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Archevêché latin de Nicosie

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L'ancienne cathédrale Sainte-Sophie, siège de l’archevêché latin de Nicosie, aujourd'hui devenue la mosquée Selimiye

L’archevêché latin de Nicosie a été le siège du chef de l'église latine chypriote au temps du royaume de Chypre, puis de la domination de la république de Venise, jusqu'à la conquête de l'île par les Ottomans en 1571. Il est également un siège titulaire.

Après la conquête de Chypre par les Croisés ()[1], il fallut songer à l’organisation d’une Église latine à l’instar de ce qui s’était fait en Terre Sainte. En 1196, le roi Amaury II de Lusignan obtient du pape Célestin III la mise sur pied d'une hiérarchie latine pour son royaume chypriote. Par la bulle du , « Célestin III délégua ses pouvoirs » à deux archidiacres pour régler « tout ce qui concernait l’institution, la hiérarchie et la dotation de la nouvelle Église chypriote. Sur leur rapport le Saint-Siége [..] créa un archevêché latin à Nicosie et trois évêchés, ses suffragants, dans les villes de Paphos, Limassol et Famagouste[2] »[3]. Le , Alexandre IV, dans sa Constitution chypriote, plaçait les diocèses grecs subsistants « sous l’autorité suprême de l’archevêque latin de Nicosie, seul métropolitain du royaume »[4]. Mais il n'est pas question de primatie dans ces documents, et il est très difficile de dire à partir de quand le titre fut porté, car, « si on excepte un cartulaire de Sainte-Sophie contenant 140 documents d’avant 1478, toutes les archives ont disparu »[5]. En tout cas le dernier archevêque latin résidentiel, Filippo Mocenigo (1560-1586), avait assisté en 1563 aux ultimes sessions du concile de Trente et y souscrivit ainsi : « regni Cypri primas et legatus natus »[6], ce qui suppose une reconnaissance romaine. La conquête ottomane de l'île (1571) mit fin à l'archevêché, devenu depuis 1668 simple siège titulaire (vacant depuis 1990)[7].

Liste des archevêques latins de Nicosie

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Titulaire Début Fin Notes
Alain (Alanus) av. [8] (1re att.) ap. [8] (dern. att.)
av. [9]
Archidiacre de Lydda, dans le royaume latin de Jérusalem (septembre 1195), chancelier de Chypre (attesté de février 1196 à mars 1201), il se voit confier par le pape Célestin III, le 20 février 1196, en compagnie de l'archidiacre de Laodicée, l'organisation des chapitres et des sièges épiscopaux de l'église latine de Chypre nouvellement créée. Plus tard la même année, il est élu archevêque par le chapitre de Nicosie, devenant ainsi le premier chef de l'église latine chypriote[9].
Thierry (Thierricus) av. [8](1re att.) av. [8] Religieux originaire du diocèse de Paris[10], frère de Pierre, sous-chantre de Notre-Dame de Paris, mort un 18 juin, avant 1212[11].
Durand (Durandus) [8] 15 janvier 1213 Trésorier du chapitre de Nicosie avant d'être élu archevêque[8]. Son élection, jugée irrégulière par le pape Innocent III, fut cassée par le patriarche de Jérusalem Albert. En janvier 1213, le pape écrivait au chapitre pour qu'il procède à une nouvelle élection[12].
Eustorge de Montaigu[13] av. [8] (1re att.) [14],[8] Originaire d'Auvergne[8]. Frère de Foulques, évêque de Limassol (1211-1218), apparenté à Garin de Montaigu, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1207/8-1230) et Pierre de Montaigu, grand maître de l'ordre du Temple (1218-1232)[15]. Participe aux Siège et prise de Damiette par les croisés (1218-1219), puis à la Septième croisade et meurt à Damiette[16].
Hugues de Fagiano (ou de Pise) 1251 [17]
Gilles d’Amigny[17]
[17] Élection non confirmée

Né à Amigny-Rouy au début du XIIIe siècle, il est avant sa nomination au siège de Nicosie chapelain pontifical, chanoine de Cambrai, archidiacre de Rouen, régent de la faculté de théologie de l'université de Paris. Il n’eut jamais l’occasion de gagner son siège chypriote avant sa mort et rédige son testament à Viterbe le 21 juin 1268[17].

Jean (Joannes) après [8] † avant [8] Élection non confirmée

Dominicain originaire du diocèse d'Angoulême[8], nommé archevêque après la mort de son prédécesseur Gilles d’Amigny, le 27 juillet 1268[17], il est mentionné comme défunt le 29 septembre 1268[8].

Bertrand Bernard
(Bertrandus Bernardi)[8]
octobre 1270
(1re att.)
1273 Chanoine et doyen de l'église de Nicosie en 1267, il apparaît en octobre 1270 comme archevêque élu[18] et résigne sa charge archiépiscopale après 1273[8].
Ranulphe (Ranulphus) 31 août 1274 (élection), 20 juillet 1278
(confirmation pontificale)[19]
† 1286 D'abord archidiacre de Nicosie[8] (attesté dans cette charge le 20 juillet 1274[20]). Mentionné comme défunt en 1286[8].
Henri de Gibelet (1re fois) 1286[19] non confirmé, renonce (archidiacre de Nicosie)
Guido di Novavilla 1286[19] non confirmé, renonce
Giovanni di Pisa, O.F.M. 30 octobre 1288[19] 4 mars 1296 transféré à Torres (Sassari)
Gérard de Langres 24 avril 1295[19] 15 août 1303 déposé
Henri de Gibelet (2e fois) 15 août 1303[19] 8 janvier 1306 administrateur apostolique
Pierre Erlant (1re fois) 15 août 1303[19] 8 janvier 1306 administrateur apostolique (évêque de Limassol)
Tommaso de Muro 8 janvier 1306[19] administrateur apostolique
Pierre Erlant (2e fois) 8 mai 1308 administrateur apostolique (évêque de Limassol)
Pierre de Brie avant le 4 janvier 1311 1312 administrateur apostolique
Henri de Gibelet (3e fois) 1312[19] non confirmé
Guy 1312[19] non confirmé (évêque de Famagouste)
Giovanni di Polo, O.P. 10 mai 1312[19]
Élie de Nabinal [19] 12 juillet 1342 Nommé patriarche de Jérusalem par le pape le 12 juillet 1342, puis cardinal le 20 septembre suivant.
Philippe de Chambarlhac[21],[22] 25 septembre 1342[19]. 21 juillet 1360[23]. Recteur du patrimoine de Saint-Pierre en Toscane, entre 1332 et 1335, archidiacre de Gand en 1335, nommé évêque de Sion par le pape Benoît XII le 22 mai 1338, jusqu'en novembre 1342, il est transféré à l'évêché de Nice. Philippe de Chamberlhac est nommé archevêque de Nicosie le 30 août 1344 par Clément VI. Il est nommé archevêque de Bordeaux en 1360. Il est aussi appelé Philippe de Gastons, déformation de Gascogne, dans la Gallia christiana.
Raymond de La Pradelle 29 janvier 1361[19] 29 janvier 1376
Bérenger Grégoire 4 août 1376[19] 6 octobre 1382
Luchino 1382/1383[19] vers 1395 obédience romaine
Andrea Michiel 25 mai 1383[19] 1406 obédience avignonnaise
Corrado Caracciolo 25 juin 1395[24] 2 octobre 1402 obédience romaine
Stefano da Carrara 1402[24] 3 octobre 1412 obédience romaine
Hugues de Lusignan 5 mars 1421[24] août 1442 Fils de Jacques Ier de Lusignan, roi de Chypre. Administrateur perpétuel pour l'obédience pisane (8 juillet 1411-5 mars 1421). Créé cardinal en 1426 par Martin V.
Galesio de Montolif septembre 1442[25] 10 février 1447
Giovanni Moreli 10 février 1447[25] 19 avril 1447
André 19 avril 1447[25] février 1451
Isidore de Kiev 10 mai 1456[25] 25 avril 1463 commendataire
Jacques de Lusignan 1456
(nomination royale, jamais confirmée)
Fils bâtard du roi Jean II de Chypre et de Mariette de Patras, son père lui fit don en 1456 de l'archevêché de Nicosie, en demandant la régularisation de la nomination à la cour pontificale. Jacques devint roi de Chypre en 1460 sous le nom de Jacques II.
Nicola Guglielmo Goner 1467[25]
Louis Fenollet 14 septembre 1471[26] 22 mars 1476
Giovanni Francesco Brusato 22 mars 1476[26] 1476
Vittore Marcello 7 février 1477[26] 1483/1484
Benedetto Superanzio 2 juin 1484[26] juillet 1495
Domenico Grimani 3 juillet 1495[26] 4 septembre 1495 administrateur apostolique
Sebastiano Priuli 4 septembre 1495[26] 2 octobre 1502 patriarche titulaire d'Antioche (1495)[27]
Aldobrandino Orsini 5 octobre 1502[26] 1524
Livio Podocathor 5 octobre 1524[28] 24 août 1552 reçoit le pallium (29 avril 1527)[28]
Cesare Podocathor 24 août 1552[28] 20 novembre 1557 reçoit le pallium (6 mars 1553)[28]
Filippo Mocenigo 13 mars 1560[28] reçoit le pallium (26 avril 1560)[28]; « regni Cypri primas et legatus natus »

Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) Nicholas Coureas, The Latin Church in Cyprus, 1195-1312, Aldershot, .
  • (en) Nicholas Coureas, A Companion to Latin Greece, BRILL, (ISBN 978-90-04-28402-9), « The Latin and Greek Churches in Former Byzantine Lands under Latin Rule »
  • Louis de Mas Latrie, Histoire des archevêques latins de l'île de Chypre, Gênes, (lire en ligne).
  • Louis de Mas Latrie, Chypre, vol. I, Paris,
  • Louis de Mas Latrie, « Histoire des archevêques latins de l'île de Chypre », Archives de l'Orient latin, vol. 2, , p. 207-328 (lire en ligne)
  • (la) Konrad Eubel, Hierarchia catholica medii aevi, (lire en ligne)
  • Wipertus Rudt de Collenberg, « État et origine du haut clergé de Chypre avant le Grand Schisme d'après les Registres des Papes du XIIIe et du XIVe siècle », Mélanges de l'Ecole française de Rome - Moyen-Age, Temps modernes, vol. 91, no 1, , p. 197-332 (lire en ligne)

Liens externes

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Références

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  1. Mas Latrie 1861, p. 5-13.
  2. (en) Sophrone Pétridès, « Cyprus », dans The Catholic Encyclopedia, vol. 4, New York, Robert Appleton Company, (lire en ligne) (consulté le ).
  3. Mas Latrie 1861, p. 123.
  4. Mas Latrie 1861, p. 380-381.
  5. W. Rudt de Collenberg, « État et origine du haut clergé de Chypre avant le Grand Schisme d’après les Registres des Papes du XIIIe et du XIVe siècle », Mélanges de l’Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes, t. 91, no 1, , p. 197 (DOI 10.3406/mefr.1979.2489).
  6. Mas Latrie 1884, p. 327.
  7. (en) David M. Cheney, « Nicosia (Titular See) », sur catholic-hierarchy.org (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Rudt de Collenberg 1979, p. 266.
  9. 1 2 Mas Latrie 1884, p. 208-209.
  10. Rudt de Collenberg 1979, p. 208, 266.
  11. Mas Latrie 1884, p. 209-210.
  12. Mas Latrie 1884, p. 211-213.
  13. Variantes du nom de famille : Montaigut, Montagu, Montague.
  14. Mas Latrie 1884, p. 229.
  15. Mas Latrie 1884, p. 214.
  16. Mas Latrie 1884, p. 214-229.
  17. 1 2 3 4 5 Pierre-Vincent Claverie, « La succession de l'archevêque Gilles de Nicosie », Le Moyen Age, vol. 108, no 2, , p. 333-343 (lire en ligne, consulté le ).
  18. Mas Latrie 1882, p. 40.
  19. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Eubel 1913, vol. I, p. 365.
  20. Rudt de Collenberg 1979, p. 282.
  21. Sur le personnage : Gregor Zenhäusern (trad. André Naon), « Philippe de Chambarlhac » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  22. J. Gremaud, « Philippe de Chambarlhac, évêque de Sion et de Nice, archevêque de Nicosie », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, , p. 273-276 (lire en ligne).
  23. Eubel 1913, vol. I, p. 150.
  24. 1 2 3 Eubel 1913, vol. I, p. 366.
  25. 1 2 3 4 5 Eubel 1913, vol. II, p. 202.
  26. 1 2 3 4 5 6 7 Eubel 1913, vol. II, p. 203.
  27. Eubel 1913, vol. II, p. 89.
  28. 1 2 3 4 5 6 Eubel 1913, vol. III, p. 258.