Valentin Lacambre

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Valentin Lacambre est cofondateur de Gandi (Gestion et attribution des noms de domaine sur Internet), principal registrar français, avec Laurent Chemla, également à l’origine de la création de la Fédération Internet et Libertés (FIL) et est membre fondateur de la Coordination permanente des média libres.

Il fut auparavant à l’origine de la création du service minitel « 3615 INTERNET » permettant de se connecter à Internet via un minitel. Cela lui rapporta suffisamment de revenus, et lui permit de lancer en 1992 le service d’hébergement de sites web Altern.org[1].

Valentin Lacambre et les trois autres cofondateurs de la société Gandi ont revendu leurs parts en septembre 2005 pour 13,35 millions d’euros.

Affaire Altern.org[modifier | modifier le code]

En 1989, le mannequin Estelle Lefébure est prise en photo en privé par son petit ami de l'époque. Elle est notamment prise en photo alors qu’elle est nue. Par la suite, Estelle Lefébure quitte ce compagnon et se marie avec David Hallyday, propulsant sa notoriété et lui permettant de devenir un mannequin très célèbre. Il y a quelques années[Quand ?], le journal « Voici » est condamné pour avoir diffusé ces photos privées en exclusivité, les photos ayant été fournies par l’ex-petit ami sans l’autorisation d’Estelle Hallyday. Début 1998, ces photos sont diffusées sur le site altern.org par un inconnu qui les numérise à partir d’un ancien numéro du journal « Voici » et les met en ligne sur le site d’hébergement anonyme et gratuit altern.org géré par Valentin Lacambre. Estelle Hallyday poursuit en Justice l'hébergeur pour le préjudice subi du fait de la diffusion massive de ces photos sur internet.

La Cour d’Appel a reconnu la responsabilité de l’hébergeur du fait qu’il permettait à quiconque d’être hébergé en tout anonymat (l’hébergeur ne s’assurait pas de l’identité des hébergés).

La Cour d’Appel de Paris statuant en référé a condamné l’hébergeur à payer 300 000 francs de provisions sur dommages et intérêts et 30 000 francs de frais d’avocat à Madame Estelle Hallyday. Un accord financier sera effectué le 17 avril 1999 entre les avocats de Valentin Lacambre et ceux d’Estelle Hallyday.

En juin 2000, au lendemain du vote de la loi sur la liberté de communication, Valentin Lacambre résume l’affaire :

« Je ne m’attendais pas à ce que le texte soit voté en l’état, explique Valentin Lacambre. Je n’ai aucune envie de me retrouver lundi avec trois ou quatre huissiers devant ma porte. De toute façon je n’ai pas d’argent. Je ne veux pas aller à l’encontre de cette législation. »

« Je m’interroge également sur la portée de l’obligation qui est ainsi faite aux fournisseurs d’accès. Dois-je vérifier les déclarations d’identité des éditeurs de pages perso ? Dois-je leur demander une copie de leur carte d’identité ? Je ne me sens pas l’âme policière. De toute façon nous disposions déjà de moyens d’investigation pour identifier les auteurs de sites avec la conservation des données de connexion qui permettent de connaître l’ordinateur de la personne en cause. En fait je ne me vois pas moi personne physique gérer un fichier de 30 000 personnes. »

« Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer l’hébergement, j’attends encore quelques jours pour recueillir entre l’avis de mes avocats et demain je pars rejoindre quelques autres personnages étranges comme moi à Millau dans le Larzac. J’espère également pouvoir aller me baigner et pour le reste on verra la semaine prochaine. »

— juillet 2000

Valentin Lacambre a ensuite fermé le service d’hébergement gratuit Altern.org. De cette fermeture, et suite à la mobilisation des hébergés ainsi orphelins, sont nés trois projets d’hébergement indépendants : Lautre Net, L’APINC, et Ouvaton. De plus, le logiciel utilisé par Altern.org comme panneau de contrôle d’hébergement a été repris en main par les administrateurs de Lautre Net pour devenir un logiciel libre indépendant, nommé AlternC en mémoire à AlternB, la société de Valentin Lacambre.

Citations[modifier | modifier le code]

« Rien à péter des trolls qui disent que GIF c’est à eux. D’abord Internet c’est à moi ! » en 2000 sur la mailing-list d’altern.org, à propos de la librairie GD de PHP sur sa plate-forme d’hébergement. Cette citation faisait référence au fait que Valentin Lacambre, pour disposer du service 3615 Internet, avait dû déposer la marque Internet auprès de l’INPI pour justifier de la propriété du nom auprès de Transpac, et pouvait donc dire « Internet c’est à moi »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’Humanité, Rencontre avec Valentin Lacambre lire en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]