indiquée pour les inflammations de la peau et des muqueuses (bain de bouche)[10] et en cosmétique (démaquillant pour les yeux). En infusion, ses fleurs séchées sont conseillées pour les inflammations des reins, la goutte ou les rhumatismes[11].

Les fleurs comestibles s'utilisent dans les desserts (mousses, salades de fruits ou gâteaux). Elles se retrouvent également dans le thé Lady Grey.

Le bleuet dans la culture[modifier | modifier le code]

Sous son ancien nom de barbeau, le bleuet est à l'origine du motif décoratif au barbeau (semis de fleurs) ou des barbeaux (bordures de fleurs en guirlande) très prisés sur les services de porcelaine ou de faïence, notamment chez les manufactures de Sèvres ou de Tournai, et qui ont eu la faveur de la reine Marie-Antoinette[12].

Le bleu bleuet ou bleu barbeau est une nuance de bleu tirant sur le gris.

À l'époque de l'affaire Dreyfus, à la fin du XIXe siècle, le « bleuet » porté à la boutonnière est un signe de ralliement des antidreyfusards[13],[14].

Le bleuet de France porté à la boutonnière est le symbole de la mémoire et de la solidarité envers les anciens combattants, les victimes de guerre, les veuves et les orphelins.

Jusqu’en 1955, au moment de la fête des mères on faisait des bouquets bleu, blanc, rouge composés de bleuets, marguerites et coquelicots[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur especes.be.
  2. P. Fournier, Les Quatre Flores de France, éd. P. Lechevalier, Paris, 1961.
  3. Sylvie Corré, Le Bleuet, une histoire de bleu, Limoges, Les Éditions du Sable fin, , 120 p. (ISBN 978-2-9539489-4-3, lire en ligne).
  4. Solène Bellanger, « Étude de la biologie d'une messicole en régression : le bleuet (Centaurea cyanus L.) », thèse. Institut national de la recherche agronomique AgroSup Dijon, 2011, 227 p., ill.
  5. J. Vallet, C. Mesnage, M. Rambaud, P. Lacroix, Établissement d'une liste régionale et état des lieux des plantes messicoles en Pays de la Loire : contribution à la déclinaison régionale du plan national d'actions en faveur des messicoles, DREAL Pays de la Loire. Conservatoire botanique national de Brest / Conservatoire botanique national du Bassin parisien, 2013, 27 p.
  6. Philippe Jauzein, « L’appauvrissement floristique des champs cultivés ». Dossier de l’environnement de l’INRA, n° 21, 2001, p. 67.
  7. Les Messicoles. Vienne Nature : Fontaine-le-Comte, 2018.
  8. Thomann, M., Imbert, E., Engstrand, R. C., & Cheptou, P. O. (2015). Contemporary evolution of plant reproductive strategies under global change is revealed by stored seeds. Journal of evolutionary biology, 28(4), 766-778 (résumé).
  9. Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version du 23 avril 2004.
  10. G. Millanvoye, Mini-encyclopédie des médecines naturelles, France Loisirs, Paris, 1986 (ISBN 2-7242-2864-2)
  11. Anne-Sophie Nogaret, La phytothérapie, Editions Eyrolles, , p. 27.
  12. Dictionnaire des motifs de la faïence fine imprimée en Belgique
  13. Le Figaro, 15 novembre 1898, p. 1.
  14. Joseph Reinach, Histoire de l'affaire Dreyfus, t. V (Rennes), Paris, Fasquelle, 1905, p. 116.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]