Aliénation parentale

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L'aliénation parentale est un concept de psychologie infantile désignant, à des degrés divers selon les auteurs, une relation perturbée entre un enfant et l'un de ses parents, et qui est souvent défini par opposition ou en lien avec le syndrome d'aliénation parentale, généralement dans un contexte de séparation.

Contrairement au syndrome d'aliénation parentale largement réfuté[pas clair][1],[2],[3],[4], l'aliénation parentale est une dynamique moins controversée présente dans la littérature juridique et de la santé[5].

Historique des définitions[modifier | modifier le code]

La notion d'aliénation parentale partage des points communs avec celle du syndrome d'aliénation parentale (SAP), tout en étant plus fluctuante et ne faisant pas encore l'objet d'une définition unique.

En 1998 aux États-Unis, un opposant à la théorie de Richard A. Gardner, Douglas Darnall la définit dans le contexte de divorces, comme un ensemble de comportements, qu'ils soient consients ou inconscients, pouvant évoquer des perturbations dans la relation entre un enfant et un parent, avec la participation de l'autre parent dit aliénant[6].

En 2008, lorsque le docteur Bénédicte Goudard introduit la notion de SAP en France, dans sa thèse doctorale, elle distingue le SAP de l'aliénation parentale qui selon elle est un terme générique caractérisant « la relation particulière d’un ou des enfants avec un seul des deux parents », cet isolement de l'autre parent pouvant être justifié par des motifs qui lui semblent valides tels que rapt parental, alcoolisme, abus sexuel, maltraitance ou négligence de la part du parent aliéné. Elle estime dans ces cas que l'aliénation parentale est le seul moyen de préserver la santé mentale de l'enfant[7].

En 2010, pour Jacques Biolley, un autre promoteur du SAP en France, « L'expression « aliénation parentale » est couramment utilisée de matière générique pour évoquer le phénomène d'emprise (alors que le terme « syndrome d'aliénation parentale » dû à R. Gardner, est lié à la définition qu'il en a donné)[8]. ».

En 2009, devant les critiques faites au SAP et l'impossibilité à le faire reconnaitre comme syndrome par le Diagnostical and Statistical Manual, R. Gardner, l'un de ses amis psychiatre, William Benett, et une soixante de professionnels définissent un concept qu'ils veulent plus consensuel, le « trouble d'aliénation parentale  » (Parental Alienation Disorder), en lui donnant toutefois des définitions assez variables. L'ensemble reste contesté par des médecins consultés pour la validation de son inscription au DSM, qui pointent en outre le risque confusion dans le grand pubic ave le SAP[9]. Par la suite, le nom de ce trouble est fréquemment abrégé en « aliénation parentale », y compris par les lobbyistes qui reprennent pour l'essentiel la description du SAP[10].

Différences entre Syndrome (SAP) et aliénation parentale[modifier | modifier le code]

La principale différence commune à toutes les versions est la disparition du syndrome.

Critiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs variables peuvent amener l'enfant à refuser le contact avec un parent dont le fait d'être victime de violence de toutes formes de la part du parent refusé [11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) KC Faller, « The parental alienation syndrome: What is it and what data support it? », Child Maltreatment, vol. 3, no 2,‎ , p. 100–115 (DOI 10.1177/1077559598003002005, lire en ligne [PDF])
  2. (en) CS Bruch, « Parental Alienation Syndrome and Parental Alienation: Getting It Wrong in Child Custody Cases », Family Law Quarterly, vol. 35, no 527,‎ , p. 527–552 (lire en ligne [PDF])
  3. (en) CL Wood, « The parental alienation syndrome: a dangerous aura of reliability », Loyola of Los Angeles Law Review, vol. 29,‎ , p. 1367–1415 (lire en ligne)
  4. (en) William O'Donohue, Lorraine T. Benuto et Natalie Bennett, « Examining the validity of parental alienation syndrome », Journal of child custody, vol. 13,‎ , p.113-125
  5. « Aliénation parentale, un concept à haut risque », Études 2009/2 (Tome 410),‎ (lire en ligne)
  6. (en) Douglas Darnall, Divorce Casualties: Protecting Your Children from Parental Alienation, Rowman & Littlefield, (ISBN 9780878332083, lire en ligne), p. 3
  7. Bénédicte Goudard, « Le syndrome d'aliénation parentale », Thèse présentée à l’Université Claude Bernard-Lyon et soutenue publiquement le 22 octobre 2008 pour obtenir le grade de Docteur en Médecine,‎ (lire en ligne).
  8. Jacques Biolley, Enfant libre ou enfant otage? : comment protéger l'enfant après la séparation de ses parents, Les liens qui libèrent, , 206 p. (ISBN 9782501092845)
  9. Divorce, séparation : les enfants sont-ils protégés ?, Dunod, (lire en ligne), p. Chapître 6, p/ 161 et s. ; p. 228
  10. Jean-Yves Hayez et Philippe Kinoo, « L'aliénation parentale, un concept à haut risque », Études, vol. 140,‎ , p. 187-198 (lire en ligne)
  11. (Jean-Yves Hayez et Philippe Kinoo, « L'aliénation parentale, un concept à haut risque », Études, vol. 140, 2009, p. 187-198 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Cambefort, Famille éclatée, enfants manipulés : L'aliénation parentale, Paris, Albin Michel, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]