Jeanne Émilie de Villeneuve

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Émilie de Villeneuve
Fondatrice de la congrégation des sœurs Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Castres
Naissance 9 mars 1811
Toulouse
Décès 2 octobre 1854  (43 ans)
Castres
Vénéré à Castres,Tombeau d'Émilie de Villeneuve au Couvent bleu (11 avenue Émilie-de-Villeneuve).
Béatification 5 juillet 2009
par pape Benoît XVI représenté par Mgr Amato
Canonisation 17 mai 2015 Rome
par pape François
Vénéré par Église catholique
Fête 3 octobre

Jeanne-Émilie de Villeneuve (Toulouse, 9 mars 1811Castres, 2 octobre 1854) est une religieuse catholique française, béatifiée en 2009. Elle sera canonisée le 17 mai 2015 à Rome. En 1836, elle a fondé la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres. Cette congrégation compte environ six cents religieuses et œuvre dans 18 pays, où elle développe une ample activité sociale et évangélisatrice (voir l'actualité de la congrégation sur KTO) [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanne-Émilie de Villeneuve, appelée Émilie de Villeneuve, est née à Toulouse le 9 mars 1811 et décédée à Castres le 2 octobre 1854. Elle est la petite-fille du comte de Villeneuve et la troisième des quatre enfants du marquis de Villeneuve et de la marquise, née Rosalie d’Avessens. Elle passe les premières années de sa vie au château d’Hauterive, à proximité de Castres, où sa mère doit se retirer en raison de son mauvais état de santé. À l’âge de 14 ans, Émilie perd sa mère et trois années plus tard sa sœur Octavie.

Après le décès maternel, elle vit quelque temps à Toulouse où sa grand-mère prend en charge son éducation et celle de ses sœurs. À 19 ans, Émilie est de retour à Hauterive, où elle gère la vie familiale, soulageant de cette tâche son père, alors maire de Castres (de 1826 à 1830). Ces problèmes familiaux vont marquer son existence, ainsi que le contact qu’elle entretient avec le père Leblanc, jésuite, auquel elle fait part des préoccupations de type social qui ont germé en elle (particulièrement la misère qu’elle découvrait autour d’elle, dans ces premiers moments de la révolution industrielle).

Après avoir envisagé de rejoindre les Filles de la Charité, et après un délai de réflexion imposé par son père, elle crée (avec l’accord de son évêque), et en collaboration avec deux compagnes, la congrégation de Notre Dame de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1836. La communauté religieuse est rapidement connue sous le vocable les « sœurs bleues », en raison de la couleur de leur habit.

Dans l’anonymat d’une maison de Castres, elle sert les plus démunis avec ses compagnes : jeunes ouvrières, malades, prostituées, et les condamnés en prison. Puis la congrégation voit grandir le nombre de ses sœurs, et son rayonnement s’étend à l’Afrique (Sénégal, Gambie, Gabon).

En 1853 Émilie de Villeneuve démissionne de sa charge de Supérieure Générale pour être remplacée par sœur Hélène Delmas. En 1854, l’épidémie de choléra atteint Castres et la fondatrice des sœurs Bleues décédera le 2 octobre, entourée de ses sœurs.

Le charisme d'Émilie : l’option privilégiée pour les pauvres[modifier | modifier le code]

Émilie a fait de la disponibilité et de l’attention aux pauvres une priorité ; elle a pris le risque d’aller à la rencontre des exclus, des prisonniers ou des pauvres filles des rues de Castres. Elle a consacré sa vie aux soins des malades, à l’éducation des jeunes, à l’évangélisation, à la prière et à la charité. Son charisme appelle à devenir missionnaire en prenant position pour la justice, la paix, le respect et l’attention au plus petit dans tous les lieux de vie, et à faire tout cela par amour, selon la devise reprise par la congrégation : « aller là où la voix du pauvre nous appelle ». Il explique l’éventail et la diversité des compétences mises en œuvre par les membres de la congrégation qu'elle a fondée : éducation,santé,social, participation à la vie de l’Église locale.

La fondation et l'expansion de la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres[modifier | modifier le code]

Émilie de Villeneuve a fondé la congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres le 8 décembre 1836. Les constitutions de la congrégation ont été approuvées en 1842 (révisées en 2004).

Sa forte vocation missionnaire se manifeste douze ans seulement après sa fondation, au Sénégal en 1848. L'expansion de la congrégation s'est poursuivie en Europe en 1903, en Amérique Latine en 1904-1905, en Asie-Pacifique en 1998. Elle est présente aujourd'hui en France, en Argentine (1905), au Bénin (1988), en Bolivie (1992), au Brésil (1904), au Burkina Faso, en République Démocratique du Congo (1990), en Espagne (1903), au Gabon (1849), en Guinée Bisau, en Haïti, en Italie (1904), au Mexique (1982), au Paraguay (1939), aux Philippines (1997), au Sénégal, en Uruguay (1957), au Venezuela (1996).

Au cours de son histoire la congrégation au eu des fondations au Portugal (1886-1910), en Guinée équatoriale (1897-1918) et au Cameroun (1915-1916).

À Rome, la congrégation dispose d’une casa per ferie, "Il Romitello", établie pour l'accueil des pèlerins.

La mission de la congrégation et son projet[modifier | modifier le code]

D’une façon générale, si les sœurs Bleues servent "Dieu seul" selon la devise de leur fondatrice, c’est dans la rencontre avec les pauvres qu’elles sont à son service. Dans l’esprit même de leur fondatrice, elles sont donc envoyées dans les lieux de pauvreté :

  • en mission de proximité avec les gens du quartier, là où elles vivent,
  • dans la vie associative et paroissiale,
  • dans divers milieux professionnels, en particulier auprès des pauvres, les personnes en situation de fragilité,
  • auprès des prisonniers, des enfants des rues, des femmes prostituées ou violentées,
  • dans la promotion de la femme, la pastorale des enfants.

Les "sœurs bleues" se définissent comme religieuses de vie apostolique, disciples de Jésus Sauveur, désireuses de proposer l’Évangile et de promouvoir la vie, la paix et la justice par des actions diverses.

Histoire de la cause d'Émilie[modifier | modifier le code]

Quand l’Église veut donner en exemple aux chrétiens un de ses membres décédés, elle met en marche pour lui, un processus de béatification (il/elle sera déclaré/e “bienheureux”) parachevé ensuite par une canonisation. Le/la bienheureux/se est alors proclamé/e) saint/e. Un signe de sa participation à la sainteté de Dieu...

Le processus de béatification[modifier | modifier le code]

Pendant le Généralat de Mère Sylvie Azaïs, Supérieure Générale de 1921 à 1936, on a commencé à copier et à classer quelques documents manuscrits pour approfondir la connaissance de la spiritualité de la Mère Jeanne Emilie de Villeneuve. C’est en 1945 que la Supérieure Générale Mère Marie Agathe Vernadat (1936 – 1947) a commencé l’étude des écrits de la Mère Fondatrice, en vue de la Cause de Béatification.

Le 18 août 1947, pendant le Chapitre Général, Mère Germaine Sapène, Supérieure Générale, communique la décision du Conseil d’introduire à Rome le Processus de la Cause de Béatification de la Mère Fondatrice, Jeanne-Emilie de Villeneuve.

Le processus a commencé le 25 août 1948 sous la présidence de l’Archevêque d’Albi, Monseigneur Moussaron. Comme la Cause était lancée 94 ans après la mort de la Servante de Dieu, elle était considérée comme "cause historique".

L’ouverture du Processus Diocésain a eu lieu le 25 août 1948. Le 20 novembre 1948 a eu lieu l’exhumation du corps de Jeanne-Emilie de Villeneuve. L’inhumation des os de la Servante de Dieu sera réalisée le 18 août 1949.

Les sessions du Tribunal Diocésain ont fini en février 1950 et, au mois de mars de 1950, le Processus a été transféré à Rome.

La Positio sur les vertus a été approuvée le 10 octobre 1984. Le 6 juillet 1991 a eu lieu la "Lecture du décret de l’héroïcité des vertus" devant le Pape, qui a autorisé la promulgation, devenue officielle le 9 octobre 1991.

Le premier miracle[modifier | modifier le code]

Dans le mois de février 1995, Binta Diaby, jeune africaine, hospitalisée à Barcelone, Espagne, est guérie d’une péritonite aigue par l’intercession de la Servante de Dieu Jeanne Emilie de Villeneuve. Une guérison survenue après la visite auprès de la jeune femme des sœurs Bleues d’une communauté voisine, et de la neuvaine qu’elles avaient entreprise. Les médecins ont reconnu la guérison et le dossier de Binta Diaby a été envoyé à Monseigneur Ricard María Carles y Gordó, Évêque de Barcelone, le 27 mars 2003. Le Tribunal Diocésain, commencé le 16 mai 2003, a été conclu le 29 octobre 2003. Les actes du processus ont été amenés à Rome le 31 octobre 2003 et le 4 février la Congrégation pour la Cause des Saints a promulgué le décret de validité. Dans la Consulta Médicale de la Congrégation, réalisée le 16 février 2006, les membres ont reconnu à l’unanimité que la médecine ne pouvait pas expliquer la guérison en question. Et cela a été reconnu aussi par les Théologiens, les Cardinaux et les Evêques.

La béatification en 2009[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 2007, le pape Benoît XVI autorise l’émission du décret sur le miracle de la guérison de Binta Diaby, attribué à Jeanne Émilie de Villeneuve. Elle a été béatifiée par le Cardinal Amato, Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints lors d’une cérémonie organisée à Castres (Tarn, France) le 5 juillet 2009.

Le deuxième miracle[modifier | modifier le code]

Emilly Maria de Souza est retrouvée paralysée après une électrocution. Pour la canonisation de la bienheureuse Jeanne-Emilie de Villeneuve, la Postulation a présenté le cas de la guérison de l’enfant Emilly Maria de Souza, née le 2 août 2007 à Orocó, Pernambuco au Brésil. Le 5 mai 2008, Emilly avait à peine 9 mois, et elle était en train de jouer avec le fil d’un ventilateur. Elle mit son doigt dans la prise de courant et reçut une décharge électrique. Huit minutes après, elle a été trouvée paralysée et en train de gémir.

En arrivant aux urgences, Emilly était violette, évanouie, sans pulsation, ni respiration : elle faisait un arrêt cardiorespiratoire. Le médecin qui l’a visitée a dit : votre fille est morte, que voulez-vous que je fasse ? » Le papa a supplié : « Elle n’est pas morte. Faites tout ce que vous pouvez ! ». Le médecin de garde, Dr Jairo de Lima Ferreira a essayé de réanimer l’enfant. Habituellement les médecins le font pendant 20 minutes. Dans le cas d’Emilly, il a essayé pendant une heure. Quand le cœur a commencé à donner le premier signe de vie, il a pris l’ambulance et l’a emmenée à l’hôpital Dom Malan. Elle y est restée 10 jours et ensuite 6 jours dans la section de Pédiatrie. Le médecin qui l’a accompagnée disait à la famille : « Si Emilly sort d’ici en vie, elle ne va plus ni voir, ni entendre, ni parler et encore moins, marcher ». Elle est sortie de l´hôpital le 20 mai et effectivement, elle ne voyait pas, ne parlait pas, ne faisait que pleurer, la tête tournée en arrière.

Le 21 mai on commença la neuvaine à Émilie de Villeneuve. La neuvaine s’est terminée le 29. Et le 30, à 18 heures, son état clinique a changé complètement. Emilly, à partir de cette date, a commencé à se développer comme une enfant normale, avec les caractéristiques propres à son âge. Aujourd’hui elle est une fillette jolie, joyeuse et communicative. L’initiative pour invoquer la bienheureuse Émilie de Villeneuve est venue de Sœur Ana Célia de Oliveira, religieuse de la Congrégation de Notre Dame de l’immaculée Conception, qui connaissait le grand-père d’Emilly, Mr Rafael et sa famille. Quand Sœur Ana Célia a reçu la nouvelle de l’accident de la petite fille de Mr Rafael, elle a commencé à invoquer la Fondatrice devant une image qui avait une relique. Cette image a été donnée à la famille de l’enfant, qui a commencé à prier en demandant l’intercession de la Bienheureuse ; l’image avec la relique a été placée sous la tête de l’enfant. La prière commune, intense, sans ambiguïté et avant la guérison, s’est déroulée dans une ambiance de foi. Cela s’est passé après la promulgation du Décret sur les vertus héroïques, mais avant la cérémonie de béatification. C’est la raison pour laquelle un indult pontifical a été donné afin de pouvoir poursuivre la recherche diocésaine sur le miracle.

La reconnaissance du miracle a eu lieu du 13 septembre 2011 au 12 juin 2012. Le Tribunal Diocésain a été constitué le 13 septembre à Petrolina. Dans la Consulta Médicale, réalisée le 6 mars 2014, les Experts à l’unanimité, se sont prononcés sur le diagnostic "arrêt cardiaque respiratoire prolongé après la décharge électrique" et ils ont considérés surtout l’absence de conséquences neurologiques, que la science ne peut pas expliquer.

La canonisation en 2015[modifier | modifier le code]

Le 25 septembre 2014 le Congrès des Consulteurs Théologiens, ont considérés la guérison de l’enfant comme un miracle obtenu par l’intercession de la Bienheureuse Jeanne-Émilie de Villeneuve. Le 6 décembre 2014, le pape François a autorisé la promulgation du décret reconnaissant un miracle qui lui est attribué[2].

À l'issue du consistoire qui s'est tenu à la Basilique Saint Pierre le 14 février 2015, le pape François a annoncé qu'il canonisera Jeanne-Émilie de Villeneuve le 17 mai 2015[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]