Ah ! vous dirai-je, maman
Ah ! vous dirai-je, maman est une chanson enfantine populaire en France et dans le monde.
Selon Henri Davenson, le point de départ est une bergerie anonyme datant de 1740[1]. La mélodie est éditée notamment en 1761 (François Bouin, La Vielleuse habile[2]), en 1771 (Les Amusements d'une heure et demy de M. Bouin) et en 1783 (Michel Corrette, La belle vielleuse[2]). Cette mélodie a été popularisée par douze variations de Wolfgang Amadeus Mozart, à qui on attribue souvent, à tort, la composition de la mélodie elle-même.
Sommaire |
La Confidence [modifier]
Les paroles de la chanson enfantine sont une parodie d'un poème d'amour anonyme, La Confidence[3] :
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Ah ! vous dirai-je, maman, |
L'autre jour, dans un bosquet, |
Étant faite pour charmer, |
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Je rougis et par malheur |
Je n'avais pour tout soutien |
Variations [modifier]
Tradition populaire [modifier]
La chanson a servi de base mélodique et harmonique à de nombreuses variations enfantines et populaires. Par exemple, en variations rythmiques temps par temps, À la pêche aux moules et Le Palais-Royal est un beau quartier sont issus directement de Ah ! vous dirai-je, maman :
De même, les chansons Quand trois poules vont aux champs et La vigne aux moineaux reprennent la même mélodie.
Mozart [modifier]
| Fichier audio |
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| 12 Variations sur « Ah ! vous dirais-je, maman » (info) |
Wolfgang Amadeus Mozart a composé pour le piano douze Variations sur « Ah ! vous dirais-je, maman », K.265. On a pensé longtemps qu'il écrivit cette œuvre à Paris en 1778, mais des études graphologiques ont amené à placer la composition à Vienne en 1781-1782[4], époque où Mozart était âgé de 25 ans. G. de Saint-Foix note que, dans ces variations, un usage systématique des accords de seconde (fausses relations) donne un caractère moderne à l'harmonie. Il ajoute : « ce thème varié, mis en regard de tant d'autres qui tentent de varier le même sujet vers le même temps, nous apparaît, malgré son but ou son apparence pédagogique, comme prodigieusement au-dessus de ceux que nous avons eu l'occasion de consulter[5] ».
Autres compositeurs classiques [modifier]
Les compositeurs suivants ont aussi utilisé cette chanson dans leurs compositions
- Adolphe Adam, Le Toréador ou l'Accord parfait (1849)
- Camille Saint-Saëns, Le Carnaval des animaux : le 12e mouvement (« Fossiles ») cite brièvement le thème
- Ernő Dohnányi, Variations sur une chanson enfantine pour piano et orchestre, op. 25 (1914)
- Erwin Schulhoff, Dix variations sur « Ah ! vous dirai-je, maman » et Fugue
- John Corigliano, The Mannheim Rocket
- Franz Liszt, Ah ! vous dirai-je, maman (S.163b)
- Theodor von Schacht (de), 3e mouvement (Allegretto con variazioni) de son Concerto pour clarinette en si bémol majeur
- Johann Christoph Friedrich Bach, Allegretto avec 18 variations en sol majeur sur « Ah, vous dirais-je, Maman » (vers 1785)
Paroles et musique [modifier]
| Paroles | Variante | Autre variante |
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Ah ! vous dirai-je, maman, |
Ah ! vous dirai-je, maman, |
Ah ! vous dirai-je, maman, |
La comptine de tradition populaire française Quand trois poules vont au champ se chante aussi sur l'air de Ah! vous dirai-je, Maman:
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Quand trois poules vont au champ |
Versions anglaises [modifier]
| Fichier audio |
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| Twinkle Twinkle, Little Star (info) |
Une version anglaise existe : Twinkle Twinkle, Little Star (« Brille, brille, petite étoile »). C'est une des chansons enfantines anglaises les plus populaires. Elle a été adaptée avec un poème de Jane Taylor (The Star). Cette poésie a été publiée en 1806 dans une collection de poème Rhymes for the Nursery.
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La comptine Baa, Baa, Black Sheep en est également dérivée. Dans Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll fait chanter par le Chapelier fou une comptine reprenant la même mélodie :
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Dans une scène cinématique de Batman: Arkham City, le Joker braque un fusil de précision sur Catwoman en chantonnant :
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Version vietnamienne [modifier]
Une version vietnamienne existe : Cùng quây quần (« Chantons ensemble »)[6].
Version grivoise [modifier]
Colette Renard a chanté une version grivoise de la chanson.
- Ah! vous dirai-je Maman
- À quoi nous passons le temps
- Avec mon cousin Eugène
- Sachez que ce phénomène
- Nous a inventé un jeu
- Auquel nous jouons tous les deux
- Il m'emmène dans le bois
- Et me dit : « Déshabille-toi ! »
- Quand je suis nue tout entière
- Il me fait coucher par terre
- Et de peur que je n'aie froid
- Il vient se coucher sur moi
- Puis il me dit d'un ton doux :
- « Écarte bien tes genoux »
- Et la chose va vous faire rire
- Il embrasse ma tirelire
- Oh vous conviendrez, Maman,
- Qu'il a des idées, vraiment !
- Puis il sort, je ne sais d'où,
- Un p’tit animal très doux
- Une espèce de rat sans pattes
- Qu'il me donne et que je flatte
- Oh le joli petit rat
- D'ailleurs il vous l’montrera
- Et c'est juste à ce moment
- Que le jeu commence vraiment
- Eugène prend sa petite bête
- Et la fourre dans une cachette
- Qu'il a trouvée, le farceur,
- Où vous situez mon honneur!
- Mais ce petit rat curieux
- Très souvent devient furieux
- Voilà qu'il sort et qu'il rentre
- Et qu'il me court dans le ventre
- Mon cousin a bien du mal
- À calmer son animal
- Complètement essoufflé
- Il essaye de le rattraper
- Moi je ris à perdre haleine
- Devant les efforts d'Eugène
- Si vous étiez là Maman
- Vous ririez pareillement
- Au bout de quelques instants
- Le p'tit rat sort en pleurant
- Alors Eugène qui tremblote
- Le r’met dans sa redingote
- Et puis tous deux nous rentrons
- Sagement à la maison
- Mon cousin est merveilleux
- Il connaît des tas de jeux
- Demain soir sur la carpette
- Il doit m'apprendre la levrette
- Si vraiment c'est amusant
- J’vous l'apprendrai en rentrant
- Voici ma chère Maman
- Comment je passe mon temps
- Vous voyez je suis très sage
- Je fuis tous les bavardages
- Et j'écoute vos leçons
- Je ne parle pas aux garçons !
Version allemande [modifier]
Une version allemande existe : Morgen kommt der Weihnachtsmann (Demain passe le Père Noël) Hoffmann von Fallersleben (1798–1874) publiée vers 1840
- Morgen kommt der Weihnachtsmann,
- Kommt mit seinen Gaben.
- Trommel, Pfeife und Gewehr,
- Fahn und Säbel und noch mehr,
- Ja ein ganzes Kriegesheer,
- Möcht’ ich gerne haben.
- Bring’ uns, lieber Weihnachtsmann,
- Bring’ auch morgen, bringe
- Musketier und Grenadier,
- Zottelbär und Panthertier,
- Roß und Esel, Schaf und Stier,
- Lauter schöne Dinge.
- Doch du weißt ja unsern Wunsch,
- Kennest unsere Herzen.
- Kinder, Vater und Mama,
- Auch sogar der Großpapa,
- Alle, alle sind wir da,
- Warten dein mit Schmerzen.[réf. souhaitée]
Version portugaise [modifier]
Três galinhas a cantar
- Três galinhas a cantar
- vão p’ro campo passear;
- a da frent’é a primeira
- logo’as outras em carreira,
- vão assim a passear
- os bichinhos procurar[réf. souhaitée]
Liens externes [modifier]
- Ah! vous dirai-je, maman (Mozart) : partitions libres dans l’International Music Score Library Project.
Enregistrements [modifier]
La chanson originale (galante) a été enregistrée par l'ensemble Le Poème harmonique, dir. Vincent Dumestre, chant Claire Lefilliâtre, album « Plaisir d'amour, Chansons et romances de la France d'autrefois », Alpha, 2004.
Notes et références [modifier]
- Henri Davenson, Le livre des chansons, Neuchâtel, Éditions de la Baconnière, 1944, p. 567. H. Davenson ne précise pas la source.
- Mentionné dans le livret du CD « Plaisir d'amour, Chansons et romances de la France d'autrefois », Ensemble Le Poème harmonique, dir. Vincent Dumestre, Alpha, 2004
- Elle a aussi fait l'objet d'une illustration parodique dans la Rubrique-à-brac de Gotlib.
- David Humphreys, dans H.C. Robbins Landon (dir.), Dictionnaire Mozart, éd. Jean-Claude Lattès, 1990, p. 416.
- G. de Saint-Foix, Wolfgang Amédée Mozart, 3e édition, vol. III, Desclée De Brouwer, 1960, p. 95.
- Piste 10 dans l'album Vietnam - Rondes, Comptines et Berceuses, ArB Music, 2005