Église de Constantinople

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Église byzantine : la petite basilique du Christ pantocrator à Nessebar.

L’Église de Constantinople fut une des premières Églises chrétiennes et une des composantes dites « byzantines » de la Pentarchie. Selon la légende née au VIIe siècle[1], le premier évêque de Constantinople aurait été consacré par l'apôtre André autour de l'an 38.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Pentarchie autour de l'an 1000. En vert le territoire canonique de l'Église de Constantinople. Intérieur blanc : conquis par les califats islamiques. Liséré blanc : temporairement occupé par les califats ou les émirats islamiques. Flèches : expansion.

À la suite du déplacement, en 330, de la capitale de l'Empire romain d'Orient de Rome à Byzance, rebaptisée Constantinople ou « Deuxième Rome »[2]. L'évêque de la ville, jusque-là suffragant de l'archevêque d'Héraclée, fut rapidement élevé au rang de patriarche[3], aux côtés des évêques de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche. Lors du premier concile de Constantinople de 381, il obtint la prééminence d'honneur après celui de Rome.

L'empereur Théodose Ier fit appel à Grégoire de Nazianze pour convoquer le Premier concile de Constantinople, présidé par Mélèce Ier d'Antioche, qui établit en 381 que « l'évêque de Constantinople aura la primauté d'honneur après celle de Rome, puisque sa ville est la Nouvelle Rome » (canon III). L'Église de Rome s'opposa à cette disposition, non parce qu'elle contestait la primauté de Rome (comme l'écrivent faussement beaucoup de commentateurs ultérieurs), mais parce qu'elle modifiait l'ordre hiérarchique de la Pentarchie, initialement fondé sur la primauté des trois sièges apostoliques de Rome, Antioche et Alexandrie. Le concile fut houleux et Grégoire lui-même fut accusé d'occuper illégalement le siège de Constantinople, puisqu'il était déjà évêque de Sasime, qu'il fut alors forcé d'abandonner la même année. Le pape Damase Ier a donc refusé de confirmer ce canon III, un geste très inhabituel et controversé, puisque les conciles œcuméniques étaient considérés comme valides pour toutes les églises chrétiennes. Mais à cette époque, l'Église était déjà gravement troublée par les controverses entre la doctrine trinitaire et l'arianisme.

Malgré l'opposition des papes au canon III, le prestige de l'évêché de Constantinople a continué à croître sous le patronage des empereurs d'Orient. En effet, les basileus ont progressivement identifié leur pouvoir comme un reflet de l'ordre divin, accentuant l'aspect hiératique de leur fonction et, par conséquent, leur contrôle sur l'Église de Constantinople.

A la mort de Théodose en 395, l'Empire romain se divisa en Empire d'Occident et Empire d'Orient. En 402, l'empereur d'Orient Flavius Arcadius décida de soutenir le synode qui, sous la direction de Théophile d'Alexandrie, avait déchu Jean Chrysostome de son siège d'évêque de Constantinople. En réponse, le pape Innocent Ier, soutenu par l'empereur d'Occidental Flavius Honorius, rompit sa communion avec Constantinople et les trois autres patriarcats orientaux, qui avaient accepté la déposition du Chrysostome. Cette tentative de rétablir la suprématie de Rome fut cependant contrecarrée par les Wisigoths d'Alaric Ier qui prennent et saccagent Rome en 410. La rupture de la communion entre l'Occident et l'Orient au sein de la Pentarchie dura 5 ans jusqu'en 415, date à laquelle les patriarches orientaux reconnurent rétroactivement la légitimité de Jean Chrysostome comme patriarche de Constantinople.

En 428, une nouvelle division, le nestorianisme, survint dans l'église chrétienne après l'arianisme, le donatisme, le mélécisme, le novatianisme et le pélagianisme, tous condamnés. La nouvelle controverse théologique concerne cette fois la nature de Marie, à savoir si on doit la qualifier de Theotokos (« mère de Dieu », la partie divine du Christ), de Christothokos (« mère du Christ »), de Theodochos (« celle qui reçoit Dieu ») ou seulement d’Anthropotokos (« mère de l'Homme », la partie humaine du Christ). Cherchant à résoudre la question, Nestorius affirma que les deux natures du Christ, humaine et divine, vivaient ensemble en lui, mais sans se confondre. Cela fut rapporté au patriarche d'Alexandrie, Cyrille, qui à son tour en informa l'évêque de Rome, Célestin Ier.

La question a également été posée à l'empereur Théodose II, qui convoqua le concile d'Éphèse en 431. Les partisans de Cyrille y arrivèrent avant ceux de Nestorius et condamnèrent le nestorianisme. Quand les nestoriens sont arrivés, ils ont pris à partie et excommunié le patriarche Cyril et ses partisans. La question fut finalement tranchée par les délégués du pape Célestin, qui prirent parti pour Cyrille. Théodose II, inquiété par la véhémence de ces controverses et les risques pour l'ordre établi, décida de dissoudre le concile sans prendre de décisions, mais, après que Nestorius ait quitté Éphèse, ses adversaires réussirent finalement à convaincre l'Empereur de le condamner.

Après le schisme de 1054, qui marque la séparation de l'Église de Rome, l'Église de Constantinople occupe une place prépondérante parmi les quatre membres restants de la Pentarchie. Après la Quatrième croisade, l'Église catholique organisa une éphémère Église latine de Constantinople ; pendant ce temps, le patriarcat de Constantinople résida provisoirement à Nicée, jusqu'en 1261. Un patriarcat arménien de Constantinople a été institué en 1461.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petit dictionnaire de l'Orient chrétien (§ Constantinople), Brepols, Turnhout, 1991, p. 113
  2. Démétrius John Georgacas, "The Names of Constantinople", dans : Transactions and Proceedings of the American Philological Association, (The Johns Hopkins University Press), 1947, fasc. 78, pp. 347–67. L'historien du Ve siècle Socrate le Scolastique écrit dans son Histoire ecclésiastique, I, 16 (vers 439) que l'empereur donna à la cité le nom de « Constantinople » en proclamant en même temps qu'elle soit désignée légalement sous le nom de « deuxième Rome » : Κωνσταντινούπολιν μετονομάσας, χρηματίζειν δευτέραν Ῥώμην νόμῳ ἐκύρωσεν.
  3. S; Runciman, op. cité, p. 23