Ah ! vous dirai-je, maman

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Ah ! vous dirai-je, maman est une chanson enfantine populaire en France et dans le monde.

Selon Henri Davenson, le point de départ est une bergerie anonyme datant de 1740[1]. La mélodie est éditée notamment en 1761 (François Bouin, La Vielleuse habile[2],[3]), en 1771 (Les Amusements d'une heure et demy de M. Bouin) et en 1783 (Michel Corrette, La belle vielleuse[3]). L'association actuelle de la mélodie et des paroles apparaît pour la première fois dans un manuscrit de 1765; on en connaît une version imprimée à Bruxelles en 1774 sous le titre "La confidence naïve" ainsi qu'une version imprimée à Paris en 1780 intitulée "Les amours de Silvandre"[2].

Cette mélodie a été popularisée par douze variations de Wolfgang Amadeus Mozart, à qui on attribue souvent, à tort, la composition de la mélodie elle-même.

La Confidence[modifier | modifier le code]

Les paroles de la chanson enfantine sont une parodie d'un poème d'amour anonyme, La Confidence[4] :

Ah ! vous dirai-je, maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Depuis que j'ai vu Clitandre,
Me regarder d'un air tendre ;
Mon cœur dit à chaque instant :
« Peut-on vivre sans amant ? »

L'autre jour, dans un bosquet,
De fleurs il fit un bouquet ;
Il en para ma houlette
Me disant : « Belle brunette,
Flore est moins belle que toi ;
L'amour moins tendre que moi.

Étant faite pour charmer,
Il faut plaire, il faut aimer ;
C'est au printemps de son âge,
Qu'il est dit que l'on s'engage.
Si vous tardez plus longtemps,
On regrette ces moments. »

Je rougis et par malheur
Un soupir trahit mon cœur.
Le cruel avec adresse,
Profita de ma faiblesse :
Hélas, maman ! un faux pas
Me fit tomber dans ses bras.

Je n'avais pour tout soutien
Que ma houlette et mon chien.
L'amour, voulant ma défaite,
Ecarta chien et houlette ;
Ah ! qu'on goûte de douceur,
Quand l'amour prend soin d'un cœur !

Variations[modifier | modifier le code]

Tradition populaire[modifier | modifier le code]

La chanson a servi de base mélodique et harmonique à de nombreuses variations enfantines et populaires. Par exemple, en variations rythmiques temps par temps, À la pêche aux moules et Le Palais-Royal est un beau quartier sont issus directement de Ah ! vous dirai-je, maman :

PM PR.jpg

De même, les chansons Quand trois poules vont aux champs et La vigne aux moineaux reprennent la même mélodie.

Mozart[modifier | modifier le code]

Fichier audio
12 Variations sur « Ah ! vous dirais-je, maman » (info)
Fichier:K265 (Ah vous dirai-je, Maman).mid

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Mozart K 265.jpg
Partition du thème « Ah ! vous dirai-je, maman » de Mozart

Wolfgang Amadeus Mozart a composé pour le piano douze Variations sur « Ah ! vous dirais-je, maman », K.265. On a pensé longtemps qu'il écrivit cette œuvre à Paris en 1778, mais des études graphologiques ont amené à placer la composition à Vienne en 1781-1782[5], époque où Mozart était âgé de 25 ans. G. de Saint-Foix note que, dans ces variations, un usage systématique des accords de seconde (fausses relations) donne un caractère moderne à l'harmonie. Il ajoute : « ce thème varié, mis en regard de tant d'autres qui tentent de varier le même sujet vers le même temps, nous apparaît, malgré son but ou son apparence pédagogique, comme prodigieusement au-dessus de ceux que nous avons eu l'occasion de consulter[6] ».

Autres compositeurs classiques[modifier | modifier le code]

Les compositeurs suivants ont aussi utilisé cette chanson dans leurs compositions

Paroles et musique[modifier | modifier le code]

Ah! vous dirai-je, Maman (partition).jpg
Paroles Variante Autre variante

Ah ! vous dirai-je, maman,
Ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je raisonne,
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison.

Ah ! vous dirai-je, maman,
ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je demande
de la soupe et de la viande...
Moi, je dis que les bonbons
valent mieux que les mignons.

Ah ! vous dirai-je, maman,
ce qui cause mon tourment
Papa veut que je retienne
des verbes la longue antienne...
Moi, je dis que les bonbons
valent mieux que les leçons.

La comptine de tradition populaire française Quand trois poules vont au champ se chante aussi sur l'air de Ah! vous dirai-je, Maman:

Quand trois poules vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois poules vont au champ
La première va devant

Versions anglaises[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Twinkle Twinkle, Little Star (info)

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Une version anglaise existe : Twinkle Twinkle, Little Star (« Brille, brille, petite étoile »). C'est une des chansons enfantines anglaises les plus populaires. Elle a été adaptée avec un poème de Jane Taylor (The Star). Cette poésie a été publiée en 1806 dans une collection de poème Rhymes for the Nursery.

Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
Up above the world so high,
Like a diamond in the sky.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
When the blazing sun is gone,
When he nothing shines upon,
Then you show your little light,
Twinkle, twinkle, all the night.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
Then the traveller in the dark,
Thanks you for your tiny spark,
He could not see which way to go,
If you did not twinkle so.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
In the dark blue sky you keep,
And often through my curtains peep,
For you never shut your eye,
Till the sun is in the sky.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
As your bright and tiny spark,
Lights the traveller in the dark,—
Though I know not what you are,
Twinkle, twinkle, little star.
Twinkle, twinkle, little star,
How I wonder what you are!
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !
Si haut au-dessus du monde
Comme un diamant dans le ciel
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !
Lorsque le soleil disparaît
Et lorsqu'il ne peut plus briller
Tu montres un peu de lumière,
Brille, brille, toute la nuit
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !
Et le voyageur dans le noir,
Te remercie de tes étincelles,
Comment pourrait-il voir son chemin
Si tu ne brillais pas ainsi ?
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !
Dans le sombre ciel bleu tu restes
Et, de temps en temps, tu regardes à travers mes rideaux,
Car tu ne fermes jamais l'œil
Avant que le soleil apparaisse
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !
Ce sont ta clarté et ta lueur
Qui éclairent le voyageur dans le noir,—
Bien que je ne sache pas qui tu es,
Brille, brille, petite étoile
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais savoir qui tu es !

La comptine Baa, Baa, Black Sheep en est également dérivée. Dans Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll fait chanter par le Chapelier fou une comptine reprenant la même mélodie :

Twinkle, twinkle, little bat!
How I wonder what you're at!
Up above the world you fly,
Like a tea tray in the sky.
Twinkle, twinkle, little bat!
How I wonder what you're at!
Brille, brille petite chauve-souris !
Comme je me demande ce que tu manigances.
Tu survoles de haut le monde
Comme un plateau à thé dans le ciel.
Brille, brille petite chauve-souris !
Comme je me demande ce que tu manigances.

Dans une scène cinématique de Batman: Arkham City, le Joker braque un fusil de précision sur Catwoman en chantonnant :

Twinkle, twinkle, little bat, watch me kill your favourite cat!
Ah, te dirais-je, cher Batou… qui va tuer ton gentil matou ?

Version vietnamienne[modifier | modifier le code]

Une version vietnamienne existe : Cùng quây quần (« Chantons ensemble »)[7].


Autres paroles en français[modifier | modifier le code]

Version allemande[modifier | modifier le code]

Une version allemande existe : Morgen kommt der Weihnachtsmann (Demain passe le père Noël) d'August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (1798–1874) publiée vers 1840

Morgen kommt der Weihnachtsmann,
Kommt mit seinen Gaben.
Trommel, Pfeife und Gewehr,
Fahn und Säbel und noch mehr,
Ja ein ganzes Kriegesheer,
Möcht’ ich gerne haben.
Bring’ uns, lieber Weihnachtsmann,
Bring’ auch morgen, bringe
Musketier und Grenadier,
Zottelbär und Panthertier,
Roß und Esel, Schaf und Stier,
Lauter schöne Dinge.
Doch du weißt ja unsern Wunsch,
Kennest unsere Herzen.
Kinder, Vater und Mama,
Auch sogar der Großpapa,
Alle, alle sind wir da,
Warten dein mit Schmerzen.

Version portugaise[modifier | modifier le code]

Três galinhas a cantar

Três galinhas a cantar
vão p’ro campo passear;
a da frent’é a primeira
logo’as outras em carreira,
vão assim a passear
os bichinhos procurar[réf. souhaitée]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Enregistrements[modifier | modifier le code]

La chanson originale (galante) a été enregistrée par l'ensemble Le Poème harmonique, dir. Vincent Dumestre, chant Claire Lefilliâtre, album « Plaisir d'amour, Chansons et romances de la France d'autrefois », Alpha, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Davenson, Le livre des chansons, Neuchâtel, Éditions de la Baconnière, 1944, p. 567. H. Davenson ne précise pas la source.
  2. a et b George List, "The Distribution of a Melodic Formula: Diffusion or Polygenesis?", Yearbook of the International Folk Music Council, v.10, (1978), pp. 33-52
  3. a et b Mentionné dans le livret du CD « Plaisir d'amour, Chansons et romances de la France d'autrefois », Ensemble Le Poème harmonique, dir. Vincent Dumestre, Alpha, 2004
  4. Elle a aussi fait l'objet d'une illustration parodique dans la Rubrique-à-brac de Gotlib. Pour un autre texte, différent à la fin, voir Le Glaneur lyrique (1852), p. 32-33
  5. David Humphreys, dans H.C. Robbins Landon (dir.), Dictionnaire Mozart, éd. Jean-Claude Lattès, 1990, p. 416.
  6. G. de Saint-Foix, Wolfgang Amédée Mozart, 3e édition, vol. III, Desclée De Brouwer, 1960, p. 95.
  7. Piste 10 dans l'album Vietnam - Rondes, Comptines et Berceuses, ArB Music,‎ 2005
  8. Album Chansons "Très" Libertines (1963), Colette Renard, accompagnée par Raymond Legrand et son orchestre, chansons recueillies et adaptées par Guy Breton. Voir le site Je chante.