Scytale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Scytale.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Scytale (Dune).

Chez les Spartiates, la scytale, également connue sous le nom de bâton de Plutarque, était un bâton de bois utilisé pour lire ou écrire une dépêche chiffrée. Considérée comme le plus ancien dispositif de cryptographie militaire connue[1], elle permettait l'inscription d'un message chiffré sur une fine lanière de cuir ou de parchemin que le messager pouvait porter à sa ceinture.

Scytale enroulée d'une bandelette vierge.

Après avoir enroulé la ceinture sur la scytale, le message était écrit en plaçant une lettre sur chaque circonvolution. Pour le déchiffrer, le destinataire devait posséder un bâton d'un diamètre identique à celui utilisé pour l'encodage. Il lui suffit d'enrouler la scytale autour de ce bâton pour obtenir le message en clair.

Il s'agit de l'un des plus anciens chiffrements de transposition ayant été utilisé. Plutarque raconte son utilisation par Lysandre de Sparte en 404 av. J.-C[2].

Casser le code[modifier | modifier le code]

Un tel code est faible et peut être facilement cassé d'autant plus qu'il s'agit uniquement d'une transposition et non d'une substitution des lettres. Une fois déroulée, la bande sur laquelle se trouve le message a cette forme :

MSETSEUEARR_SISG_EMQN

Un tel chiffrement est en fait une variante des chiffrements basés sur des grilles que l'on remplit ligne par ligne avec le texte en clair : les transpositions rectangulaires. Un texte chiffré correspond aux colonnes de la grille. La taille du bâton symbolise la largeur de la grille de transposition.

Avec cette vision du chiffrement, on peut dès lors attaquer avec les étapes suivantes :

  1. Compter le nombre de lettres sur la bande (ici 21)
  2. Créer des grilles de plusieurs tailles de façon à pouvoir placer toutes les lettres. Avec 21, nous avons 2x11, 3x7, 4x6, 5x5, 6x4, etc.
  3. Pour chaque grille, on remplit les cases ligne par ligne avec le texte chiffré. On fait de même avec une copie de cette grille mais en remplissant colonne par colonne cette fois. Cela revient à avoir par exemple une grille de 4x6 et 6x4.
  4. Vérifier si un texte en clair apparaît perpendiculairement au remplissage de la grille (si on a rempli ligne par ligne, on lit colonne par colonne).

Dans notre cas, avec une grille de 3x7 :

M S E
T S E
U E A
R R _
S I S
G _ E
M Q N

Le message n'apparaît pas dans les colonnes, on tente avec la grille inverse, soit 7x3 :

M S E T S E U
E A R R _ S I
S G _ E M Q N


On peut lire colonne par colonne : "MESSAGER_TRES_MESQUIN".

Référence culturelle[modifier | modifier le code]

L'écrivain de Science-fiction Frank Herbert s'est inspiré de ce système de cryptographie pour nommer son personnage du Cycle de Dune : Scytale. Scytale est un danseur-visage, un être polymorphe capable de prendre l'apparence et la voix de ses victimes.

L'écrivain de romans ésotériques Steve Berry s'est servi d'une Scytale pour nous mener jusqu’à la tombe d'Alexandre le Grand, plus de 2300 ans après sa mort: La conspiration du temple, chap 13, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du moins, le plus ancien d'emploi institutionnel, et c'est bien ainsi que le présente Plutarque. A. Muller signale, sans référence précise, l'emploi occasionnel de messages chiffrés par les Égyptiens et les Phéniciens mentionné par Hérodote et Polybe.
  2. Plutarque (trad. A.-M. Ozanam), Vies parallèles, Gallimard, coll. « Quarto » (ISBN 2-07-073762-4), « Vie de Lysandre, §XIX »
  • André Muller, Les écritures secrètes, vol. 116, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1971