Richard A. Gardner

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Richard A. Gardner
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Richard Alan Gardner est un psychiatre et un psychanalyste américain[1], né le dans le Bronx, à New York, et mort le . Il est notamment l'auteur de la définition du syndrome d'aliénation parentale (SAP), qui est toujours l'objet de controverses au sien de la communauté scientifique[2],[3],[4],[5],[6],[7].

Par ailleurs, il est critiqué pour ses positions relatives à la pédophilie, ce qui a contribué à polluer les débats relatifs au SAP.

La majeure partie des ouvrages de Richard Gardner ont été publiés par sa propre maison d’édition, Creative Therapeutics, Inc, à compte d'auteur[8].

Critiques[modifier | modifier le code]

La personnalité de Richard Gardner, et notamment ses positions sur la pédophilie sont un sujet de polémique important, notamment parce que cela est venu entacher ses différents travaux, leur pertinence, leur définition et la neutralité de ses écrits.

Apologie de la pédophilie[modifier | modifier le code]

Dans ses écrits, Gardner a fait l'apologie de la pédophilie. On peut ainsi lire dans True and false accusations of child sex que « la pédophilie a été considérée comme étant la norme par la vaste majorité des individus dans l'histoire du monde[9]» et qu'il s'agit là «d'une pratique largement répandue et acceptée parmi littéralement des milliards de personne[9] Selon lui - et contrairement à toute la littérature scientifique disponible à ce sujet - les abus sexuels n'auraient pas forcément des conséquences traumatisantes pour les enfants concernés, les effets dépendraient des attitudes sociales vis-à-vis de la pédophilie[10]. Il s'est déclaré favorable à ce que la mise à jour d'un abus sexuel ne soit pas automatiquement dénoncée aux autorités et a milité pour que des fonds fédéraux soient attribués pour assister ceux qui sont accusés à tort d'abus sexuel[10]. La position de Gardner relative à la pédophilie s'inscrit dans sa théorie personnelle sur la sexualité, d'après laquelle la violence sexuelle masculine dans son ensemble serait " bénéfique du point de vue reproductif" pour l'humanité dans une perspective de l'évolution[11].

Richard Gardner a par ailleurs soutenu que la pédophilie était un moyen de faire apparaître les pulsions sexuelles chez l'enfant de manière précoce, ce qui serait une pratique positive dans le cadre de la survie de l'espèce humaine[12],[13] ; il s'est opposé à ce que les abus sexuels soient poursuivis pénalement, arguant que la procédure judiciaire serait plus traumatisante pour les enfants que les abus sexuels en eux-mêmes[14], surtout il a professé que les abus sexuels n'étaient pas nécessairement traumatisant[8] - ce qui est contraire à tout le savoir clinique en la matière.

Pour sa défense, Richard Gardner a expliqué que, pour lui, la pédophilie est une mauvaise chose pour la société et le fait qu'il pense qu'elle fasse partie des comportements humains, comme toutes les autres paraphilies, ne signifie pas qu'il approuve ce comportement[15].

En 1996, le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, la revue de l'American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (en), a alerté les professionnels de la santé sur le contenu de l'ouvrage de Richard A. Gardner intitulé Protocols for the Sex-Abuse Evaluation. Cette revue scientifique souligne notamment le fait que l'ouvrage est un livre de recette[pas clair] pour conclure que les allégations d'abus sexuels sont fausses, sous prétexte d'objectivité scientifique[6]. De fait, Richard Alan Gardner a souvent été cité comme expert par des avocats de la défense de personnes soupçonnées d'abus sexuels, de violence domestique ou de maltraitance envers les enfants, avec parfois des conséquences dramatiques pour les familles concernées[6]. Dans ces expertises, il a très souvent argumenté que les enfants qui accusaient leur père d'inceste ou de maltraitance étaient en réalité atteints du syndrome d'aliénation parentale et étaient manipulés par leur mère, quand bien même des preuves physiques attestaient du contraire[8]. Aux États-Unis, de nombreux avocats reprennent cette théorie dans leur plaidoiries, souvent avec succès[16].

Le cas des maltraitances envers l'enfant et l'adolescent tels qu'analysés par Gardner[modifier | modifier le code]

Syndrome d'aliénation parentale[modifier | modifier le code]

Le syndrome d’aliénation parentale (abrégé en SAP) est une notion introduite par Richard A. Gardner au début des années 1980, faisant référence à ce qu’il décrit comme un trouble dans lequel un enfant, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon Gardner, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement par l’autre parent (presque exclusivement dans le cadre d’un conflit sur la garde de l’enfant) et les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé. Gardner a introduit ce terme dans un article publié en 1985, décrivant un ensemble de symptômes qu’il dit avoir observé dans sa propre pratique en tant que thérapeute.

Article détaillé : syndrome d'aliénation parentale.
Sexual Abuse Legitimacy Scale (SALS)[modifier | modifier le code]

En 1987, Gardner développe un outil de mesure censé discriminer entre les fausses accusations d'abus sexuels et les situations d'abus sexuels avérés[11]. Il intitule cette échelle Sexual Abuse Legitimacy Scale (SALS)[17],ce qu'on peut traduire en français par « Échelle de légitimité des abus sexuels ». Cette échelle est basée sur les opinions et intuitions de Gardner[18] ; elle n'a pas été validée par de la recherche empirique[19]. La SALS était censée déterminer si un enfant a été abusé ou non, plus particulièrement si l'enfant a été victime d'inceste de la part du père[19]. L'échelle comprend 84 facteurs, relatifs à l'enfant, au père et à la mère[19]. Certains facteurs relatifs à la mère font partie intégration de sa définition du syndrome d'aliénation parentale[19].

Ouvrages[modifier | modifier le code]
  • The Parental Alienation Syndrome, Creative Therapeutics, 1992, (ISBN 0-933812-42-6)
  • Doctor Gardner's Modern Fairy Tales, Creative Therapeutics, 1977, (ISBN 0-933812-09-4)
  • Protocols for the Sex-Abuse Evaluation, Creative Therapeutics, 1995, (ISBN 0-933812-38-8)
  • Psychotherapy With Sex-Abuse Victims: True, False, and Hysterical, Creative Therapeutics, 1996, (ISBN 0-933812-41-8)
  • Sex-Abuse Trauma?: Or Trauma from Other Sources?, Creative Therapeutics, 2001, (ISBN 0-933812-47-7)
  • The boys and girls book about divorce, with an introduction for parents, by Richard A. Gardner. Foreword by Louise Bates Ames. Illustrated by Alfred Lowenheim (1970), Science House, (ISBN 0-553-27619-0)
  • Family Evaluation in Child Custody Mediation, Arbitration, and Litigation, by Richard A. Gardner. Creative Therapeutics, 1989, (ISBN 978-0933812208)
  • True and False Accusations of Child Sex Abuse, by Richard A. Gardner. Creative Therapeutics, 1992, (ISBN 978-0933812253)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stuart Lavietes, « Richard Gardner, 72, Dies; Cast Doubt on Abuse Claims », New York Times,‎ (lire en ligne)
  2. Jacques Biolley, Enfant libre ou enfant otage ? : comment protéger l'enfant après la séparation de ses parents (ISBN 9782501092845)
  3. Marie-France HIRIGOYEN, Abus de faiblesse et autres manipulations (ISBN 9782253169383)
  4. (en) Miguel Clemente et Dolores Padilla-Racero, « When courts accept what science rejects : Custody issues concerning the alleged "parental alienation syndrome" », Journal of Child Custody, vol. 13,‎ 11 oct.2016, p. 126-133
  5. (en) Lenore E. Walker et David L.Shapiro, « Parental Alienation Disorder : Why Label Children with a mental diagnosis ? », Journal of Child Custody, vol. 7,‎ , p. 266-286
  6. a b et c (en-GB) Andrew Gumbel, « Dr Richard A. Gardner », The Independent,‎ (lire en ligne)
  7. (en-US) Alexandra Back, « Canberra psychologist disciplined after labelling children with unrecognised condition », sur Canberra Times (consulté le 13 septembre 2018)
  8. a b et c « Le "Syndrome d'Aliénation Parentale", un négationnisme de l'inceste validé par les tribunaux français », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  9. a et b (en) Richard A. Gardner, True and false accusations of child sex abuse, Cresskill, N.J, Creative Therapeutics, 1992b, p. 593
  10. a et b (en) S. J. Dallam, « The Parental Alienation Syndrome: Is It Scientific? », dans E. St. Charles E et L. Crook (éds.), Expose: The failure of family courts to protect children from abuse in custody disputes, Our Children Our Children Charitable Foundation, (lire en ligne)
  11. a et b (en) JA Hoult, « The Evidentiary Admissibility of Parental Alienation Syndrome: Science, Law, and Policy », Children's Legal Rights Journal, vol. 26, no 1,‎ (lire en ligne)
  12. Jennifer Hoult, The Evidentiary Admissibility of Parental Alienation Syndrome: Science, Law, and Policy, Children’s Legal Rights Journal, 2006. « He claimed that sexual activities between adults and children were “part of the natural repertoire of human sexual activity,”[338] and that adult-child sex was a positive procreative practice because pedophilia sexually “[charges] up” the child, making the child “highly sexualized” and more likely to “crave” sexual experiences that will result in increased procreation[339]. », p. 19.
  13. Stephanie J. Dallam, « Dr. Richard Gardner: A Review of His Theories and Opinions on Atypical Sexuality, Pedophilia, and Treatment Issues », Treating Abuse Today, janvier-février 1998, 8(1).
  14. Jacqueline Phélip, Le livre noir de la garde alternée, 2006, Editions Dunod : Chapitre 10, page 100 : « Gardner a élaboré une théorie sur les bénéfices, pour la survie de l’espèce, des pratiques sexuelles déviantes : nécrophilie, zoophilie, coprophilie, etc. (1992). Plus encore, il recommande de ne pas incarcérer les pédophiles (1991) « parce que cela gênera la guérison de l’agresseur, et de plus, l’enquête judiciaire peut causer plus de tort psychologique à l’enfant que l’agression elle-même » (1968). Il plaide pour l’abolition du signalement obligatoire des maltraitances (1995). Selon lui encore, « les enfants peuvent être aidés à reconnaître que les rencontres sexuelles entre un adulte et un enfant ne sont pas universellement considérées comme des actes répréhensibles » (1992). ». Ces références proviennent directement de traductions d'écrits de Richard Gardner par Hélène Palma.
  15. Richard Gardner, Misperceptions versus facts about Richard A. Gardner, 1999, publié dans The American Journal of Family Therapy octobre 2002. « I believe that pedophilia is a bad thing for society. I do believe, however, that pedophilia, like all other forms of atypical sexuality is part of the human repertoire and that all humans are born with the potential to develop any of the forms of atypical sexuality (which are referred to as paraphilias by DSM-IV). My acknowledgment that a form of behavior is part of the human potential is not an endorsement of that behavior. Rape, murder, sexual sadism, and sexual harassment are all part of the human potential. This does not mean I sanction these abominations. »
  16. (en) Tim Stelloh, « Do courts use a controversial theory to punish mothers who allege abuse? », Aljazeera America,‎ (lire en ligne)
  17. (en) Richard A. Gardner, Sexual Abuse Legitimacy Scale (SAL scale), Cresskill, N.J., Creative Therapeutics,
  18. Pour un descriptif détaillé des opinions de Gardner relatif aux abus sexuelle, à la sexualité enfantine et adulte, à la psychologie féminine cf. Faller (1998) : The parental alienation syndrome : what is it and what data support it ?. L'article présente les idées qui sont à l'origine de l'échelle SALS ainsi que celles - légèrement différentes - qui sont à l'origine de l'ouvrage Protocols for Sex-Abuse Evaluation (1995).
  19. a b c et d (en) KC Faller, « The parental alienation syndrome: What is it and what data support it? », Child Maltreatment, vol. 3, no 2,‎ , p. 100–115 (DOI 10.1177/1077559598003002005, lire en ligne [PDF])

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Liens externes[modifier | modifier le code]