Abou Moussab al-Souri

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Mustafa Setmariam Nasar
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (63 ans)
AlepVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
أبو مصعب السوريVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
مصطفى بن عبد القادر ست مريم نصارVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Religion

Abou Moussab al-Souri, né Mustafa bin Abd al-Qadir Setmariam Nasar (مصطفى بن عبد القادر ست مريم نصار en arabe) en octobre 1958 à Alep en Syrie, est un théoricien djihadiste lié à al-Qaïda.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a environ 24 ans quand il participe à l’insurrection de la grande ville syrienne de Hama (400 000 habitants), en , qui est un des événements fondateurs du djihadisme global[1]. Le 2 février, les forces paramilitaires des Frères musulmans estimées à 250 ou 300 personnes prennent le contrôle de la grande ville de Hama[1]. L’appel au djihad lancé, des fonctionnaires du gouvernement sont assassinés froidement au cours d'affrontements puis d'une répression durant plus d’un mois[1]. Après la fuite de la majorité des islamistes dont Al-Souri, la population est tenue pour responsable de l’insurrection par le régime qui fait entre 20 et 25 000 morts pour l'exemple[1]. Il gagne la France, puis se rend en Espagne où il épouse une Espagnole athée, ce qui lui permet d’avoir le passeport indispensable pour ses futurs voyages[1]. En 1995, il rejoint Oussama ben Laden en Afghanistan, où son aura de vétéran du djihad acquise à Hama lui permet d’organiser, en 1997, la première interview du fondateur d’Al-Qaïda sur CNN par Peter Bergen[1].

De retour en Espagne en 1992, al-Souri soutient le Groupe islamique armé algérien[1]. Il est recherché en Espagne pour l'attentat du El Descanso de 1985 (en) ainsi que comme témoin dans les attentats de Madrid du 11 mars 2004[2]. Il est également suspecté d'être le cerveau des attentats de Londres du 7 juillet 2005[3]. Beaucoup le considèrent comme « le représentant le plus éloquent du djihad moderne et de ses stratégies les plus sophistiquées[4],[5] ». Selon le journaliste américain Bergen qui le rencontre en 1996 : « Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très au courant de l'histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m'a davantage impressionné que Ben Laden »[6].

Décès[modifier | modifier le code]

En 2005, avec deux de ses compagnons, Abou Mousab As-Souri est arrêté par les services de renseignements pakistanais et livré à la CIA par qui il sera emprisonné pendant plusieurs mois. Au bout de plusieurs mois d'enquête, les Américains comprennent que Abou Moussab n'est pas un membre d'Al-Qaida mais un "simple" islamiste, et qu'il n'est pas responsable d'acte terroriste aux États-Unis. N'ayant aucune preuve contre lui, mais ne pouvant pas le libérer comme ça, il est envoyé à Damas, sous la supervision du général Assef Shawkat, chef de la division des services de renseignements militaires[7].

Selon Abou Khaled al-Souri ami proche d'Abou Moussab, emprisonné avec lui, le général Assef a commencé à négocier avec lui pour qu'il abandonne ses idées et l'écriture. Abu Mussab à refuser car il serait un auteur connu donc qu'il ne pouvait pas[7].

Abu Moussab a été torturé presque régulièrement par les services de renseignements syrien, jusqu'à son transfert à l'été 2011 vers la prison de Sednaya. Selon plusieurs témoignages de différentes sources, dont une association, Abou Khaled al-Souria été libéré avec plusieurs centaines d'islamistes lors du début de la guerre civile syrienne, tandis que As-Souri n'a pas eu cette chance. Torturer de façon intensive, il a été présenté dans un tribunal militaire pour être juger pour appartenance à l'avant-garde combattante et à la branche militaire des frères musulmans syrien dans les années 80 lors du règne de Hafez Al-Assad. Cela s'est produit rapidement car Abou Moussab était déjà mourant suite aux tortures commises sur sa personne par le régime syrien [7].

Il sera inhumée dans le cimetière Al-Najha dans la campagne de Damas, dans un cimetière où le régime syrien avait l'habitude d'enterrer ceux qu'il avait exécuter ou décédé lors de torture[7]

Cependant il y a aucune confirmation officiel de sa mort, donc un doute persiste encore. Mais selon plusieurs sources, cette thèse est la plus probable contenu du nombre important de personne, dont son ami Abou Khaled As-Souri, pour corroborer cette thèse. Depuis 2011 il n'y a aucun signe de vie de sa part.

Cependant, en 2014, Ayman al-Zawahiri, à l'occasion de l'enregistrement vidéo de l'éloge funèbre d'un autre chef djihadiste, Abou Khaled al-Souri, fait référence à Abou Moussab al-Souri en demandant à Dieu sa libération, indiquant par là que celui-ci serait toujours détenu. [8].

Argumentaire[modifier | modifier le code]

Selon l'islamologue Gilles Kepel, son Appel à la résistance islamique mondiale de 1600 pages aurait transformé l'idéologie du djihadisme international. Il recommanderait la guerre civile en Europe menée par la jeunesse musulmane immigrée qui devrait être préparée à « enclencher la dislocation finale de l’Occident, préalable au triomphe mondial de l’islamisme[9] ». Plutôt que de frapper les États-Unis, Abou Moussab al-Souri préconise de viser l'Europe, « ventre mou » de l'Occident, afin de provoquer des réactions islamophobes qui pousseraient les musulmans européens à rejoindre les rangs djihadistes[6]. Pour le journaliste Éric Leser, « Selon Abou Moussab al-Souri, il faut viser les juifs, les policiers, les militaires, les églises, les grands événements sportifs et culturels. Il faut dresser les populations contre les musulmans et contraindre ainsi ces derniers à choisir un camp[10] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Jean-Pierre Perrin, « Al-Souri, le théoricien du troisième djihad », mediapart.fr, (consulté le )
  2. (en) Associated Press, « Major Al Qaeda Leader Arrested in Pakistan », sur Fox News, (consulté le )
  3. (en) David Samuels, « The New Mastermind of Jihad A recently freed Islamist thinker has long advocated small-scale, independent acts of anti-Western terror », sur wsj.com, .
  4. (en) Malise Ruthven, The Rise of the Muslim Terrorists, New York Review of Books, p. 33-36.
  5. (en) William Maclean, « Al Qaeda ideologue in Syrian detention - lawyers », sur Reuters, (consulté le )
  6. a et b Roland Gauron, Abou Moussab al-Souri, l'inspirateur des attentats de Paris, Le Figaro, 25 novembre 2015.
  7. a b c et d https://www.syria.tv/%D8%A2%D8%AE%D8%B1-%D8%A3%D9%8A%D8%A7%D9%85-%D8%A3%D8%A8%D9%8A-%D9%85%D8%B5%D8%B9%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A
  8. (en-US) Thomas Joscelyn, « Zawahiri eulogizes al Qaeda’s slain Syrian representative | FDD's Long War Journal », FDD's Long War Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Depuis 2005, la fulgurante percée du «djihadisme de proximité» français, Henri Tincq, 15 janvier 2016, Slate Magazine
  10. Terrorisme: le mythe du loup solitaire, Éric Leser, Slate.fr, 29 mai 2017

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Brynjar Lia, Architect of Global Jihad: The Life of Al Qaeda Strategist Abu Mus'ab Al-Suri, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-70030-6)
  • (en) Jim Lacey, A Terrorist's Call to Global Jihad: Deciphering Abu Musab al-Suri's Islamic Jihad Manifesto, Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-462-5)