Ben Barres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Ben A. Barres (né Barbara Barres le à West Orange au New Jersey et mort le [1] à Palo Alto en Californie[2]) est un neurobiologiste américain de l'Université Stanford[3]. Ses recherches portent sur l'interaction entre les neurones et les cellules gliales dans le système nerveux. Depuis 2008, il a été président du département de neurobiologie à la Stanford University School of Medicine. Il a fait sa transition en 1997, et il est devenu le premier scientifique ouvertement transgenre de l'Académie nationale des sciences en 2013[4].

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Barres est né à West Orange, dans le New Jersey, au sein d'une famille chrétienne. Son père est vendeur. À l'école, il se montre excellent en mathématiques et en sciences, et il y est très impressionné par son professeur de huitième année, Jeffrey Davis[5],[6]. Il a obtenu une Licence en biologie du Massachusetts Institute of Technology, un doctorat en médecine de la Dartmouth Medical School, une résidence en neurologie au Weill Medical College, et un doctorat (PhD) en neurobiologie de l'université Harvard[7]. Il a fait sa formation postdoctorale à l'University College de Londres avec Martin Raff. En 1993, il a rejoint la faculté de neurobiologie à la Stanford School of Medicine. En 1997[8], il a bénéficié d'une chirurgie de réattribution sexuelle de femme vers homme, et il a publié des écrits à propos du sexisme dans le monde scientifique. En 2008, il a été nommé à la présidence de neurobiologie[3].

Recherche[modifier | modifier le code]

Il étudie le développement et la fonction des cellules gliales du système nerveux central des mammifères. Il a été le pionnier dans les nouvelles méthodes de culture et de purification des cellules gliales des nerfs optiques (oligodendrocytes et astrocytes) de rongeurs de leurs interactions avec les neurones (cellules ganglionnaires de la rétine). Ses objectifs de recherche portaient sur le rôle des cellules gliales dans la défaillance du système nerveux central pour se régénérer[9].

Expérience de sexisme[modifier | modifier le code]

Barres a décrit ses expériences de discrimination. Ainsi, après avoir résolu un problème de mathématiques particulièrement difficile qui laissait de nombreux étudiants masculins perplexes, il a été accusé d'avoir laissé son petit ami (imaginaire) le résoudre. Meilleur étudiant de la classe, il lui était pourtant difficile d'obtenir un superviseur pour ses recherches. Il a également perdu une bourse d'études face à un homme qui n'avait qu'une seule publication scientifique à son actif, alors qu'il en avait déjà six[10]. Tout en obtenant un doctorat à Harvard, il a raconté qu'il avait gagné une compétition scientifique face à un homme et que le doyen lui avait d'ailleurs confié : « J'ai lu les deux applications, et ça va être vous, votre application est vraiment mieux. » Cependant, le prix a été remis à son concurrent, qui a abandonné la science un an plus tard[11].

Après la chirurgie, il a remarqué que les gens ignorant son statut transgenre le traitaient avec davantage de respect que quand il était présenté comme femme[12]. Après avoir livré son premier séminaire en tant qu'homme, un scientifique a commenté : « Ben Barres a donné un grand séminaire aujourd'hui ; son travail est beaucoup mieux que celui de sa sœur [en pensant que Barbara était sa sœur][13]. »

En 2012, il s'est rappelé de certains événements à propos de son changement de sexe[14]. Barres a été critiqué par Lawrence Summers et d'autres[Qui ?] qui affirmaient que l'une des raisons pour lesquelles les femmes étaient moins présentes que les hommes dans les postes de professeurs en science et en ingénierie étaient qu'encore moins de femmes que d'hommes avaient les « aptitudes intrinsèques » suffisantes pour occuper de tels postes[12]. Il parle et écrit ouvertement sur le fait d'être un homme trans et de son expérience de transition d'identité de genre en 1997[15], et également sur son expérience de différence de traitement en tant que femme ou homme scientifique[16].

Plus récemment, Barres a dirigé une série de « questions ouvertes » pour Steven Pinker et Harvey Mansfield dans une allocution officielle à Harvard, contestant les données à l'appui de leurs arguments[17].

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

Les prix pour la recherche reçus par Barres incluent le Life Sciences Research Fellowship, le Klingenstein Fellowship Award, le McKnight Investigator Award[18], et le Searle Scholar Award. Il a également remporté d'autres récompenses : Kaiser Award for Excellence in Teaching, Kaiser Award for Innovative et Outstanding Contributions to Medical Education. En 2008, il a reçu le Lifetime Achievement Award Mika Salpeter[19]. Il est membre de la Reeve Foundation International Research Consortium on Spinal Cord Injury[20]. Il est le co-fondateur et le directeur d'Annexon, Inc., et membre du Scientific Advisory Board of Rinat Neuroscience Corporation[21]. Il est membre et a été élu membre de l'American Association for the Advancement of Science en 2011[22]. En 2013, il a été élu à la US National Academy of Sciences[23], devenant le premier membre transgenre[4].

Décès[modifier | modifier le code]

Il décède le , environ 20 mois après avoir été diagnostiqué malade du cancer du pancréas[24] en avril 2016[25], à son domicile de Palo Alto, en Californie[24],[26]. Sa mort a été annoncée par l'Université Stanford[24].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Knowland, Ahmet Arac, Kohei J. Sekiguchi, Martin Hsu, Sarah E. Lutz, John Perrino, Gary K. Steinberg, Ben A. Barres, Axel Nimmerjahn et Dritan Agalliu, « Stepwise Recruitment of Transcellular and Paracellular Pathways Underlies Blood-Brain Barrier Breakdown in Stroke », Neuron, vol. 82, no 3,‎ , p. 603–617 (PMID 24746419, DOI 10.1016/j.neuron.2014.03.003)
  • Ben A. Barres, « How to Pick a Graduate Advisor », Neuron, vol. 80, no 2,‎ , p. 275–279 (DOI 10.1016/j.neuron.2013.10.005)
  • Dorothy P. Schafer, Emily K. Lehrman, Amanda G. Kautzman, Ryuta Koyama, Alan R. Mardinly, Ryo Yamasaki, Richard M. Ransohoff, Michael E. Greenberg, Ben A. Barres et Beth Stevens, « Microglia Sculpt Postnatal Neural Circuits in an Activity and Complement-Dependent Manner », Neuron, vol. 74, no 4,‎ , p. 691–705 (PMID 22632727, DOI 10.1016/j.neuron.2012.03.026)
  • Lynette C. Foo, Nicola J. Allen, Eric A. Bushong, P. Britten Ventura, Won-Suk Chung, Lu Zhou, John D. Cahoy, Richard Daneman, Hui Zong, Mark H. Ellisman et Ben A. Barres, « Development of a Method for the Purification and Culture of Rodent Astrocytes », Neuron, vol. 71, no 5,‎ , p. 799–811 (PMID 21903074, DOI 10.1016/j.neuron.2011.07.022)
  • Jason C. Dugas, Trinna L. Cuellar, Anja Scholze, Brandon Ason, Adiljan Ibrahim, Ben Emery, Jennifer L. Zamanian, Lynette C. Foo, Michael T. McManus et Ben A. Barres, « Dicer1 and miR-219 Are Required for Normal Oligodendrocyte Differentiation and Myelination », Neuron, vol. 65, no 5,‎ , p. 597–611 (PMID 20223197, DOI 10.1016/j.neuron.2010.01.027)
  • Ben A. Barres, « Neuro Nonsense », PLoS Biology, vol. 8, no 12,‎ , e1001005 (DOI 10.1371/journal.pbio.1001005)
  • B Barres, « The Mystery and Magic of Glia: A Perspective on Their Roles in Health and Disease », Neuron, vol. 60, no 3,‎ , p. 430–440 (ISSN 0896-6273, PMID 18995817, DOI 10.1016/j.neuron.2008.10.013)
  • Ben A. Barres, « Does gender matter? », Nature, vol. 442, no 7099,‎ , p. 133–136 (PMID 16848004, DOI 10.1038/442133a)
  • BA Barres, « Arrogance imperils plans for change at Harvard. », Nature, vol. 434, no 7034,‎ , p. 697 (PMID 15815603, DOI 10.1038/434697a)
  • Ben A Barres et Yves-Alain Barde, « Neuronal and glial cell biology », Current Opinion in Neurobiology, vol. 10, no 5,‎ , p. 642–648 (ISSN 0959-4388, DOI 10.1016/S0959-4388(00)00134-3)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Neuroscientist Ben Barres, who identified crucial roles of glial cells, dies at 63 », sur Stanford Medicine News Center, (consulté le 28 décembre 2017).
  2. (en) « Ben Barres, Neuroscientist and Equal-Opportunity Advocate, Dies at 63 », sur The New York Times, (consulté le 29 décembre 2017).
  3. a et b (en) « Ben Barres Professor of Neurobiology, of Developmental Biology and of Neurology », Stanford School o0f Medicine (consulté le 11 octobre 2014).
  4. a et b (en) Trans News Editors, « Neurobiologist Becomes First Transgender Scientist Selected For U.S. National Academy of Science Membership », Transnews, Trans Media Network,‎ (lire en ligne).
  5. Tom Krattenmaker, « The Highest Art », Princeton University, (consulté le 12 octobre 2014).
  6. « A Conversation with Dr Ben Barres », The Travis Roy Foundation (consulté le 3 juillet 2015).
  7. NIH, (Oct. 2008).
  8. http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TS/News/News.html.
  9. « Barres Laboratory », Reev Foundation (consulté le 11 octobre 2014).
  10. (en) Sharon Begley, « He, Once a She, Offers Own View On Science Spat », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne).
  11. (en) Cornelia Dean, « Dismissing ‘Sexist Opinions’ About Women’s Place in Science », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  12. a et b (en) Shankar Vedantam, « Male Scientist Writes of Life as Female Scientist », The Washington Post,‎ (lire en ligne).
  13. (en) « Transgender Experience Led Stanford Scientist To Critique Gender Difference », ScienceDaily,‎ (lire en ligne).
  14. Sam Maddox, « Barres Elected To National Academy of Sciences », Reeve Foundation (consulté le 11 octobre 2014).
  15. Steven Levitt and Stephen Dubner (2009) SuperFreakonomics: Global Cooling, Patriotic Prostitutes, and Why Suicide Bombers Should Buy Life Insurance p.47.
  16. Sharon Begley, (13 juillet 2006).
  17. Ben Barres, (17 mars 2008).
  18. (en) Gabrielle Strobel, Research Funding in Neuroscience: A Profile of the McKnight Endowment Fund, Academic Press, , 77- p. (ISBN 9780080466538, lire en ligne).
  19. Mary Bates, « Ben Barres: Glial Detective », sur BrainFacts.org, Society for Neuroscience,
  20. Sam Maddox, « Stanford Scientist Ben Barres Joins Reeve Research Consortium », Reev Foundation. (consulté le 11 octobre 2014).
  21. « Executive Profile Ben Barres M.D., Ph.D. », Bloomberg Businessweek (consulté le 11 octobre 2014).
  22. AAAS staff, « AAAS Members Elected as Fellows », AAAS, (consulté le 12 octobre 2014).
  23. « National Academy of Sciences Members and Foreign Associates Elected », National Academy of Sciences (consulté le 11 octobre 2014).
  24. a b et c (en) Matt Schudel, « Ben Barres, Neuroscientist and Equal-Opportunity Advocate, Dies at 63 », sur The Washington Post, (consulté le 6 janvier 2018).
  25. (en) Andrew D. Huberman, « Ben Barres (1955–2017) Neurobiologist who advocated for gender equality in science. », sur Nature, (consulté le 6 janvier 2018).
  26. (en) Neil Genzlinger, « Ben Barres, Neuroscientist and Equal-Opportunity Advocate, Dies at 63 », sur The New York Times, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]