Affaire Robert Avril

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Affaire Avril
Titre Affaire Robert Avril
Fait reproché Meurtre
Pays Drapeau de la France France
Ville La Chaussée-Tirancourt
Nombre de victimes 1 : Janet Marshall
Jugement
Statut Affaire jugée
Tribunal Cour d'assises de la Somme à Amiens
Date du jugement

L'affaire Robert Avril, qui était appelée affaire Janet Marshall, avant que l'auteur de ce crime soit condamné, est une affaire criminelle française dans laquelle Janet Marshall, institutrice britannique de 29 ans a été tuée, le , à la Chaussée-Tirancourt, par Robert Avril. Il a aussi été arrêté plusieurs fois pour des agressions et des viols sur jeunes femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Janet Marshall est née le [1]. Elle est britannique. Elle est institutrice pour enfants handicapés à Nottingham. Elle a un frère. Elle est célibataire et n'a pas d'enfant. Elle est brune.

Les faits et l'enquête[modifier | modifier le code]

Le , dans la Somme, le corps de Janet Marshall à moitié dévêtu est trouvé dans un fourré en limite des communes de La Chaussée-Tirancourt et Belloy-sur-Somme, au lieu-dit « le chemin des Bruas ». Elle parcourait la France à bicyclette pendant ses vacances d'été[2]. À peine trois ans après l'affaire Dominici, ce nouvel assassinat d'une touriste britannique fait les gros titres de la presse en France et au Royaume-Uni. Les battues ne donnent rien. L'affaire étant hypersensible, l'enquête est confiée à trois commissaires : le commissaire divisionnaire Chabot, son adjoint, le commissaire principal Grassien et le commissaire Léon Castellan de la police judiciaire de Lille. L'enquête piétine et les médias britanniques moquent l'inefficacité de la police française[3].

Le commissaire Chabot met sur le coup le jeune inspecteur Henri Van Assche (1920-2018[4]), celui que la presse finira par baptiser le « Maigret du Nord ». L'enquête est difficile, les témoignages contradictoires. Van Assche a l'idée de faire réaliser un portrait-robot élaboré à partir de témoignages au sujet d'un inconnu à l'air patibulaire aperçu à plusieurs reprises en train d'écumer les environs sur sa bicyclette. Au bout de quelques mois, Van Assche et ses collègues établissent le lien entre le meurtre de Janet Marshall et un vélomoteur volé retrouvé tout près. Quelque temps plus tard, après un accident en région parisienne, un homme prend la fuite en abandonnant un autre vélomoteur volé. Il a la main gauche mutilée (trois doigts en moins), détail donné par plusieurs témoins. Il s'agit de Robert Avril, un vagabond de 43 ans, précédemment condamné pour viol et sorti de prison en juillet dernier. Dans son dossier criminel, la photo anthropométrique ressemble au portrait-robot. Arrêté le , il passe aux aveux au quatrième jour d'interrogatoire, racontant qu'il a étranglé l'institutrice qui refusait ses avances[5].

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

Le , il est condamné par la cour d'assises de la Somme aux travaux forcés à perpétuité[6]. En , il bénéficie d'une grâce présidentielle qui fait réduire sa peine à 20 ans de réclusion criminelle. Par le jeu des remises de peine automatiques, il est libéré en après 15 ans de détention. En 1994, il est fauché sur sa mobylette par une automobiliste sur la route nationale 10 à Trappes. Il meurt trois jours plus tard, le , à l'âge de 81 ans[7]. Il était palefrenier au Chesnay (Yvelines)[7]. Robert Avril est enterré dans le hameau de Mérangle, à Germainville (Eure-et-Loir).

Postérité[modifier | modifier le code]

L'affaire est restée célèbre pour avoir donné lieu à l'une des toutes premières diffusions d'un portrait-robot en France grâce à Henri Van Assche qui fait appel au chef de la 2e brigade mobile de Lille, Émilien Paris. Ce dernier a déjà tenté cette technique lorsqu'il était en poste à Lyon en 1953 mais elle a fait interpeller un commerçant lyonnais innocent[8]. Ce premier échec ne compromet pas l'avenir du portrait-robot, Émilien Paris ayant depuis amélioré la technique dont le précurseur est Roger Dambron[5],[9].

Selon certains journalistes, le traumatisme causé dans la région ne serait pas étranger à la dérive meurtrière de Marc Fasquel. Âgé de huit ans au moment des faits, ce natif de la Chaussée-Tirancourt s'est illustré trente ans plus tard par une série de viols et par deux assassinats, perpétrés avec la complicité de sa compagne Jocelyne Bourdin[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jay Robert Nash, Encyclopedia of World Crime, CrimeBooks, , p. 191.
  2. Le Monde, 31 août 1955.
  3. « L'affaire Miss Janet Marshall », site d'André Sehet, ancien maire de la Chaussée-Tirancourt.
  4. « À la mémoire de monsieur Henri Van Assche », sur memoire.lavoixdunord.fr, La Voix du Nord, (consulté le 6 août 2019).
  5. a et b Le Monde, 2 mai 1958.
  6. Le Monde, 9 mai 1958.
  7. a et b Raymond Clément, Almanach des crimes et catastrophes, Éditions du Panthéon, , p. 42.
  8. Richard Marlet, Les experts entrent en scène, éditions First, , p. 87.
  9. Vosges Matin, 30 juillet 2013.
  10. Le Courrier picard, 27 novembre 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Béal, Philippe Randa, Crimes en Picardie, Martelle, 1993.
  • André Sehet, L'affaire Miss Janet Marshall, Racines Calcéennes, 2015.

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

  • « L'affaire Janet Marshall », dans L'heure du crime, les et , présenté par Jacques Pradel sur RTL.
  • « L'affaire Janet Marshall », dans Hondelatte raconte, le , présenté par Christophe Hondelatte sur Europe 1.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Page personnelle d'André Sehet, ancien maire de La Chaussée-Tirancourt consacrée à l'affaire.