Mariam Baouardy

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Marie de Jésus Crucifié
Image illustrative de l'article Mariam Baouardy
Mariam Baouardy sous l'habit de Carmélite
Bienheureuse
Naissance
Abellin,Galilée
Décès   (33 ans)
Bethléem
Nom de naissance Mariam Baouardy
Autres noms Mariam, la petite arabe
Nationalité libanaise
Béatification  Rome
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique, Ordre du Carmel
Fête 26 août, 25 août ou le 30 août

Mariam Baouardy (en religion sœur Marie de Jésus Crucifié), née le à Abellin, en Galilée et décédée le à Bethléem était une religieuse carmélite libanaise, connue pour diverses manifestations mystiques.

Béatifiée en 1983 elle est liturgiquement commémorée le 26 août[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

La famille Baouardy, de rite melkite et d'origine libanaise voit ses douze garçons mourir en bas âge. Les parents décident de faire un pèlerinage de 170 km jusqu'à Bethléem pour prier Dieu de leur accorder une fille par l'intercession de la Vierge Marie[2]. Cette fille nait neuf mois plus tard le . On lui donne le nom de Marie, Mariam. Elle est baptisée et confirmée suivant le rite grec-melkite catholique. L'année d'après, un garçon, Boulos, vient agrandir la famille.

Enfance[modifier | modifier le code]

Ses parents meurent à quelques jours d'intervalle quand elle a trois ans. Leurs deux enfants sont séparés et ne se reverront plus. Mariam est recueillie par un oncle paternel, tandis que son frère Boulos est recueilli chez une tante maternelle.

À l'âge de 8 ans, elle fait sa première communion. Puis peu de temps après son oncle (et elle-même avec toute la famille) part s'installer à Alexandrie[3].

À l'âge de 13 ans, son oncle veut la marier. Elle refuse car elle se sent appelée à consacrer sa vie à Dieu. Elle s'enfuit. Un musulman la recueille, mais comme elle refuse de renier sa foi catholique, cet homme lui tranche la gorge. Il la croit morte et la dépose dans une rue d'Alexandrie. Mariam se réveille dans une grotte où une Sœur vêtue en bleu la soigne pendant plusieurs mois. Mariam racontera plus tard (à ses collègues religieuse) avoir reconnue en cette femme la Vierge Marie[4].

De cette époque-là, Mariam étant seule au monde, travaille comme servante là où le destin la conduit: Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth. Elle aboutit à Marseille.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition[modifier | modifier le code]

Sœur Marie de Jésus Crucifié

À 19 ans, elle entre comme novice chez les Sœurs de Saint-Joseph-de-l'Apparition à Marseille[5]. Elle ne sait ni lire ni écrire, et ne parle pas bien le français. Au bout de deux ans, elle n'est pas admise à prononcer ses premiers vœux. Sa maitresse des novices, Mère Véronique de la Passion l'oriente vers un autre ordre religieux : le Carmel.

Le Carmel[modifier | modifier le code]

Elle entre alors au Carmel de Pau comme sœur converse et y reçoit le nom de sœur Marie de Jésus Crucifié[6].

Trois ans plus tard, en 1870, Mariam fait partie d'un petit groupe qui part fonder le premier Carmel en Inde, à Mangalore[7]. Elle prononce ses vœux perpétuels à Mangalore le 21 novembre 1871. En 1872, elle est renvoyée au Carmel de Pau en France par l'évêque de Mangalore.

En 1875, elle fait partie du groupe de 10 carmélites dirigées par Mère Véronique de la Passion, qui quittent Pau pour fonder un nouveau Carmel à Bethléem en Terre sainte. Elle s'occupe particulièrement des travaux de construction du nouveau couvent, étant la seule à parler l'arabe[8]. Elle meurt le dans sa 33e année à la suite d'une chute et d'une fracture du bras (qui a entrainé une gangrène).

Grâces mystiques et charismes[modifier | modifier le code]

Le biographe Amédée Brunot a rapporté dans son ouvrage[A 1] de nombreux dons mystiques qu'aurait reçu Mariam et dont des proches ont témoigné : extases[A 2], lévitations[9] [A 3], stigmates de la passion[A 4], don de prophétie[A 5], don d'ubiquité[A 6], transverbération du cœur[A 7], apparition et visions de nombreux saint[A 8], don de poésie[A 9]. Une de ses visions a contribué à l’identification du lieu saint d’Emmaüs (Luc 24,13)

Mariam était perçue comme humble, obéissante et charitable selon son épitaphe[10].

Béatification[modifier | modifier le code]

Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II[8].

Sa fête liturgique est célébrée le 26 août. Dans l'Ordre des Carmes Déchaux, le 26 août est réservé à la fête de la Transverbération de sainte Thérèse d'Avila, c'est pourquoi la mémoire de Marie de Jésus Crucifiée est célébrée le 25 août. Mais en France, le 25 étant la fête de Saint Louis, la fête de Mariam est exceptionnellement célébrée le 30 août (pour respecter les ordres de priorités liturgique)[11].

Citations[modifier | modifier le code]

« Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous »[12]

« Tout le monde dort. Et Dieu, si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l’oublie!…Personne ne pense à lui!… Vois, la nature le loue; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue; et l’homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait les louer, il dort!… Allons, allons réveiller l’univers ! »[9]

« Il n’y a que l’amour qui peut remplir le cœur de l’homme . Le juste avec l’amour et une pincée de terre est rassasié ; mais le mauvais, avec tous les plaisirs, les honneurs, les richesses a toujours faim, toujours soif. Il n’est jamais rassasié. »[13]

Esprit-Saint, inspirez-moi ;
Amour de Dieu, consumez-moi ;
Au vrai chemin conduisez-moi ;
Marie, ma Mère, regardez-moi ;
Avec Jésus, bénissez-moi ;
De tout mal, de toute illusion,
De tout danger préservez-moi[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée Brunot, Mariam, la petite arabe, Paris, Salvator, 1981 (1re édition), 2000 (8e édition)
  • Sister M. Carol AC, A Strange destiny, Bangalore, 1989.
  • Recueil de pensées de la Bienheureuse Marie de Jésus crucifié, Éditions du Serviteur, Ourscamp, 1993.
  • Père Estrate, Mariam sainte palestinienne, ou la vie de Marie de Jésus crucifié, Téqui, 1999, 2005.
  • Maurice Barrès, Une enquête au pays du Levant
  • René Schwob, La légende dorée au-delà des mers

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul II, « Homélie pour la béatification de la carmélite Mariam Baouardy (13 novembre) », La Documentation catholique, 1983, vol. 80, no1864, pp. 1145-1148. Discours du pape pour la béatification.
  2. Vie de Mariam sur le site du Carmel en France
  3. Mariam, sa vie, l'enfance sur le site du Carmel de Bethléem
  4. Vie de Mariam - En Égypte sur le site abbaye-saint-benoit
  5. Vie de Mariam - Marseille sur le site du Carmel de Bethléem
  6. Bienheureuse Mariam de Jésus Crucifié sur le site du Carmel en France
  7. Vie de Mariam - Mangalore sur le site du Carmel de Bethléem
  8. a et b Mariam sa Vie - Bethléem sur le site du Carmel de Bethléem
  9. a et b Vie de Mariam - Pau sur le site du Carmel de Bethléem
  10. Épitaphe gravée sur sa tombe « J.M.J.T. Ici repose dans la paix du Seigneur la sœur Marie de Jésus Crucifié, religieuse professe de voile blanc. Âme de grâce et de vertus singulières, elle se distingua par son humilité, son obéissance et sa charité. Jésus, unique amour de son cœur l'a rappelé à lui dans la 33e année de son age, et la 12e de sa vie religieuse, à Bethléem, 26 août 1878. Requiescat in pace ! » Mariam la petite arabe p.171
  11. Liturgie des heures du Carmel, éditions du Carmel
  12. Mariam sa Vie - Le Carmel de Pau sur le site du Carmel de Bethléem
  13. a et b Mariam - Florilège de textes sur le site du Carmel en France

Amédée Brunot : Mariam, la petite arabe

  1. Mariam, la petite arabe pages 37 à 74
  2. extases rapportées par le témoignage de Carmélites à Pau
  3. dans l'enceinte du Carmel de Pau, des Carmélites l'ont vues plusieurs fois perchée en haut d'un tilleul, sur de petites branches trop fines pour porter son poids
  4. Notes du Carmel de Pau, témoignage du Père Lazare à Mangalore, témoignage de la maîtresse des novices mère Marie de l'Enfant Jésus au Carmel de Béthléem
  5. en 1869, durant le concile Vatican I, Mariam signal la position de 3 bombes qui doivent exploser durant le concile. Par ses indications, elles ont pu être désamorcée à temps. Mgr Lacroix confirme par écrit certaines prophéties et vision au Cardinal Antonelli dans une lettre du 6 février 1875
  6. témoignage de Sœur Joséphine des religieuses de St Joseph de l'Apparition (rapport en 1895 du phénomène observé par elle en 1876 sur l'île de Chypre alors que Myriam est en Palestine)
  7. autopsie du cœur réalisée le jour de son décès par Mr Carpani chirurgien de Jérusalem en présence de témoins qui rédigent un rapport et le signent. Rapport des docteurs Aris et Ecot le 13/05/1929 à Pau qui déclarent Il est difficile de donner une explication scientifique. Le cœur portait une blessure qu'on aurait dit produite par une large pointe de fer. Les deux lèvres de la plaie étaient desséchées, signe de l'ancienneté de la blessure.
  8. visions de saints rapportées par le témoignage de Carmélites
  9. les personnes qui l'ont connues témoignes que même à la fin de sa vie Mariam ne savait pas lire ni écrire le français correctement, qu'elle le parlait avec des fautes grammaticales, mais néanmoins elle serait l'auteur de poèmes qui auraient impressionnés par leur qualité des intellectuels. Voir les exemples de poèmes intégrés dans sa biographie page 69 à 72