Abou Moussab al-Souri

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Mustafa Setmariam Nasar
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (61 ans)
AlepVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
أبو مصعب السوريVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Religion

Abou Moussab al-Souri, né Mustafa bin Abd al-Qadir Setmariam Nasar (مصطفى بن عبد القادر ست مريم نصار en arabe) en octobre 1958 à Alep en Syrie, est un théoricien djihadiste lié à al-Qaïda.

Il a la citoyenneté espagnole depuis la fin des années 1980 à la suite de son mariage avec une Espagnole[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a environ 24 ans quand il participe à l’insurrection de la grande ville syrienne de Hama (400 000 habitants), en , qui est un des événements fondateurs du djihadisme global[2]. Le 2 février, les forces paramilitaires des Frères musulmans estimées à 250 ou 300 personnes prennent le contrôle de la grande ville de Hama[2]. L’appel au djihad lancé, des fonctionnaires du gouvernement sont assassinés froidement au cours d'affrontements puis d'une répression durant plus d’un mois[2]. Après la fuite de la majorité des islamistes dont Al-Souri, la population est tenue pour responsable de l’insurrection par le régime qui fait entre 20 et 25 000 morts pour l'exemple[2]. Il gagne la France, puis se rend en Espagne où il épouse une Espagnole athée, ce qui lui permet d’avoir le passeport indispensable pour ses futurs voyages[2]. En 1995, il rejoint Oussama ben Laden en Afghanistan, où son aura de vétéran du djihad acquise à Hama lui permet d’organiser, en 1997, la première interview du fondateur d’Al-Qaïda sur CNN par Peter Bergen[2].

De retour en Espagne en 1992, al-Souri soutient le Groupe islamique armé algérien[2]. Il est recherché en Espagne pour l'attentat du El Descanso de 1985 (en) ainsi que comme témoin dans les attentats de Madrid du 11 mars 2004[3]. Il est également suspecté d'être le cerveau des attentats de Londres du 7 juillet 2005[4]. Beaucoup le considèrent comme « le représentant le plus éloquent du djihad moderne et de ses stratégies les plus sophistiquées[1],[5] ». Selon le journaliste américain Bergen qui le rencontre en 1996 : « Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très au courant de l'histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m'a davantage impressionné que Ben Laden »[6].

Argumentaire[modifier | modifier le code]

Selon l'islamologue Gilles Kepel, son Appel à la résistance islamique mondiale de 1600 pages aurait transformé l'idéologie du djihadisme international. Il recommanderait la guerre civile en Europe menée par la jeunesse musulmane immigrée qui devrait être préparée à « enclencher la dislocation finale de l’Occident, préalable au triomphe mondial de l’islamisme[7] ». Plutôt que de frapper les États-Unis, Abou Moussab al-Souri préconise de viser l'Europe, « ventre mou » de l'Occident, afin de provoquer des réactions islamophobes qui pousseraient les musulmans européens à rejoindre les rangs djihadistes[6]. Pour le journaliste Éric Leser, « Selon Abou Moussab al-Souri, il faut viser les juifs, les policiers, les militaires, les églises, les grands événements sportifs et culturels. Il faut dresser les populations contre les musulmans et contraindre ainsi ces derniers à choisir un camp[8] ».

Depuis 2005[modifier | modifier le code]

Nasar a été capturé par les forces de sécurité pakistanaises en 2005 (en), détenu par la CIA[6] et restitué à la Syrie où il était recherché[3],[5]. Selon certaines sources il aurait été relâché par le président syrien Bachar el-Assad dans le cadre d'une stratégie qui viserait à transformer l’insurrection populaire en une guerre djihadiste[2]. Cependant, en 2014, Ayman al-Zawahiri, à l'occasion de l'enregistrement vidéo de l'éloge funèbre d'un autre chef djihadiste, Abou Khaled al-Souri, fait référence à Abou Moussab al-Souri en demandant à Dieu sa libération, indiquant par là que celui-ci serait toujours détenu[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Malise Ruthven, The Rise of the Muslim Terrorists, New York Review of Books, p. 33-36
  2. a b c d e f g et h Jean-Pierre Perrin, « Al-Souri, le théoricien du troisième djihad », mediapart.fr, (consulté le 21 avril 2017)
  3. a et b (en) Associated Press, « Major Al Qaeda Leader Arrested in Pakistan », sur Fox News, (consulté le 20 novembre 2015)
  4. (en) David Samuels, « The New Mastermind of Jihad A recently freed Islamist thinker has long advocated small-scale, independent acts of anti-Western terror », sur wsj.com, .
  5. a et b (en) William Maclean, « Al Qaeda ideologue in Syrian detention - lawyers », sur Reuters, (consulté le 30 novembre 2015)
  6. a b et c Roland Gauron, Abou Moussab al-Souri, l'inspirateur des attentats de Paris, Le Figaro, 25 novembre 2015.
  7. Depuis 2005, la fulgurante percée du «djihadisme de proximité» français, Henri Tincq, 15 janvier 2016, Slate Magazine
  8. Terrorisme: le mythe du loup solitaire, Éric Leser, Slate.fr, 29 mai 2017
  9. (en-US) Thomas Joscelyn, « Zawahiri eulogizes al Qaeda’s slain Syrian representative | FDD's Long War Journal », FDD's Long War Journal,‎ (lire en ligne, consulté le 24 avril 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Brynjar Lia, Architect of Global Jihad: The Life of Al Qaeda Strategist Abu Mus'ab Al-Suri, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-70030-6)
  • (en) Jim Lacey, A Terrorist's Call to Global Jihad: Deciphering Abu Musab al-Suri's Islamic Jihad Manifesto, Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-462-5)