William Bates

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Dr William H. Bates
William Horatio Bates (1860-1931)

William Horatio Bates (23 décembre 1860 - 10 juillet 1931 (à 70 ans)) est un éminent ophtalmologiste new-yorkais, professeur et chirurgien. Il mit au point au début du XXe siècle la méthode d'amélioration de la vue qui porte son nom – la méthode Bates –, une méthode d'apprentissage ayant pour but et résultat potentiel un profond changement dans la capacité de voir.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Diplômé en agriculture à l'Université de Cornell en 1881, William Bates est reçu médecin en 1885 par l'École de médecine et de chirurgie de l'université Columbia de New York[1]. En 1886, il devient assistant à la clinique oto-ophtalmologique de Manhattan et exerce en parallèle son métier de médecin dans plusieurs centres hospitaliers de New York, dont l'hôpital Bellevue, les dispensaires Nord et Nord-Est et l'hôpital de Harlem, où il instaure régulièrement des journées de consultations gratuites pour les pauvres. Il enseigna l'ophtalmologie à l'École supérieure de médecine – la « New York Postgraduate Medical School » – mais fut renvoyé après cinq ans d'exercice, car le directeur lui reprochait d'avoir appris à des médecins comment améliorer ou guérir leur myopie en se libérant de leurs lunettes. Il renonça alors à certains de ses engagements professionnels en 1896 pour se consacrer à des recherches sur la vue. Il fut, en 1910, président de la Société médicale du district de Grand Forks[2].

Découvertes[modifier | modifier le code]

Dès 1886, il rassemble une documentation importante de cas de guérisons spontanées de diverses affections oculaires. Grâce aux recherches qu'il entreprend quelques années plus tard, il découvre un lien primordial entre l'état d'esprit et la vue : les états de détente augmentent le potentiel visuel, les états de tension le diminuent[3]. Il utilise pour cela l'observation par rétinoscopie.

Le rétinoscope lui permet de découvrir que l'ajustement visuel varie en permanence, c'est-à-dire qu'une personne de vue parfaite – le Dr Bates appelle vue parfaite ou vue normale toute vue possédant une capacité visuelle de 10/10 ou plus – ne peut rarement la posséder plus de quelques minutes ; inversement, les personnes de vue imparfaite peuvent avoir des moments de vue parfaite. Il observe aussi la vue de bébés et constate que « la réfraction des nourrissons change continuellement »[4].

Bates explique ces variations de l'ajustement visuel par le fait que le cristallin ne joue pas de rôle générateur dans le phénomène de l'accommodation, l'ajustement nécessaire pour la vue à différentes distances étant provoqué dans l'œil par un changement de longueur de cet organe sous l'action des six muscles externes tenant le globe oculaire. Selon lui, toute tension ou tout sureffort pour vouloir voir perturbe ce mécanisme, et l'erreur de réfraction serait donc la conséquence de ce dysfonctionnement. Par exemple, la myopie serait causée par une tension pour voir au loin et non par le travail de près. Il rejette aussi l'hypothèse selon laquelle les problèmes visuels seraient héréditaires.

Le Dr Bates constate que l'œil est toujours perturbé par les lunettes et affirme : « on ne peut […] pas voir au travers [des verres correcteurs] si l'on ne produit pas le degré d'erreur de réfraction qu'ils sont censés corriger. On sait pourtant que les erreurs de réfraction d'un œil laissé libre ne sont jamais constantes »[5].

Bates a également découvert les propriétés astringence et hémostatique de la substance produite par la glande surrénale, et sa valeur en médecine, en particulier en chirurgie. La substance sera plus tard commercialisée en tant qu'adrénaline.

Méthode Bates[modifier | modifier le code]

Article détaillé : méthode Bates.

La méthode Bates est le nom donné aux procédés éducatifs dont la finalité est une amélioration notable de la vue de la personne les expérimentant. Quasiment tous les procédés nécessitent une échelle de lecture de Snellen placée à au moins 3 m des yeux de la personne qui la regarde[6]. Cette méthode est différente du « yoga des yeux » à l'historique inexistant et au domaine d'action flou, s'il en possède un[7]. Son application en milieu scolaire a eu lieu dans les écoles de New York de 1903 à 1911.

Publications[modifier | modifier le code]

Comme les droits d'auteur ont plus de 70 ans, la version originale de The Cure of Imperfect Sight by Treatment Without Glasses – l'œuvre majeure du Dr Bates – est disponible gratuitement sur Internet. En 1943, sa femme, Emily Bates, publie une version abrégée sous le titre de Better Eyesight Without Glasses, où sont supprimés quelques recommandations controversées, telles que « l'imagination du noir parfait » étant un substitut pour l'anesthésie, ou encore les allégations liées à regarder le soleil. Les écrits du Dr Bates ont par ailleurs été publiés dans des revues réputées, telles que Hearst's International ou encore American Journal of Clinical Medicine.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site de L'Institut William Bates France présentant le Dr Bates ainsi que les principes de sa méthode.

Site anglophone où sont notamment archivés de nombreux écrits du Dr Bates et de son épouse Emily Lierman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Qui est le Dr William Bates ? », dans la présentation de l'ouvrage Une vue parfaite sans lunettes, livre-clé du Dr Bates traduit en français par Jean-Philippe Marie Dit Moisson.
  2. « A Timeline of Dr Bates's work », sur le site iblindness.org.
  3. The Cure of Imperfect Sight by treatment without Glasses, « Ses découvertes ».
  4. Op. cit., chapitre VII, « La vue des enfants est très changeante » (dans la traduction française).
  5. Op. cit., chapitre VIII, « L'œil est perturbé par les lunettes ».
  6. Op. cit., chapitre XXVII, « Comment utiliser l'échelle de lecture de Snellen ».
  7. « Principes de la méthode Bates » sur le site de l'Institut William Bates (France).