Équitation portugaise

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Démonstration d'équitation portugaise avec un étalon Lusitanien

L'équitation portugaise est l'équitation de tradition du Portugal, qui se pratique avec un cheval lusitanien. Elle est issue d'une longue tradition, dont les premières preuves écrites remontent au XVe siècle avec le traité d'équitation du roi Dom Duarte. Elle se définit surtout au XVIIIe siècle, époque où elle passe du statut de pratique militaire à celui d'art à part entière. Bien que la nature de son équitation reste controversée, Nuno Oliveira est le principal ambassadeur de la tradition équestre portugaise dans le monde, au XXe siècle. Cette époque voit la création de l'école portugaise d'art équestre en 1979. L'équitation portugaise est influencée par la tauromachie, mais elle présente aussi des liens étroits avec l'équitation de tradition française, la France étant aussi le second berceau d'élevage du cheval lusitanien.

Description[modifier | modifier le code]

La tauromachie est l'une des formes d'expression de l'équitation portugaise

D'après Carlos Henriques Pereira, l'équitation portugaise est très proche de l'équitation de tradition française, les deux étant définies par Nuno Oliveira comme d'expression latine et basées sur la recherche de la légèreté. Elle s'oppose à l'équitation d'expression germanique[1].

Il ne s'agit pas d'une pratique unique, mais plutôt d'un ensemble de pratiques, propres à l'utilisation du cheval au Portugal[2] :

  • équitation de manège ;
  • équitation tauromachique ;
  • équitation de valorisation des chevaux lusitaniens, dite « à la portugaise » ;
  • équitation de travail avec le bétail domestique.

Histoire[modifier | modifier le code]

La pratique de l'équitation pourrait avoir une très ancienne origine au Portugal, puisque les premières hallebardes découvertes par les archéologues, destinées à combattre les cavaliers, sont datées de 4 000 av. J.-C. Certaines ont été retrouvées à Garrovilla et Caceres[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cheval au Moyen Âge.

La forme d'équitation médiévale pratiquée dans la péninsule Ibérique est basée sur des mouvements rapides faits de charges, de demi-tours et d'arrêts, à la gineta (genette)[4]. Les invasions Maures entraînent, jusqu'au XVe siècle, des échanges de savoirs équestres entre le monde européen et le monde arabe[5], en particulier à travers les hippiatres arabes[6]. Toute l'Europe s'intéresse alors aux chevaux ibériques, dits genets d'Espagne, dans un contexte de création des premières académies d'équitation[7].

Le premier traité d'équitation portugais connu est l'œuvre de Dom Duarte[8], Ensinança de Bem Cavalgar Toda a Sela, écrite au XVe siècle vers 1434[2], mais connue seulement par des copies tardives. D'après Carlos Henriques Pereira, il s'agit à la fois du premier traité d'équitation européen paru après l'Antiquité, et d'une mine de renseignement sur l'équitation médiévale, détaillant la manière dont elle évolue du domaine militaire vers l'équitation classique[9]. Le roi du Portugal et de l'Algarve apporte avec ce traité une part de « psychologie appliquée aux sports équestres », en abordant à la fois l'art que représente l'enseignement de l'équitation et la préparation mentale du cavalier[10].

Du Moyen Âge au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle paraissent différents traités d'équitation au Portugal, dont une partie seulement a été préservée[1]. L'époque marque la fin de l'équitation à la gineta, héritage de la conquête musulmane, mais cette dernière reste importante dans la tauromachie portugaise[11]. Galvam de Andrade apporte des éléments relevant du domaine de l'éthologie équine, en accordant une grande place à la psychologie de l'animal[12].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Démonstration d'équitation portugaise sur un salon international en 2011

Nuno Oliveira, le plus grand écuyer du XXe siècle, popularise son équitation travaillée au Portugal dans le monde entier. Il y a controverse quant à l'équitation qu'il pratique. S'il la qualifie lui-même de « latine », certaines personnes estiment qu'il appartient plutôt au courant bauchériste ou à l'équitation de tradition française, voire qu'il a réalisé une synthèse entre différents courants d'équitation classiques[13].

L'équitation portugaise jouit d'une certaine reconnaissance en France, puisque la Fédération française d'équitation l'a reconnue comme une pratique à part entière en 2000[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pereira 2010, p. 29
  2. a, b et c Pereira 2004, p. Résumé éditeur
  3. d'Andrade 1991, p. 15
  4. d'Andrade 1991, p. 16
  5. d'Andrade 1991, p. 17
  6. Pereira 2010, p. 37
  7. d'Andrade 1991, p. 18
  8. Pereira 2010, p. 26
  9. Pereira 2010, p. 28
  10. Pereira 2001, p. Résumé éditeur
  11. Pereira 2010, p. 30
  12. Pereira 2010, p. 27
  13. Pereira 2010, p. 25

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [D'Andrade 1991] Fernando Sommer d'Andrade (trad. Ilda Mendes), La tauromachie équestre au Portugal, Éditions Chandeigne, , 141 p. (ISBN 2906462004 et 9782906462007)
  • [Pereira 2001] Carlos Henriques Pereira, Étude du premier traité d'équitation portugais : « Livro da ensinança de bem cavalgar toda sela », du roi Dom Duarte, L'Harmattan, , 192 p. (ISBN 2296210821 et 9782296210820)
  • [Pereira 2004] Carlos Henriques Pereira (ill. Marine Oussedik), L'équitation portugaise: Un art équestre, Actes Sud, coll. « Série Cheval », , 91 p. (ISBN 2742751823 et 9782742751822)
  • [Pereira 2010] Carlos Henriques Pereira, Naissance et renaissance de l'équitation portugaise: Du XVe au XVIIIe siècle d'après l'étude des textes fondateurs, L'Harmattan, , 442 p. (ISBN 2296266266 et 9782296266261)