Bessos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bessos
Artaxerxès V
Le châtiment de Bessus, André Castaigne (1899-1899)
Le châtiment de Bessus, André Castaigne (1899-1899)

Décès 329 av. J.-C.
Origine Perse
Allégeance Darius III
Grade Satrape de Bactriane
Conflits Conquête de l'empire perse
Faits d'armes Bataille de Gaugamèles
Autres fonctions Roi autoproclamé de Perse

Bessos ou Bessus (en grec ancien Βήσσος / Béssos) est le satrape de Bactriane sous le règne de Darius III. Il s'autoproclame roi de Perse sous le nom d'Artaxerxès V après avoir assassiné le souverain achéménide en 330 av. J.-C. Il est exécuté sur l'ordre d'Alexandre le Grand en 329.

Biographie[modifier | modifier le code]

Satrape et général[modifier | modifier le code]

Apparenté à Darius III[1], il est fait satrape de Bactriane en 336 av. J.-C.. À la bataille de Gaugamèles, en octobre -331, Bessos commande, sur l'aile gauche de l'armée perse, la redoutable cavalerie lourde de Bactriane, déjà mobilisée avant la bataille d'Issos. La manœuvre d'enveloppement voulue par Darius échoue et les Perses sont vaincus après des heures de combats acharnés. Bessos fuit le champ de bataille en compagnie du roi et ils passent l'hiver à Ecbatane avec les résidus de l'armée perse.

Par la suite, Darius tente de fuir vers la Bactriane. Mais Bessos conspire avec d'autres satrapes dont Nabarzane ; et dans les confins de la Médie, Darius est assassiné en juillet 330[2]. Darius aurait été laissé agonisant dans un chariot et aurait été trouvé par un soldat macédonien. Reste à savoir si Bessos a principalement agit par ambition personnelle ou par désillusion envers Darius à qui il reprocherait ses choix stratégiques calamiteux[3]. Il aurait avoir pu avoir l'intention de livrer le roi aux Macédoniens, mais Alexandre a ordonné à ses forces de continuer à poursuivre les Perses.

Roi autoproclamé[modifier | modifier le code]

Bessos prend le titre de roi de Perse sous le nom d'Artaxerxès V, ce qui peut paraître légitime car il appartient à la lignée successorale au trône de Perse. Néanmoins la plupart des territoires de l'empire achéménide a été conquis et il ne « règne » que sur les quelques provinces. C'est pourquoi les historiens ne le considèrent généralement pas comme un roi officiel de Perse. Alexandre décide de poursuivre l'« usurpateur », qui l'a en outre privé d'un trophée.

Bessos choisit de se réfugier en Bactriane afin d'organiser la résistance depuis les satrapies orientales, contraignant Alexandre à déplacer ses forces depuis l'Hindou Kouch pour réprimer le soulèvement en 329. Bessos fuit alors vers l'est pour rejoindre l'Oxus, cependant sa cavalerie déserte en masse. Plusieurs de ses officiers remettent alors Bessos aux Macédoniens lancés à sa poursuite.

Capture et exécution[modifier | modifier le code]

Ptolémée, qui commande l'avant-garde, fait mettre sur ordre d'Alexandre l'ancien satrape nu sur un pieu en bois tandis que l'armée marche au pas. Alexandre questionne le prisonnier sur les raisons qui l'ont poussé à trahir Darius et à continuer la résistance aux Macédoniens. Bessos répond que la noblesse perse a convenu de détrôner leur roi hésitant. Insatisfait par ses réponses, Alexander ordonne que le prisonnier soit fouetté puis amené à Bactres et à Hamadan pour être jugé.

Un conspirateur contre Darius, le satrape d'Arie, Satibaranèss, s'est auparavant rendu à Alexandre mais a été pardonné car il ne prétend pas au trône de Perse. À Hamadan, Alexandre ordonne que le nez et les lobes d'oreille de Bessos soient coupés, une coutume perse pour châtier les rebelles et régicides. L'inscription de Behistun relate ainsi que Darius le Grand a puni l'usurpateur Phraortès de Médie de la même manière. Les sources antiques se contredisent de la nature des tourments et de l'exécution de Bessos. Quinte-Curce écrit qu'il a été crucifié à l'endroit où Darius a été tué [4] ; Arrien déclare lui qu'il a été torturé et décapité à Ecbatane[5] ; quant à Plutarque il affirme que Bessos a été écartelé à Bactres, selon une méthode perse : la victime est liée à deux arbres pliés l'un vers l'autre, les arbres étant ensuite relâchés[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrien, Anabase, III, 21, 5 ; III, 30, 4.
  2. Date établie d'après La chronique babylonienne, BCHP 1. Le site a été identifié près d'Ahuan.
  3. Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, VII, 4, 4.
  4. Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, VII, 5, 40-43.
  5. Arrien, Anabase, IV, 7.
  6. Plutarque, Vie d'Alexandre, 43, 6.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]