Stalker (film)

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Stalker

Réalisation Andreï Tarkovski
Scénario Arcadi et Boris Strougatski
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l’URSS Union soviétique
Sortie 1979
Durée 163 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Stalker (Сталкер) est un film soviétique réalisé par Andreï Tarkovski, sorti en 1979.

Le titre Stalker vient d'un terme anglais qui signifie « chasseur furtif et silencieux » (littéralement, chasseur à l'approche, rôdeur, ou traqueur).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Il existe une zone, lieu dont personne ne connaît la nature. A-t-elle été touchée par une bombe atomique ? Une météorite ? La venue d'extraterrestres ? Cette zone est crainte par tout le monde et cernée par la police. On ne peut y entrer : elle est considérée comme dangereuse. En son cœur, on dit qu'il existe un lieu, « la chambre », où tous les souhaits peuvent être réalisés. Des passeurs, nommés « stalkers », peuvent guider ceux qui tentent d'atteindre la zone…

Un écrivain et un professeur de physique sont parvenus à entrer en contact avec un stalker et décident de pénétrer dans la zone et de découvrir cette fameuse chambre. Ils ignorent que la zone suit ses propres règles, dont seul le stalker peut comprendre le sens. Ces règles contraignent le professeur et l'écrivain à révéler leur personnalité intime, ce qu'ils cachent au plus profond d'eux-mêmes.

Arrivés au seuil de la chambre, après avoir traversé de multiples obstacles ayant révélé les véritables intentions de chacun des protagonistes, le professeur et l'écrivain sont confrontés à une ultime crise existentielle : le professeur veut détruire la zone par crainte qu'elle ne tombe en de mauvaises mains (raison honorable qui cache en réalité un désir de vengeance personnelle) ; l'écrivain, dans son désir de retrouver une gloire perdue et ayant perdu foi en lui-même, finit par s'identifier au sacrifice du Christ.

Mais voici que les derniers masques tombent, y compris celui du stalker qui est peut-être tout simplement un truqueur, un superbe sophiste qui arrive à faire vivre, à faire ressentir dans le monde réel nos émotions, nos intentions les plus cachées… Ou alors le stalker ne serait-il pas un mystagogue, un révélateur de l'âme, celui qui accompagne les hommes vers la révélation mystique ? Comment expliquer également les pouvoirs que détient sa fille, et pourquoi un oiseau disparaît-il subitement alors qu'il survole les trois hommes dans leur « quête ». Curieusement c'est le professeur, le rationaliste, qui perçoit dans le stalker le mystagogue et c'est l'écrivain qui perçoit le sophiste, le truqueur, dans le stalker.

Tout est-il donc inversé dans la zone ? Et qui est, en définitive, le stalker ? Le professeur, l'écrivain arriveront-ils à outrepasser cette dernière crise ? Arriveront-ils à pénétrer dans la chambre ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Grâce à ses contacts à l'Ouest, Tarkovski avait obtenu pour son film des pellicules Kodak d'un type nouveau. Mais les laboratoires soviétiques n'étaient pas familiarisés avec ce produit et à la suite d'erreurs dans le développement de la pellicule, une partie du film fut détériorée (ce que Tarkovski attribua à un complot de ses ennemis[réf. nécessaire]). Un an de travail sur les scènes d'extérieur fut ainsi perdu et le projet aurait été abandonné si Tarkovski n'avait finalement obtenu de l'administration soviétique le budget nécessaire pour tourner de nouveau les plans perdus, en décidant de faire un film en deux parties.

Cet incident contribua au remplacement du directeur de la photographie, Gueorgui Rerberg, par Aleksandr Kniajinski. Les relations entre Rerberg et Tarkovski s'étaient déjà dégradées tout le long du tournage depuis que Rerberg se fut opposé à ce que la femme de Tarkovski, Larissa Tarkovskaïa joue le rôle de la femme de Stalker.

Plusieurs membres de l'équipe de tournage sont morts quelques années après celui-ci de cancer, ce que Vladimir Sharun (responsable de la prise de son) attribue dans une interview à la forte pollution industrielle des différents lieux de tournage autour de Tallinn[1].

Le réalisteur Konstantin Lopouchanski a été stagiaire de Tarkovski pour le tournage du film.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • L'affiche du film pour sa diffusion occidentale fut réalisée par Jean-Michel Folon[2].
  • Chris Marker, dans son film de 1982 Sans soleil, s'est sans doute inspiré de la « Zone » pour décrire l'espace de transformation entre les images et la mémoire qui leur est liée
  • Les paroles de la chanson de Björk The Dull Flame of Desire (sorti sur son album Volta en 2007) sont la traduction du poème de Fiodor Tiouttchev qui est cité à la fin du film. Le livret indique que le film est bien la source d'inspiration.
  • Le morceau Requiem for Dying Mothers, Partie 2 de l'album The Tired Sounds of Stars of the Lid des Stars Of The Lid sorti en 2001, utilise la bande-son de la scène où la fille du Stalker use de ses pouvoirs de télékinésie pour pousser des verres.
  • Brian Lustmord et Robert Rich ont composé ensemble un album Stalker, sorti en 1995.
  • L'artiste techno Richie Hawtin s'inspire de la scène de télékinésie dans la version DVD de son album de 2005 DE9 - Transitions
  • Jacek Kaczmarski a écrit une chanson Stalker, inspirée du film.
  • Orchestral Manoeuvres in the Dark ont enregistré The Avenue, autour de la bande-son de la draisine du film.
  • Dans le film In the Soup de 1992, on peut voir un poster du film dans l'appartement d'Aldolfo.
  • Dans la BD La femme piège d'Enki Bilal, il est écrit « stalker » sur un immeuble en hommage à Tarkovski
  • Dans le film turc de Nuri Bilge Ceylan réalisé en 2002, Uzak le héros du film visionne le film chez lui.
  • Damien Gouviez, artiste français, dédie deux sculptures au réalisateur en les nommant Stalker et Solaris[3].
  • L'artiste de musique électronique Carsten Nicolai, alias Alva Noto, lui dédie un titre nommé "Stalker (For Andrei Tarkovski)" dans son album "For 2".
  • Deux hommages par le groupe de musique électronique et flamenco Von Magnet : « Stalker Project », un spectacle écrit pour trois usines désaffectées en France, ainsi que leur morceau Stalker figurant dans l'album Mezclador paru en 1998.
  • La Maison d'Ailleurs propose l'exposition « Stalker – Expérimenter la zone», du 14 septembre 2013 au 2 mars 2014.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Le jeu vidéo S.T.A.L.K.E.R.: Shadow of Chernobyl, sorti en 2007, emprunte quelques éléments de l'histoire du film.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stas Tyrkin, « In Stalker Tarkovsky foretold Chernobyl », Komsomolskaya Pravda,‎ 23 mars 2001 (lire en ligne)
  2. Affiche du film (sortie occidentale) dessinée par Jean-Michel Folon
  3. Site de Damien Gouviez