Bacopa monnieri

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Bacopa monnieri ou « hysope d’eau » ou encore en sanscrit « brāhmī »[1] (bien que ce nom désigne également la Centella asiatica dans d'autres langues indiennes)[2] est une espèce de plante grasse, aquatique, vivace et dicotylédone. Très recherchée pour ses propriétés médicinales en médecine ayurvédique, et en raison de la dégradation et régression de ses habitats (zones humides) elle est aujourd'hui « très menacée » dans une partie de son aire naturelle de répartition[3].

Bacopa monnieri (syn. Herpestis monnieria) dans la Flora de Filipinas de Francisco Manuel Blanco.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette espèce appartient à la famille des Scrophulariaceae selon la classification classique, ou à celle des Plantaginaceae selon la classification cladistique.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Elle pousse communément dans les marais en Inde, au Népal, au Sri Lanka, en Chine, à Taïwan et au Vietnam. On la trouve maintenant aussi en Floride et dans d'autres états du sud des États-Unis où elle peut être cultivée dans des lieux humides comme des étangs ou des tourbières. Elle a également été trouvée depuis les années 1980 dans le sud de l'Europe[4].

Description[modifier | modifier le code]

  • Feuilles : elles sont succulentes, relativement épaisses. De forme oblancéolée, elles sont disposées de façon opposée sur la tige.
  • Fleurs : elles sont petites et blanches, à quatre ou cinq pétales.

Culture[modifier | modifier le code]

La multiplication se fait traditionnellement par bouturage mais la multiplication in vitro est aujourd'hui également possible[5].

Usages[modifier | modifier le code]

Cette plante est utilisée en aquariophilie comme plante décorative en eau douce à saumâtre.

Elle pourrait éventuellement être utilisée pour la phytoépuration ; dans ce cadre, sa résistance à certains polluants (cadmium notamment, contre lequel elle produit des phytochélateurs) a été étudiée[6],[7].

C'est aussi un ingrédient de la médecine ayurvédique qui la prescrit pour améliorer la mémoire[8], l'intelligence et pour revitaliser les organes des sens[9].
Une expérience australienne randomisée en double aveugle ayant porté sur soixante-six adultes (de 40 et 65 ans), avec contrôle/placebo a porté sur les effets de cette plante sur plusieurs fonctions différentes de la mémoire et le niveau d'anxiété. Après trois tests faits avant, puis 3 et 6 mois après le traitement les auteurs ont conclu en 2002 à « un effet significatif du Brahmi pour les tests de mémorisation de nouvelles informations ». Un ou plusieurs principes actifs (encore à identifier) diminuerai(en)t le taux d'oubli d'informations nouvellement acquises par le cerveau, mais sans améliorer (ni dégrader) les tâches d'attention, la mémoire verbale et visuelle à court terme ou la récupération des connaissances acquises avant l'expérience. Le traitement était sans effet sur l'anxiété selon les expérimentateurs australiens, mais cette même année 2002, Chowdhuri & al concluent à un effet antistress des bacosides de la plante sur le cerveau du rat mâle adulte de souche Sprague Dawley[10].
Pour ces raisons, cette plante est aussi étudiée dans le cadre de la lutte contre la maladie d'Alzheimer (un extrait alcoolique de Bacopa monnieri a ainsi été testé chez des rats de souche Wistar sur la cognition et comme éventuel neuroprotecteur contre la dégénérescence dans un modèle animal de maladie d'Alzheimer induite par l'éthylcholine aziridinium ion (AF64A)[11].

Une étude indienne a en 2001 conclu à un effet stabilisateur sur les mastocytes[12].

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Lysimachia monnieri L.
  • Bramia monnieri (L.) Drake
  • Herpestis monnieria (L.) Kunth

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. API (Ayurvedic Pharmacopaea of India
  2. API (Ayurvedic Pharmacopaea of India, 2008
  3. Karthikeyan, A., Madhanraj, A., Pandian, S. K., & Ramesh, M. (2011). Genetic variation among highly endangered Bacopa monnieri (L.) Pennell from Southern India as detected using RAPD analysis. Genetic resources and crop evolution, 58(5), 769-782.
  4. Bacopa monnieri sur Portail Aquariophilie
  5. Pandiyan, P., & Selvaraj, T. (2012). In vitro multiplication of Bacopa monnieri (L.) Pennell from shoot tip and nodal explants. Journal of Agricultural Technology, 8(3), 1099-1108
  6. Singh, S., Eapen, S., & D’souza, S. F. (2006). Cadmium accumulation and its influence on lipid peroxidation and antioxidative system in an aquatic plant, Bacopa monnieri L. Chemosphere, 62(2), 233-246 (résumé).
  7. Mishra, S., Srivastava, S., Tripathi, R. D., Govindarajan, R., Kuriakose, S. V., & Prasad, M. N. V. (2006). Phytochelatin synthesis and response of antioxidants during cadmium stress in Bacopa monnieri L. Plant Physiology and Biochemistry, 44(1), 25-37
  8. Roodenrys S, Booth D, Bulzomi S, Phipps A, Micallef C & Smoker J (2002) Chronic effects of Brahmi (Bacopa monnieri) on human memory. Neuropsychopharmacology, 27(2), 279-281.
  9. Sivarajan VV, Balachandran I (1994), Ayruvedic Drugs and their Plant sources. Oxford and IBH Publishing Co. New-Delhi; 97-99
  10. Chowdhuri, D. K., Parmar, D., Kakkar, P., Shukla, R., Seth, P. K., & Srimal, R. C. (2002). Antistress effects of bacosides of Bacopa monnieri: modulation of Hsp70 expression, superoxide dismutase and cytochrome P450 activity in rat brain. Phytotherapy Research, 16(7), 639-645 (résumé )
  11. Nongnut Uabundit, Jintanaporn Wattanathorn, Supaporn Mucimapura, Kornkanok Ingkaninan (2010) Cognitive enhancement and neuroprotective effects of Bacopa monnieri in Alzheimer's disease model ; Journal of Ethnopharmacology, Volume 127, Issue 1, 8 January 2010, Pages 26–31
  12. Samiulla, D. S., Prashanth, D., & Amit, A. (2001). Mast cell stabilising activity of Bacopa monnieri. Fitoterapia, 72(3), 284-285 (résumé)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]