Édouard John Ravel

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Édouard John Ravel
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Pierre-Joseph Ravel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marie Ravel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean-Édouard Ravel, aussi dit Édouard John Ravel ou simplement Édouard Ravel[1], né à Versoix le et mort à Genève Plainpalais le , est un peintre, graveur et illustrateur suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Édouard Ravel, oncle du compositeur Maurice Ravel, commence sa carrière par un apprentissage dans le cadre de la « Fabrique » qui formait alors des décorateurs pour l'horlogerie puis ouvre son propre atelier d'émailleur avant de s'inscrire à l'École d'art de Genève, où il est élève de Barthélemy Menn et Jacques Alfred van Muyden (en) à Genève.

Artiste polyvalent, Ravel pratique de nombreuses techniques: la miniature, le dessin, l'aquarelle, le pastel, l'eau-forte et la pointe sèche, l'affiche, la peinture de chevalet et la décoration monumentale. Ses talents multiples lui permettent cultiver la scène de genre, le portrait, la peinture d'animaux, le paysage, la peinture d'histoire et l'allégorie[2].

Il fait partie de la Commission fédérale des Beaux-Arts et enseigne l'art appliqué à l'industrie et l'histoire de l'art à l'École des Beaux-Arts de Genève, mais trouve sa voie en Valais, notamment à Évolène, parcourant à partir de 1885 le val d'Hérens et celui d'Anniviers à la recherche de vues pittoresques[3].

Il commence à exposer au Salon de Paris à partir de 1878. Il y obtient une mention honorable en 1879 pour son premier chef-d'œuvre, L'école de dessin, inspiré peut-être de l'institution genevoise dite « L'école des demoiselles » créée en 1852 et réservée aux jeunes filles, et qui fonctionne jusqu'en 1870[4]. Il reçoit une médaille de bronze lors de l'Exposition universelle de 1889 à Paris.

Dans le domaine de la peinture d'histoire il s'illustre notamment avec sa Justice chez les Helvètes qui lui vaut en 1891 un troisième prix au premier concours pour la décoration du Tribunal fédéral de Montbenon à Lausanne. Cette composition est ensuite développée sur une grande toile donnée à l'Hôpital de Genève puis diffusée par une carte postale; elle est reprise en 1904 pour illustrer l' Histoire de la Suisse par William Rosier[5].

Édouard Ravel a obtenu diverses commandes de décoration monumentale, notamment pour la Mairie de Plainpalais, à Genève, où l'artiste signe en 1894 une grande composition illustrant les Jardins maraîchers de la ville, ou encore pour la salle communale de Plainpalais construite par l'architecte Joseph Marshall en 1908-1909[6], où il réalise en 1912 une grande toile intitulée Harmonies célestes[7].

Plusieurs tableaux d'Édouard Ravel sont conservés dans la demeure de Maurice Ravel à Montfort-l'Amaury, le Belvédère : notamment trois portraits de famille dans le salon de musique (Maurice Ravel enfant, Édouard Ravel — son frère cadet — enfant, et la mère du compositeur, Marie Delouart). Un portrait présumé du père de Maurice Ravel par son frère a été acquis en 2017 par les Amis de Maurice Ravel[8].

Artiste longtemps relégué au purgatoire des oubliés parce que ne faisant pas de la « peinture moderne », Ravel fait pourtant preuve d'un grand métier et de talents multiples. Il est aujourd'hui peu à peu réhabilité. Ainsi, il a fallu attendre 2014 pour qu'un galeriste français organise à Morges sa première exposition depuis 1928[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il signait « Édouard Ravel ».
  2. Junod 2020, p. 11
  3. Philippe Junod, « Un Ravel peut en cacher deux autres », Passé simple. Mensuel romand d'histoire et d'archéologie, no 28,‎ , p. 15-17.
  4. Junod 2020, p. 19
  5. Junod 2020, p. 24
  6. Armand Brulhart et Erica Deuber-Puli, Arts et monuments. Ville et canton de Genève, Berne, Société d’histoire de l’art en Suisse, coll. « Guides des monuments d’art et d’histoire », , 439 p. (ISBN 3-7165-0916-7), p. 181
  7. Junod 2020, p. 47-49
  8. « Patrimoine de l’association des Amis de Maurice Ravel », sur boleravel.fr (consulté le )
  9. Junod 2020, p. 8

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Exposition Edouard Ravel : Genève 1847-1920 : Musée Arlaud, Lausanne, du 4 au 19 février 1928 : catalogue illustré

Musée Arlaud (Lausanne) : (Photocopie de l'éd. de Lausanne, Musée Arlaud, 1928), Lausanne, Musée Cantonal des Beaux-Arts, , 8 f..

  • (de) Carl Brun, Schweizerisches Künstler-Lexikon, t. II H-R, Frauenfeld, Huber, , 711 p., p. 598.
  • Jules Cougnard, « Édouard Ravel », Pages d'Art. Revue mensuelle suisse illustrée, no 9,‎ , p. 3-24.
  • Philippe Junod, « Un Ravel peut en cacher deux autres », Passé simple. Mensuel romand d'histoire et d'archéologie, no 28,‎ , p. 15-17.
  • Philippe Junod, « Le peintre Édouard Ravel redécouvert », Cahiers Maurice Ravel, no 19,‎ , p. 59-78.
  • Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1776 p. (ISBN 2-36-890577-4, BNF 45607052) (publication de plusieurs documents en lien avec Édouard John Ravel)
  • Philippe Junod, Ravel, peintre genevois, Gollion, Infolio, coll. « Presto », , 62 p. (ISBN 978-2-88474-440-9).
  • Vincent Arlettaz, « Édouard John Ravel (1847-1920) », Revue musicale de Suisse romande, vol. 75, no 2,‎ , p. 4-31 (ISSN 0035-3744).

Liens externes[modifier | modifier le code]