Œil de la Providence

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Œil de la Providence.
L'« Œil de la Providence » flottant au-dessus d'une pyramide inachevée, au revers du Grand sceau des États-Unis d'Amérique.

L'Œil de la Providence ou l'« œil omniscient » (all-seeing eye) est un symbole montrant un œil entouré par des rayons de lumière et habituellement dans la forme d'un triangle. Il est généralement interprété comme la représentation de l'œil de Dieu exerçant sa surveillance sur l'Humanité.

Origine[modifier | modifier le code]

L'« œil omniscient », cathédrale d'Aix-la-Chapelle

La puissance visuelle illimitée est l'attribut de la divinité, dont l'œil est le symbole. Dieu voit tout, rien ne lui échappe des pensées et des actions humaines, même les plus cachées. Dieu est omniscient, omniprésent, omnipotent. Voir, savoir et agir sont ses attributs étroitement reliés entre eux. Cette connaissance absolue est attribuée aux dieux de l'Inde, Indra ou Varuna, à ceux de l'Iran, comme Ahura Mazda. Dans les civilisations mésopotamiennes, des yeux votifs sont taillés en ronde bosse dans la pierre, portant le nom de la divinité à laquelle ils sont offerts. Sur des monnaies celtiques, l'œil divin est aussi représenté. Des représentations d'un œil omniscient se trouvent dans la mythologie égyptienne, avec l'œil Oudjat qui est aussi un symbole de protection. Comme dans l'antiquité, l'œil du Dieu des monothéismes juif, chrétien ou musulman voit et entend tout. Parfois, l'œil divin apparaît dans le ciel, entoure de nuées qu'il dissipe, il rayonne de lumière. Il peut aussi être inscrit dans un triangle, symbole de la Trinité divine[1].

États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

Ce symbole est présent sur le Grand sceau des États-Unis d'Amérique.

France[modifier | modifier le code]

L'œil de la providence au-dessus de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

L'œil de la providence est visible dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

L’œil de la providence se retrouve au plafond de la nef de l'église de la ville de Bois-le-Duc (ou 's Hertogenbosch).

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Une des représentations de l'Œil de la Providence avec des nuages et les rayons du soleil en demi-cercle.

L'Œil de la Providence apparait également dans l'iconographie de la franc-maçonnerie, au centre d'un triangle rayonnant parfois appelé « delta lumineux ». Des variations du symbole peuvent être trouvés, l'œil étant remplacé par la lettre « G » [réf. souhaitée] signifiant Géométrie ou bien Dieu (God en Anglais). Le G peut aussi signifier Gravitation, Génie, Génération ou Gnose.

Une théorie du complot cherche à démontrer que l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide inachevée sur le Grand sceau des États-Unis d'Amérique est le signe des influences de la franc-maçonnerie dans la fondation des États-Unis. Cette théorie est adaptée au cinéma en 2004 dans le film de Disney, Benjamin Gates et le Trésor des Templiers. L'utilisation de l'Œil dans la franc-maçonnerie n'incorpore pas de pyramide, bien que le triangle dans lequel il est représenté soit souvent interprété de la sorte.

Parmi les trois membres du comité qui créa le dessin original du Grand Sceau, seul Benjamin Franklin était franc-maçon. Thomas Jefferson soutenait ouvertement les idées de la franc-maçonnerie, assistait aux réunions[précision nécessaire] et était proche de certains francs-maçons, mais rien ne prouve qu'il eût été lui-même membre.

Certaines organisations francs-maçonniques ont explicitement nié qu'il y avait un rapport entre elles et la création du sceau. Elles revendiquèrent que la partie de la pyramide du Sceau n'avait aucune signification symbolique de la franc-maçonnerie et que l'Œil de la Providence ne fut pas adopté comme un symbole de la franc-maçonnerie avant 1797[réf. souhaitée].

Dollar américain[modifier | modifier le code]

Billet de 1 dollar actuel (2007)
Projet du billet, portant la demande de modification et signature de Roosevelt

L'Œil de la Providence le plus connu est sûrement celui qui figure au verso du billet américain de un dollar. Le design original du billet de 1935 fut approuvé par le président de l'époque, Franklin D. Roosevelt, qui demanda des modifications. Avec sa signature d'accord, Roosevelt, qui était franc-maçon, inclut un petit croquis qui inversait la présentation du Grand Sceau de façon que le verso du sceau (la face qui inclut l'Œil de la Providence au sommet d'une pyramide) apparaisse à gauche et le recto à droite. Il fit également ajouter les mots « The Great Seal » (Le Grand Sceau) sous l'Œil de la Providence, et « of the United States » (des États-Unis) sous le dessin de l' aigle à tête blanche du recto du Sceau. Le Secrétaire à l'Agriculture des États-Unis Henry A. Wallace et le Secrétaire du Trésor Henry Morgenthau Jr., tous deux francs-maçons, furent également impliqués dans le changement du design du billet de 1935[2]. Henry A. Wallace était persuadé que les États-Unis avaient été choisis pour établir un futur « Nouvel ordre des âges ». Dans ces déclarations de l'époque figurent plusieurs discours empreints d'une dévotion religieuse aux accents prophétiques[3]. Les déistes franc-maçons rejetaient l'idée de la chute qui porte avec elle la nécessité d'une rédemption ou d'une révélation spéciale de Dieu. Pour eux, l'idée de Dieu était innée dans l'esprit humain depuis ses origines, de telle sorte que par l'usage de son intelligence, l'homme peut arriver à la reconnaissance de l'existence de Dieu. Dans le billet d'un dollar, les pères fondateurs de la nation ont inscrit symboliquement leur vision du monde et leur mythe fondateur[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Déonna Waldemar, Le symbolisme de l'oeil, Paris, Ecole Française d'Athènes,‎ , 321 p.
  2. Les Grands Mystères de l'Histoire, no 40, février 2009, L'histoire secrète des États-Unis, p. 28
  3. Cela prendra encore le temps de la reconnaissance du Grand Architecte de l'Univers avant que la pierre de faîte ne s'ajuste finalement sur la pyramide et que la nation soit en possession de son pouvoir pour être en mesure d'assurer son rôle de leadership sur les nations du monde pour établir le Nouvel ordre des Âges in Les Grands Mystères de l'Histoire, no 40, février 2009, L'histoire secrète des États-Unis, p. 28
  4. Fernand Felix Schwarz, Le sacré camouflé ou la crise symbolique du monde actuel, Cabédita,‎ , 116 p.