Alexis Henri de Châtillon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Alexis-Henri de Châtillon
Alexis-Henri de Châtillon.jpg
Portrait d'Alexis-Henri de Châtillon extrait des Volumes consacrés à l'histoire de l'Ordre du Saint-Esprit
Fonctions
Gouverneur
Chartres
à partir de
Capitaine de la Garde (en)
Philippe d'Orléans
à partir de
Premier gentilhomme de la Chambre
Philippe d'Orléans
Titre de noblesse
Marquis
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Autres informations
Unité
Grade militaire
Conflits
Siège de Fribourg (1713) (en)
Siège de BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Coat of arms of Aléxis-Henri de Chatillon.png
Armoirie d'Alexis-Henri, marquis de Châtillon

Alexis-Henri de Châtillon (1652-1737) est un militaire d'Ancien Régime[1][2] et la personnalité la plus proche de l'entourage de Philippe d'Orléans, frère cadet de Louis XIV[1][3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexis-Henri de Châtillon est né le 5 mai 1652[4]. Il est issu d'une maison très ancienne[5], qui a tiré son nom de Châtillon-sur-Marne[5], de rang élevé, mais d'une branche modeste[3], pour ne pas dire pauvre[3]. Second fils de François de Châtillon, seigneur de Bois-rogues[6], et de Madelaine-Françoise Honoré, il est d'abord qualifié comme seigneur de Chantemerle et de la Rambaudière[6].

Philippe d'Orléans l'attacha à sa personne en lui donnant, en 1673[4], la charge de premier Gentilhomme de sa Chambre[1][3], puis en 1674[1], celle de capitaine de sa Garde[4][n 1].

Il fut nommé gouverneur de la ville de Chartres en 1683[4], par Monsieur[1].

Il ne prit le titre de marquis qu'après son mariage, en 1685[7].

Il servit dans l'armée comme mestre de camp du régiment de Chartres[n 2], puis fut promu en 1690 au grade de général de brigade selon les uns[1], à celui de brigadier selon les autres[4]. Entre-temps, il avait reçu la dignité de Chevalier des Ordres du Roi, en 1689[2]

Il fut pourvu de la charge de maréchal de camp le 30 mars 1710[2][4], et servit au siège de Fribourg (1713)[2]. Il fit ensuite le siège de Barcelone où il monta la tranchée[n 3] le 17 juillet 1714[2]. Il ouvrit encore, le 27 août[2], la tranchée devant cette ville, qui capitula le 11 septembre.

Hyacinthe Rigaud a fait son portrait, mais sa localisation reste à ce jour inconnue[7].

Il mourut au château de la Rambaudiere en Poitou[2][Où ?] le 17 mars 1737[4][2].

En 1685, déjà riche, il avait épousé par amour Mlle de Pienne[9].

« C'était sans contredit, le plus beau couple de la cour, et le mieux fait, et du plus grand air. »

— Saint-Simon, XIII 107[9]

Son épouse Marie-Rosalie[modifier | modifier le code]

Marie-Rosalie de Brouilly (-1735)[n 4], fille cadette du marquis de Pienne, se marie au comte de Châtillon[n 5] le 18 mars 1685[2]. Elle devint dame d'atours de la duchesse d'Orléans[4].

« M. de Châtillon, qui était l'homme de France le mieux fait, et dont la figure fit sa fortune chez Monsieur, en obtient malgré Madame, cette place de dame d'atours [pour son épouse] quand Mme de Durasfort mourrut… »

— Saint-Simon, XIV 120[4]

Saint-Simon nous apprend dans ses mémoires qu'ils « se brouillèrent et se séparèrent à ne se jamais revoir.[9] » Séparée de son mari en 1693, elle démissionna de sa charge en 1706 et mourut en 1735 à l'âge de 70 ans.

Son frère aîné Claude-Elzéar[modifier | modifier le code]

Le frère aîné de Châtillon était membre de la Garde du corps royale, et utilisa sa proximité pour plaider devant le roi combien il trouvait injuste que sa carrière (en tant que fils aîné) n'ait pas été avancée au service du roi, alors que celle de son frère cadet l'avait été au service de Monsieur. Le roi répondit[3] :

« On fait fortune au service de mon frère par certains moyens qui feraient perdre sa faveur si l'on était employé dans le mien. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'un des postes de capitaine de la Garde de Monsieur[1], fonction appelée alors « Capitaine des gardes du corps ».
  2. Au régiment de cavalerie de Chartres, qu'il commande, fonction cumulée avec le gouvernement de Chartres[8].
  3. Monter la tranchée, être de service à la tranchée. Littré, « tranchée », définition dans le dictionnaire Littré.
  4. Décédée le 12 septembre 1735 selon certaines sources, en 1744 dans le catalogue raisonné des œuvres de Hyacinthe Rigaud[7]. Elle lui avait donné deux filles :Pulchérie, marquise de Bacqueville et Marie Rosalie.
  5. Alexis Henry, comte de Chatillon. Il ne fut titré marquis de Châtillon qu’en 1685[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Spangler 2021.
  2. a b c d e f g h et i Gazette de France 1766, p. 365.
  3. a b c d et e Spangler 2017, p. 31.
  4. a b c d e f g h et i Newton 2020, p. 2236.
  5. a et b Moréri 1707, p. 196.
  6. a et b Moréri 1732, p. 783-784.
  7. a b c et d Perreau 2021.
  8. Courcillon 1834, p. 142-143.
  9. a b et c Saint-Simon 2013, p. 107.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Philippe de Courcillon, Journal du marquis de Dangeau : publié en entier pour la première fois par MM. Soulié, Dussieux, De Chennevières, Mantz, De Montaiglon, avec les additions inédites du duc de Saint-Simon publiées par M. Feuillet de Conches, t. 1, Paris, Firmin Didot Frères, libraires, (lire en ligne)
  • Gazette de France, Table ou Abrégé des cent trente-cinq volumes de la Gazette de France : Depuis son commencement en 1631 jusqu'à la fin de l'année 1765, t. 1, Paris, Imprimerie de la Gazette de France aux Galleries du Louvre, (lire en ligne), chap. 92
  • Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique : nouvelle et dernère édition revue, corrigée et augmentée par M. Vaultier, t. 2, Paris, Denys Mariette, rue Saint-Jacques, près les Marhurins, à Saint-Augustin, (lire en ligne), Chatillon, nom d'une maison très ancienne
  • Louis Moréri, Le Grand dictionnaire historique : nouvelle et dernère édition revue, corrigée et augmentée [par l'abbé C.-P. Goujet], t. 2, Paris, Pierre-Augustin Le Mercier, rue Saint jacques, à Saint Ambroise, (lire en ligne), Marquis de Chastillon
  • William Ritchey Newton, Almanach de la Cour, Paris, , 2e éd. (lire en ligne), Chatillon, Alexis Henri
  • Stéphan Perreau, « Châtillon, Alexis-Henri de », sur Catalogue raisonné des œuvres de Hyacinthe Rigaud, (consulté le )
  • Saint-Simon, Mémoires de Saint-Simon : Livre 1, tomes 1 à 10, t. 1 à 10, Paris, Culture Commune, (ISBN 9782363077141, lire en ligne)
    Cette édition des Mémoires de Saint-Simon n'est pas la reproduction de l'édition de 1829-1830, ni d'aucune des éditions suivantes ; le texte en a été établi d'après une collation exacte des manuscrits originaux qui apparatiennent à M. le duc de Saint-Simon, collation faite en entier par M. Chéruel, et il n'est presque point de page qui n'ait donné lieu à quelque rectification.
  • (en) Jonathan Spangler, « The Chevalier de Lorraine as “Maître en Titre” : The Male Favourite as Prince, Partner and Patron » [« Le chevalier de Lorraine comme « Maître en titre » : le favori (mâle comme prince, partenaire et patron) »] (article scientifique), Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles (Sociétés de cour en Europe, XVIe-XIXe siècle - European Court Societies, 16th to 19th Centuries),‎ (DOI 10.4000/crcv.14427, lire en ligne, consulté le )
  • (en) Jonathan Spangler, Monsieur. Second Sons in the Monarchy of France, 1550–1800, Londres ; New York, NY, Routledge, Taylor & Francis Group, , 354 p. (ISBN 978-1-00-316589-7, LCCN 2021028617, DOI 10.4324/9781003165897, présentation en ligne), p. 267-268 et 271-272

Voir aussi[modifier | modifier le code]