Aboulie

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L’aboulie (du grec ἀϐουλία / aboulía, composé du préfixe privatif ἀ- (a-) et de βουλή « volonté ») est un trouble mental qui se traduit par un affaiblissement brutal ou progressif de la volonté pouvant aller jusqu'à sa disparition totale, entraînant une inhibition de l'activité tant physique qu'intellectuelle.

La volonté, en psychologie, est la capacité à accomplir un acte de façon intentionnelle, consciemment : quel qu'en soit son désir, la personne qui souffre d'aboulie éprouve des difficultés qui peuvent être intenses à exécuter les actes pourtant planifiés, se fixer un objectif et se concentrer dessus, prendre des décisions, communiquer... Elle n'a plus la maîtrise de sa volonté.

À un degré léger l'attention et la concentration sont perturbées, la prise de décision est difficile, le passage de l’idée à l'acte est lent et fastidieux, soutenu avec difficulté, les actes les plus simples demandent des efforts disproportionnés, une mobilisation d'énergie et un temps anormalement importants. À un degré extrême tout prise de décision et tout passage à l'action, même pour les actes les plus élémentaires, deviennent impossibles, la privation de volonté est totale.

Malgré ce ralentissement de l'activité, la fonction intellectuelle n'est pas atteinte et le sujet conserve toute sa lucidité ; il est conscient de cet état de fait, et souffre de son impuissance à agir, de ses conséquences, comme de l'incompréhension de son entourage.

Ce trouble de la volonté semble proche de l’apragmatisme mais il n'y a dans ce dernier ni planification ni même intention d'agir, contrairement à ce qui est constaté dans l'aboulie. Il ne s'agit pas non plus de procrastination, qui en est cependant une des conséquences, ni d'apathie, bien que l'association avec ce syndrome soit rencontrée dans de nombreuses pathologies, et qu'il soit possible que la personne atteinte d'aboulie devienne apathique en réaction à ce handicape, une diminution de la dimension affective de la personnalité pouvant parfois être constatée.

On retrouve l'aboulie dans le syndrome post-commotionnel et le syndrome frontal, dans différentes pathologies psychiatriques ou neuropsychiatriques thymiques : épisode dépressif majeur, dysthymie, schizophrénie (symptôme négatif), trouble de l'adaptation de type dépressif, démence fronto-temporale lobaire (démence dégénérative, dont c'est un des tout premiers symptômes) ou de type Alzheimer... mais également dans des pathologies dont les causes sont inconnues ou mal comprises telles que la narcolepsie ou la maladie de Behçet (qu'on soupçonne toutes deux d'être auto-immunes), ainsi que dans des syndromes dont l'existence en tant qu'entité est encore en discussion tels que le syndrome de fatigue chronique ou le syndrome d'épuisement professionnel (burnout).

Elle fait partie des conséquences d'une atteinte dopaminergique[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Guénard, Physiologie humaine, Pradel,‎ , 607 p. (présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]