Sitalcès

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Sitalkès (ou Sitalcès) est un prince thrace de la deuxième moitié du Ve siècle av. J.-C. et le deuxième ou le troisième roi des Odryses, d'environ 450 à 422 av. J.-C., selon les sources (Mladjov donne 431 à 424, Babelon 431 à 424, Grote le fait mourir en 422, Oppermann date le règne de 450 à 424 et Pauly de 450 à 425[1]).

Il est le fils du fondateur du premier royaume thrace, Térès Ier, et lui succède sur le trône des Odryses,peut-être avec son frère Sparadokos qui est aussi donné comme roi des Odryses entre l'année 464 et 431 av. J.-C.. Son neveu Seuthès Ier, fils de Sparadokos,lui succède sur le trône vers 422 av. J.-C.. Le fils aîné de Sitalkès, Sadokos, cité comme roi en 425/424 av. J.-C., est peut-être décédé avant lui.

Selon Diodore de Sicile, Sitalkès ne reçoit de son père qu'un royaume peu étendu, mais ses vertus, ses exploits et les tributs auxquels se soumettent les peuples qu'il conquiert le rendent très puissant, et il achève ce que son père a commencé[2]. Il se révèle être un bon chef militaire, obligeant les tribus qui font défection à reconnaître sa souveraineté. Le riche état se propage entre le Danube à la mer Égée et le roi construit des routes pour développer les échanges et bâtit une puissante armée[2].

Thucydide fait une description assez détaillée des États de Sitalkès : d'Abdère (sur la mer Égée) au sud à l'embouchure du Danube au nord, et de la mer Noire (et Byzance) à l'est à la source du Strymon, à l'ouest[3].

Avant le début de la guerre du Péloponnèse, les Athéniens souhaitent l'alliance du puissant royaume thrace et négocient par l'intermédiaire de Nymphodore, de la ville d'Abdère. L'alliance est ratifiée par les Athéniens, qui donnent en échange la citoyenneté athénienne à son fils Sadokos[2],[3].

Sitalkès est à un moment prêt à soutenir une guerre contre les Scythes. Cette nation a chassé Skylès, un de leurs rois, qui est reçu à la cour du roi thrace. Les Scythes, craignant que Sitalkès lui donne du secours et l'aide à remonter sur le trône, portent la guerre en Thrace. Mais Sitalkès ne veut pas entrer en guerre contre les Scythes, et leur livre Skylès, à condition qu'ils lui rendent son propre frère Sparadokos, exilé de Thrace, qui s'est réfugié chez eux.

En 429 av. J.-C., le roi de Thrace organise une campagne massive pour seconder les Athéniens qui veulent porter la guerre chez les Chalcidiens pendant la guerre du Péloponnèse[2]. Ce peuple quitte le parti des Athéniens pour suivre celui de Perdiccas II de Macédoine. Sitalkès devient l'instrument de la vengeance des Athéniens : il leur promet de faire la guerre aux Chalcidiens qui possèdent quelques villes entre la Thrace et la Macédoine[2]. Pour tenir ses engagements, et se venger en même temps de Perdiccas, il se met à la tête d'une armée considérable de tribus thraces et pannoniennes indépendantes, 150 000 guerriers selon Thucydide[3].

Dans sa suite se trouve Amyntas qu'il a le dessein de mettre sur le trône de Macédoine, à la place de son oncle Perdiccas[2],[3]. Mais ce projet n'a aucun succès. Ses troupes souffrent de la rigueur de l'hiver, et du défaut de provisions[3]. D'autre part, Perdiccas gagne secrètement Seuthès, neveu de Sitalkès et fils de Sparadokos: lui ayant promis en mariage sa sœur Stratonice, il obtient que Seuthès persuade Sitalkès de se retirer. Ainsi cette entreprise n'a d'autre suite que le mariage de Seuthès et de Stratonice.

Sitalkès et Nymphodore, de la ville d'Abdère, trahissent une ambassade des Spartiates et les livrent aux Athéniens qui les exécutent[4].

Peu de temps après, vers 424 av. J.-C., Sitalkès est tué dans un combat contre les Triballes, une tribu thrace. On peut conjecturer par une lettre de Philippe de Macédoine aux Athéniens, que Seuthès a été soupçonné du meurtre de son oncle.

Bien que Sitalkès ait des fils, dont l'aîné Sadokos, que les Athéniens ont mis au nombre de leurs citoyens et peut-être associé au trône par son père avant sa mort, c'est Seuthès Ier qui succède à Sitalkès sur le trône des Odryses. Il se peut donc que Sadokos soit mort avant son père ou ait été écarté par Seuthès.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]