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Œil de la Providence

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Œil de la Providence
Œil de la providence chrétien de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle.
Présentation
Type
symbole

L'œil de la Providence, ou l'œil de Dieu, ou l'œil omniscient, est un symbole métaphorique et allégorique universel, représenté par un œil dans un triangle entouré de rayons de lumière. Repris par diverses religions et sociétés philosophiques, ésotériques ou mystiques, il est généralement interprété comme la représentation de l'œil de Dieu et de la providence divine, exerçant sa présence et sa surveillance universelle sur l'humanité.

La vision et la connaissance illimitée (métaphore de l'omniscience et de l'illumination religieuse) est l'attribut de la divinité, avec un œil, un triangle et de la lumière pour symboles allégoriques. Il représente l'idée que cette divinité voit tout, et que rien ne lui échappe des pensées et des actions humaines, même les plus cachées. Cette connaissance absolue (confinant à la surveillance morale) est attribuée à diverses divinités, dont :

Dans l'iconographie chrétienne plus récente (libérée de l'aniconisme), l'œil divin apparaît souvent dans le ciel, entouré de nuées qu'il dissipe : il rayonne de lumière, symbole de vérité et de connaissance. Le Dieu chrétien est omniscient, mais aussi omniprésent et omnipotent. Voir, savoir et agir sont ses attributs étroitement reliés entre eux. Cet œil peut aussi être inscrit dans un triangle, symbole de la Trinité divine[1].

Franc-maçonnerie

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L'œil de la providence au-dessus de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 de Jean-Jacques Le Barbier.

Ce symbole, très populaire au XVIIIe siècle dans le mouvement des Lumières, est repris sur divers supports et peut avoir des significations plus ou moins différentes. Il est par exemple visible dans le haut du tableau de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 par Jean-Jacques Le Barbier dit l'aîné.

L'œil de la Providence est aussi repris dans l'iconographie de la franc-maçonnerie, au centre d'un triangle équilatéral rayonnant parfois appelé « delta lumineux ». Il est là aussi un symbole divin, emprunté au christianisme (supra), mais désigne soit, dans une logique déiste, le Grand Architecte de l'Univers, ou le « Grand Horloger » divin, soit, de manière plus métaphorique, l'idéal de connaissance de la vérité[2].

Des variations visuelles du symbole peuvent être trouvées : le delta peut comporter un vide en son centre ; l'œil peut être remplacé par le tétragramme sacré, par la lettre « G » (supra) signifiant géométrie, gnose ou bien Dieu (God, en anglais)[2],[3].

Aux États-Unis

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L'« Œil de la Providence », et les devises Annuit cœptis et Novus ordo seclorum, flottant au-dessus d'une pyramide inachevée, au revers du grand sceau des États-Unis.
Billet de 1 dollar américain.
Projet du billet, portant les demande de modification et signature de Roosevelt.

L'œil de la Providence le plus connu est sûrement celui qui figure au verso du billet américain d'un dollar, qui n'est en réalité que la reproduction du grand sceau des États-Unis. La présence de ce symbole sur le sceau officiel est bien le signe des influences de la franc-maçonnerie sur l'histoire des États-Unis, qui fut importante au XVIIIe siècle lors de la révolution américaine (George Washington, Benjamin Franklin...) puis fluctua jusqu'au début du XXe siècle (Theodore Roosevelt). Le dernier président américain franc-maçon fut Gerald Ford (1974-1977).

L'utilisation de l'Œil dans la franc-maçonnerie n'incorpore pas de pyramide, bien qu'il soit souvent représenté dans un triangle : il s'agit d'une spécificité du dessin des billets américains. Parmi les trois membres du comité qui créa le dessin original du Grand Sceau, seul Benjamin Franklin était franc-maçon. Thomas Jefferson soutenait ouvertement les idées de la franc-maçonnerie, assistait à certaines réunions ouvertes aux non-initiés et était proche de certains francs-maçons, mais rien ne prouve qu'il en eût été lui-même membre[réf. nécessaire].

Le dessin original du billet de 1 dollar américain de 1935 fut approuvé par le président de l'époque, Franklin Delano Roosevelt, qui demanda des modifications (illustration). Avec sa signature d'accord, Roosevelt, qui était franc-maçon, inclut un petit croquis qui inversait la présentation du Grand Sceau de façon que le verso du sceau (la face qui inclut l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide) apparaisse à gauche et le recto à droite. Il fit également ajouter les mots « The Great Seal » (Le Grand Sceau) sous l'Œil de la Providence, et « of the United States » (des États-Unis) sous le dessin de l'aigle à tête blanche du recto du Sceau. Le secrétaire à l'Agriculture des États-Unis Henry Wallace et le secrétaire du Trésor Henry Morgenthau Jr., tous deux francs-maçons, furent également impliqués dans le changement du design du billet de 1935[4]. Henry Wallace était persuadé que les États-Unis avaient été choisis pour établir un futur « Nouvel ordre des âges ». Dans ces déclarations de l'époque figurent plusieurs discours empreints d'une dévotion religieuse aux accents prophétiques[5]. Les déistes francs-maçons rejetaient l'idée de la chute qui porte avec elle la nécessité d'une rédemption ou d'une révélation spéciale de Dieu. Pour eux, l'idée de Dieu était innée dans l'esprit humain depuis ses origines, de telle sorte que par l'usage de son intelligence, l'homme peut arriver à la reconnaissance de l'existence de Dieu. Dans le billet d'un dollar, les pères fondateurs de la nation ont inscrit symboliquement leur vision du monde et leur mythe fondateur[6].

Théorie du complot

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Une théorie du complot maçonnique cherche à démontrer que la présence de l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide inachevée sur le Grand sceau des États-Unis d'Amérique est le signe d'un complot d'établissement du Nouvel ordre mondial (théorie du complot). Cette théorie est reprise entre autres comme thème de scénarios de films de cinéma, avec par exemple Benjamin Gates et le Trésor des Templiers de Jon Turteltaub et Walt Disney Pictures (2004).

Quelques variantes

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Variantes littéraires, artistiques, astronomiques, allégoriques

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  • Dans son poème de La Légende des Siècles intitulé La conscience[7], Victor Hugo conclut par l'un de ses vers les plus célèbres : L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.
  • Dans le manga Yu-Gi-Oh!, le puzzle du Millénium a la forme d'une pyramide de couleur or, à la pointe en bas et avec une sorte d'œil oudjat du dieu égyptien Horus au milieu d'une de ses quatre faces.
  • Histoire de l'œil, successivement celui des personnages de Granero, don Aminado, Marcelle... littérature pornographique de l'écrivain français Georges Bataille alias Lord Auch. En premier épilogue du Petit, et à la fois en préface de cette Histoire, l'auteur fait référence à l'une de ses œuvres précédentes de jeunesse, antérieure d'un an mais déjà disparue, "W.-C.", dont un dessin représentait l'œil de l'échafaud. Solitaire, solaire, hérissé de cils, il s'ouvrait dans la lunette de la guillotine (...) Venant de l'horizon, le chemin de l'éternité passait là. Plus loin, Bataille l'assimile à un "œil de la conscience"[8].
  • Certains cratères de la Lune, en particulier pleine, peuvent faire penser à un œil céleste cyclopéen, ou plusieurs yeux voire des narines, bouche, etc., depuis la nuit des temps, et ainsi contribuer à personnifier notre satellite naturel en lui donnant visage simili-humain, ainsi qu'ont pu le faire par exemple, de manière "fantastico-poético-humoristique" (et/ou au contraire un peu "effrayante"), Georges Méliès dans son film Le Voyage dans la Lune, ainsi que maints auteurs de dessins, animés et fixes.
La Lune de Méliès a un visage,
et même un œil qui "fuse".
  • Il en va souvent de même de notre étoile la plus proche, le Soleil, personnifiable à tout-va, et dont les rayons ont pu inspirer ceux de l'œil de Dieu / omniscient.
  • L'astre lunaire (ou le solaire) en lui-même, y compris non personnifié et notamment en cas de pleine Lune, peut évoquer un œil de la Providence, qui certes éclaire, nuitamment, mais aussi veillerait voire "surveillerait" ou refléterait l'âme de ses observateurs les plus imaginatifs.

Notes et références

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  1. Déonna Waldemar, Le symbolisme de l'œil, Paris, École française d'Athènes, , 321 p.
  2. a et b Alain Bauer et Roger Dachez, Lexique des symboles maçonniques, Paris, PUF, coll. « Que sais-je? », , 127 p. (ISBN 978-2-13-061758-7, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 77.
  3. Solange Sudarskis, Vocabulaire de l'apprenti franc-maçon, éditions de La Hutte, , p. 87.
  4. Les Grands Mystères de l'Histoire, no 40, février 2009, L'histoire secrète des États-Unis, p. 28.
  5. Cela prendra encore le temps de la reconnaissance du Grand Architecte de l'Univers avant que la pierre de faîte ne s'ajuste finalement sur la pyramide et que la nation soit en possession de son pouvoir pour être en mesure d'assurer son rôle de leadership sur les nations du monde pour établir le Nouvel ordre des Âges, dans Les Grands Mystères de l'Histoire, no 40, février 2009, L'histoire secrète des États-Unis, p. 28.
  6. Fernand Félix Schwarz, Le sacré camouflé ou la crise symbolique du monde actuel, Cabédita, , 116 p.
  7. Sur le site poética par exemple.
  8. Georges Bataille, Histoire de l'œil (plusieurs éditions à partir de 1927/28), in "Romans et récits", Bibliothèque de la Pléiade, nrf, Gallimard, volume 511 (ISBN 2-07-011598-4), dépôt légal en octobre 2004, imprimé en France, pages 363 et 364.

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Articles connexes

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Liens externes

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