Bataille du pont Milvius

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Bataille du pont Milvius
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Pieter Lastman, La Bataille du pont Milvius, 1613

Informations générales
Date 28 octobre 312
Lieu Saxa Rubra, près de Rome
Issue Victoire de Constantin
Belligérants
Romains Romains
Commandants
Constantin Maxence
Forces en présence
~50 000 ~100 000
Pertes
Inconnues Inconnues
Coordonnées 41° 56′ 08″ N 12° 28′ 01″ E / 41.935555555556, 12.46694444444441° 56′ 08″ Nord 12° 28′ 01″ Est / 41.935555555556, 12.466944444444

La bataille du pont Milvius opposa le Maxence à l'Auguste de l'Ouest Constantin. La victoire de ce dernier consacre le début d'une nouvelle ère pour l'Empire tout entier. Elle doit son nom au pont Milvius qui enjambe le Tibre à quelques kilomètres au nord-est de Rome.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le conflit prend sa source dans l'opposition entre les deux Césars de l'Ouest qu'étaient Constantin et Maxence. Le premier, fils de l'empereur Constance Chlore, règne depuis la mort de celui-ci en 306 sur les provinces de l'ouest de la Gaule et la Bretagne. Le second est le fils du Tétrarque Maximien et le gendre de Galère. Les deux hommes ont également un lien de parenté direct, puisque Constantin était depuis 307 l'époux de Fausta, sœur de Maxence.

À la mort de Constance (), les troupes de Constantin le proclament Auguste (): le titre d'empereur n'est cependant pas héréditaire à cette époque, et c'est Maxence qui à Rome a les faveurs pour la succession. Celui-ci se fait proclamer Auguste et rallie toute l'Italie à sa cause, tout en accusant Constantin de rébellion et de parricide. À l'Est, les deux autres tétrarques Licinius et Maximin Daïa s'opposent pour le contrôle de la partie orientale de l'empire.

À la mort de Maximien en 310 (qui se suicide à Marseille) et après celle de Galère en 311, le conflit armé devient inévitable entre les deux empereurs. Après avoir scellé une alliance avec Licinius (qui épouse sa demi-sœur Constantia), Constantin part à la conquête de l'Italie en 312.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Ce n'est que lorsque les armées de Constantin arrivent aux environs de Rome que Maxence sort à sa rencontre. Il dispose des cohortes prétoriennes, et probablement d'autres troupes de protection de la ville, telles que les vigiles. Les deux armées s'affrontent à Saxa Rubra (les Roches rouges), sur la Via Flaminia, à une dizaine de kilomètres au nord-est de la capitale. Maxence choisit de combattre devant le Pont Milvius, un pont de pierre auquel a succédé l'actuel Ponte Milvio (appelé aussi Ponte Molle) et qui surplombe le Tibre. La possession de ce pont est essentielle pour Maxence, car il peut craindre que le Sénat romain donne sa faveur à quiconque tiendrait la route de Rome.

Monnaie de 313, représentant Constantin en compagnie du Sol Invictus

C'est peu avant le début de la bataille que Constantin déclare avoir eu une vision, qui lui est apparu sous la forme d'un chrisme, symbole formé de la conjonction des lettres grecques Chi et Rho (XP), soit les deux premières lettres du mot Christ; Constantin a vu ou entendu également Εν Τουτω Νικα, traduit en latin par In hoc signo vinces[1] — Tu vaincras par ce signe. Bien que païen, Constantin décide de faire apposer ce symbole sur le bouclier de ses soldats. Cette vision est rapportée par l'historien chrétien Eusèbe de Césarée, qui prétend l'avoir apprise de la bouche même de Constantin[2]. Des spéculations basées sur certains témoignages de l'époque et reprises par les médias[3] ont postulé qu'il pourrait s'agir de l'observation lointaine de l'explosion d'un chapelet de météorites ayant creusé les lacs annulaires du cratère de Sirente, dans les Abruzzes. La simultanéité des deux évènements n'a cependant jamais pu être confirmée[4].

Dépassé en nombre (Eusèbe de Césarée et d'autres commentateurs estiment le rapport de forces de 4 à 10 contre 1), Constantin fait preuve de ses talents de général et commence à repousser les troupes ennemies vers le Tibre. Alors que Maxence se replie vers Rome en traversant un pont mobile (fait de bateaux alignés), ses ingénieurs pris de panique sectionnent les attaches de celui-ci. L'empereur et plusieurs centaines d'hommes se noient.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Constantin est accueilli à Rome et proclamé unique Auguste romain d'Occident, mais toujours coempereur aux côtés de Maximin et Licinius. Il crédite sa victoire au nom du Dieu des Chrétiens, dont il interdit la persécution sur les territoires qu'il dirige, prolongation d'une politique appliquée depuis 306 dans les provinces de Gaule et de Bretagne. Sous sa protection, la foi chrétienne se propage sans être inquiétée.

Les cohortes prétoriennes vaincues ne sont pas reconstituées et disparaissent de l'histoire de Rome après avoir fait et défait plusieurs empereurs ; les scholes palatines les remplacent dans leur rôle de garde rapprochée et d’unité d’élite.

Constantin s'allie en 313 avec Licinius contre Maximin. Cette alliance conduit à la proclamation de l'édit de Milan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lactance, De la mort des persécuteurs, 44, 8.
  2. Vie de Constantin, I, 29.
  3. David Whitehouse, « Space impact "saved Christianity" », BBC,‎ (consulté le 12 décembre 2010)
  4. Santilli, R.; Ormö, J.; Pio Rossi, A.; Komatsu, G., « A catastrophe remembered: a meteorite impact of the fifth century AD in the Abruzzo, central Italy », Antiquity, 2003, 77(296) 296):313–320 (consulté le 12 décembre 2010)