Île Pitcairn

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Île Pitcairn
Pitcairn Island (en)
Image satellite de l'île Pitcairn.
Image satellite de l'île Pitcairn.
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Archipel Îles Pitcairn
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 25° 03′ 14″ S 130° 06′ 16″ O / -25.053889, -130.10444425° 03′ 14″ S 130° 06′ 16″ O / -25.053889, -130.104444
Superficie 5 km2
Point culminant Pawala Valley Ridge (347 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Territoire britannique d'outre-mer Îles Pitcairn
Démographie
Population 67 hab. (2011)
Densité 13,4 hab./km2
Gentilé Pitcairnais
Plus grande ville Adamstown
Autres informations
Fuseau horaire UTC-8

Géolocalisation sur la carte : Océanie

(Voir situation sur carte : Océanie)
Île Pitcairn
Île Pitcairn
Îles du Royaume-Uni

L'île Pitcairn, en anglais Pitcairn Island (ou « les îles Pitcairn ») , est une île de l'océan Pacifique, île principale du territoire britannique des îles Pitcairn et abritant la capitale Adamstown. Pitcairn se situe à environ 5 000 km des côtes de la Nouvelle-Zélande et autour de 5 700 km de celles de l'Amérique du Sud et n'est accessible que par bateau depuis l'archipel des Gambier (possédant la piste d'atterrissage la plus proche (environ 540km au W-NW).

Géographie[modifier | modifier le code]

C'est la seule île habitée de cette partie de l'archipel qui comprend aussi les îles Henderson, Ducie et Oeno. Les habitants de Pitcairn sont pour la plupart des descendants des mutins du Bounty et de leurs femmes polynésiennes qui ont trouvé là une île vierge à (re)coloniser (car l'île avait été vidée de ses habitants, suite à sa déforestation « qui a rendu de plus en plus difficile la construction de pirogues à Mangareva et à Pitcairn »[1], comme dans l'île de Pâques, ce qui a isolé les habitants à partir d'une période comprise entre 1000 et 1450[1],[2],[3]).

En tant que « Pays dépendant du Royaume-Uni », l'économie et certains travaux insulaires peut bénéficier d'aides européennes[4]

En créole, Pitcairn se prononce Pitkern.

C'est l'une des cinq îles étudiées par Diamond dans son livre sur le risque de collapsus écologique chez les sociétés insulaires qui surexploitent leur environnement[1] (les autres cas sont l’île de Pâques, l'île Henderson, le peuple des Indiens Anasazi, et ceux des Mayas et des Vikings).

Géologie[modifier | modifier le code]

A la différence des autres îles de la région qui sont des atolls coralliens (sauf Mangareva), l'île est ici entièrement d'origine volcanique. Elle est d'ailleurs située sur l'un des points chauds de l'hémisphère sud (dit le « point chaud de Pitcairn »[5]).

La Pétrologie de l'île et plus largement du socle océanien a notamment été étudiée par Alfred Lacroix[6].

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Vestiges de la végétation d'origine près de Garnet Ridges sur l'île Pitcairn.

De vastes zones de Pitcairn sont façonnées par l'intervention humaine, maintenant couvertes de plantes non-natives de l'île (Parmi les plantes cultivées sur l'île, on peut retrouver la noix de coco, l'ananas, les agrumes, la banane, la papaye, le melon, la goyave, la canne à sucre, l'igname, le taro et l'arbre à pain).

La végétation indigène ne couvre désormais environ que 30 pour cent de la surface de l'île, généralement sur des pentes abruptes et des vallées reculées. L'île Pitcairn connait aussi un problème de déforestation. Il ne reste qu'une petite zone de la forêt originelle résultant des coupes pour le feu et pour dégager des zones d'habitat. La forêt était déjà fortement dégradée depuis le début du second millénaire jusqu'à la disparition des habitants autochtones, avant l'arrivée des mutins du Bounty.

La faune endémique sur terre se limite aux insectes, aux escargots et à certains petits reptiles. Tous les autres animaux de l'île ont été introduits par les Européens.

Projet de sanctuaire marin[modifier | modifier le code]

Autour des îles, l’environnement marin, en partie d'origine volcanique (tout comme les îles), est d'une grande richesse halieutique et en biodiversité.

Plus de 1.240 espèces de mammifères, poissons, coraux, algues y ont déjà été répertoriés (totalement nouvelles pour certaines, avec par exemple une algue marine capable de vivre à 382 mètres de profondeur, là où les plantes ne trouvent théoriquement plus assez de lumière pour survivre)[7].

Ce patrimoine naturel exceptionnel, et la faible pression anthropique locale[8] sont à l'origine d'un projet de création d'une très grande réserve naturelle marine et sous-marine (834,334 km2, soit plus de 3 fois la taille du Royaume-Uni), dont le budget a été proposé le 18 mars 2015 par le ministre britannique des finances (pour l'année budgétaire 2015-2016)[7]. Ce statut de réserve devrait préserver le milieu de toute activité de pêche ou d'exploration minière, et ne sera effective qu'après la signature d'un règlement et d'un accord entre les ONG environnementales et les autorités locales, pour notamment cadrer la manière dont la surveillance et la lutte contre le braconnage maritime se feront, alors que moins de 2% de l'océan mondial est officiellement protégé[7], cette réserve va faciliter la mise en œuvre des engagements du gouvernement britannique d'augmenter la surface d'aires marines protégées (c'était l'un des objectifs des dernières grandes conférences mondiales sur la biodiversité), mais toutefois à une grande distance des îles britanniques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Nicolaï, H. (2006). Diamond J., Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie. (en anglais : Collapse. How societies chose to fail or to succeed) ; Paris, Gallimard, NRF, Essais, 2006, 648 p. Belgeo. Revue belge de géographie, (4), 493-497
  2. Esty, A. (2009). Pourquoi les civilisations meurent-elles ?. Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, 13(1), 4-4 (résumé)
  3. Esty, A. (2005). Jared Diamond. La leçon des cités perdues. Sciences humaines, (5), 15-15 (résumé).
  4. BLOCH, B. M. (2008). Marchés de travaux hors de l'Union européenne. Ed. Techniques Ingénieur.
  5. Guillou, H., Gillot, P. Y., & Guille, G. (1994). Âge (K-Ar) et position des îles Gambier dans l'alignement du point chaud de Pitcairn (Pacifique Sud). Comptes rendus de l'Académie des sciences. Série 2. Sciences de la terre et des planètes, 318(5), 635-641
  6. Avias J (1950) Alfred Lacroix et la Pétrologie océanienne. Journal de la Société des océanistes, 6(6), 219-229
  7. a, b et c Senet, Stéphanie (2015) Une vaste réserve marine autour des îles britanniques de Pitcairn, Le journal de l'Environnement, publié le 19 mars 2015, consulté 2015-02-21
  8. Ces îles sont habitées que par une cinquantaine de personnes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leblanc, L., & Putoa, R. (2000). Les mouches des fruits de la Polynésie française et des îles Pitcairn. Service de la protection des végétaux, Secrétariat général de la Communauté du Pacifique.
  • Lacroix, A. (1936). Les roches volcaniques de l'île de Pitcairn (Océan Pacifique Austral). CR Acad. Sci. Paris, 202, 788-798.
  • Lacroix, A. (1939). Clipperton, îles de Pâques et Pitcairn: esquisse lithologique. impr. F. Soulisse-Martin.
  • Lavachery, H. A. (1936). Contribution à l'étude de l'archéologie de l'île de Pitcairn(travaux de la mission franco-belge à l'Ile de Pâques. Société des Américanistes de Belgique.
  • Histoire des mutins de la Bounty et de l'île Pitcairn (1789-1930). Payot, 1932.
  • Fralon, J. (1954). La Commission du Pacifique Sud. Civilisations, 155-158. Giuge, P. (2011). La cérémonie du Bounty Day: l’histoire des révoltés du Bounty comme récit fondateur sur les îles de Pitcairn et Norfolk et ses représentations en Occident (résumé).
  • Pérez, M. (1998). Culture et identité à Pitcairn. Éducation, culture et identité: actes, 97, 223.
  • Thompson, A. G. (1976). Davidson (John Wightman): Peter Dillon of Vanikoro, Chevalier of the South Seas. Éd. by OHK Spate. Revue française d'histoire d'outre-mer, 63(230), 176-177.
  • Woodhead, J. D., & McCulloch, M. T. (1989). Ancient seafloor signals in Pitcairn Island lavas and evidence for large amplitude, small length-scale mantle heterogeneities. Earth and Planetary Science Letters, 94(3), 257-273 (|http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/0012821X89901453 résumé]).
  • Zimmermann, M. (1917) L'Ile de Pâques et l'ethnographie du Pacifique ; In Annales de Géographie (Vol. 26, No. 143, pp. 392-395). Société de géographie.