Émilie de Villeneuve

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Jeanne Emilie de Villeneuve.jpg

Jeanne Émilie de Villeneuve (Toulouse, 9 mars 1811Castres, 2 octobre 1854) est une religieuse catholique française. Elle a fondé en 1836 la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres.

Cette Congrégation compte actuellement sept cent religieuses et œuvre dans 16 pays, où elle a une ample activité sociale avec quelque cinquante collèges dans lesquels sont inscrits chaque année environ 35 000 jeunes. Elle gère plusieurs maisons d’enfants abandonnés, est présente aussi dans des hôpitaux et se met au service de familles en difficultés. À Rome elle dispose d’une résidence pour l'accueil des pèlerins.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée, le 5 juillet 2009, à Castres (France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Jeanne Émilie de Villeneuve est petite-fille du comte de Villeneuve et la troisième des quatre enfants du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Elle passe les premières années de sa vie dans le château d’Hauterive, à proximité de Castres, où sa mère doit se retirer en raison de son mauvais état de santé. À l’âge de 14 ans, Jeanne Émilie perd sa mère et trois années plus tard sa sœur Octavie. Ces faits tragiques vont marquer son existence, ainsi que le contact qu’elle entretient avec le père Leblanc, jésuite, auquel elle fait part des préoccupations de type social qui ont germé en elle (particulièrement la misère qu’elle découvrait autour d’elle, dans ces premiers moments de la révolution industrielle).

Maturité[modifier | modifier le code]

Après la mort de sa mère, Jeanne Émilie de Villeneuve et ses sœurs vivent entre Hauterive et Toulouse, où la grand-mère prend en charge l’éducation de ses petits-enfants. À 19 ans, Jeanne Émilie va s’installer à Hauterive avec son père et son frère, où elle prend la responsabilité de la gestion ordinaire de la vie familiale, déchargeant de cette tâche son père, alors maire de Castres (1826-1830).

Peu après elle déclare à son père sa volonté d’entrer chez les Filles de la Charité. Celui-ci refuse et lui demande un délai de réflexion de quatre ans. Mais avant que ne s’écoule ce temps, et avec la permission de l’évêque, Jeanne Émilie décide de créer, avec deux compagnes, la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), appelée communément les sœurs bleues, en raison de la couleur de leur habit.

Parmi les principes qui vont régir cette Congrégation, deux se détachent : “Dieu seul” et “Servir les pauvres”. L’austérité et la préoccupation sociale envers les moins favorisés seront les axes principaux de l’action sociale et religieuse de la Congrégation.

À partir d’une humble maison de la ville de Castres, elle vient en aide aux jeunes d’un rang social moins favorisé, à des ouvrières, à des condamnés à la prison et à des malades. La Congrégation voit augmenter le nombre de ses Sœurs et son horizon s’étend de la France natale jusqu’au Sénégal, à la Gambie et au Gabon, où se rendent les premières sœurs missionnaires, la mère de Villeneuve étant encore en vie.

En 1853, Jeanne Émilie de Villeneuve sollicite d’être remplacée comme Guide de la Congrégation, et parvient à ce que cette tâche soit confiée à la sœur Hélène Delmas. À cette occasion elle écrit à ses sœurs missionnaires : « Après les élections j’ai la consolation de pouvoir m’occuper davantage de l’aspect spirituel de la Congrégation ».

Décès[modifier | modifier le code]

En 1854, l'épidémie de choléra et de fièvre qui ravage le sud de la France atteint Castres. Le 2 octobre 1854, Jeanne Émilie de Villeneuve meurt de cette épidémie, entourée de l’affection de ses sœurs de Congrégation.

Œuvre[modifier | modifier le code]

En 1836, Jeanne Émilie de Villeneuve a fondé, à Castres la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres. Sa forte vocation missionnaire se manifeste douze ans seulement après sa fondation, au Sénégal (1848).

Actuellement cette Congrégation s’occupe d’écoles, à tous les niveaux, d’œuvres hospitalières, d’activités paroissiales et sociales dans les pays suivants (ils apparaissent cités dans l’ordre de leur implantation) : France (1836), Sénégal (1848), Sénégambie (1848), Gabon (1849), Espagne (1903), Italie (1904), Brésil (1904), Argentine (1905), Paraguay (1939), Uruguay (1957), Mexico (1982), Bénin (1988), République démocratique du Congo (1990), Bolivie (1992), Venezuela (1996) et Philippines (1997). La Congrégation a eu, au cours de son histoire des fondations au Portugal (1886-1910), en Guinée équatoriale (1897-1918) et au Cameroun (1915-1916).

Procès en béatification[modifier | modifier le code]

Les premières démarches du procès, qui termineront le processus de béatification de Jeanne Émilie de Villeneuve ont commencé en 1945. Après la promulgation du décret papal sur l’héroïcité des vertus de Jeanne Émilie de Villeneuve (octobre 1991), elle a été considérée vénérable et le procès de béatification a pu être ouvert.

En vue de la béatification de Jeanne Émilie de Villeneuve a commencé, à la Congrégation de la Cause des Saints, l’étude de la guérison de Binta Diaby : Binta Diaby (Mamou, Guinée Conakry, 1er janvier 1978), répudiée par son père qui la croyait enceinte, tenta de se suicider à l’âge de 19 ans par l’ingestion de soude caustique, ce qui a provoqué des dommages irréversibles dans plusieurs de ses organes. Elle fut transportée à Barcelone (Espagne), hospitalisée et opérée d’urgence. Entrée dans le coma, son cas fut considéré, d’un point de vue clinique... en phase terminale. Les Sœurs et Novices de la Congrégation de Notre-Dame de l‘Immaculée Conception de Castres, informées par les membres de l’hôpital de la situation dans laquelle elle se trouvait, firent une neuvaine à Jeanne Émilie de Villeneuve, priant pour sa guérison, et mirent différentes reliques dans la chambre où se trouvait la malade. Une guérison rapide et inattendue se produisit. Actuellement Binta vit et travaille à Barcelone.

Du 16 mai au 29 octobre 2003 eut lieu une enquête diocésaine par la Curie de Barcelone sur la guérison de Binta Diaby, jugée miraculeuse. Le 4 février 2005 la Congrégation pour la Cause des Saints a reconnu le processus présenté par le Tribunal de Barcelone.

Le 16 février 2006, la Bureau médical du Dicastère reconnut que la guérison de l’ingestion de soude caustique, avec les conséquences directes postopératoires, a été rapide, complète et permanente, et inexplicable à la lumière des connaissances actuelles de la science médicale.

Lors des sessions du 13 juin 2006 et du 26 janvier 2007, le Congrès Particulier des Consulteurs Théologiens, a réalisé une investigation plus profonde du processus de guérison de Binta Diaby.

Le 6 novembre 2007, lors de la Session Ordinaire des Cardinaux et Évêques, il a été donné une confirmation positive sur la guérison miraculeuse de Binta Diaby, étant Rapporteur de la Cause son Excellence Monseigneur Lino Fumagali, évêque de Sabina-Poggio Mirteto. Le 17 décembre 2007 le pape Benoît XVI a autorisé l’émission du décret sur le miracle de la guérison de Binta Diaby, attribué à Jeanne Emilie de Villeneuve.

Finalement, Jeanne Emilie de Villeneuve fut béatifiée, le 5 juillet 2009, à Castres (France) en présence du préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]