San Sebastián de Garabandal

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Église paroissiale de Garabandal

San Sebastián de Garabandal ou Garabandal est un village rural et montagneux espagnol situé sur la commune de Rionansa dans la région autonome de Cantabrie. Le village fut un lieu de prétendues apparitions mariales de 1961 à 1965 qui attirèrent d'importantes foules ainsi qu'une médiatisation soutenue et il bénéficie depuis d'un important tourisme religieux. Ces supposées apparitions ont été fermement dénoncées par l'Église catholique et l'une des « voyantes », Mari-Cruz Gonzales, a admis qu'il s'agissait d'une supercherie.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Aspect du village de Garabandal
Monument dédié "à la mère de l'émigrant", sur la route conduisant au village

En raison d'une accessibilité réduite, le village a su garder l'aspect qu'il avait durant les années 1960 (et même bien avant) sans que le tourisme de masse ne modifie l'aspect du lieu, comme dans la ville de Lourdes par exemple.

Apparitions mariales[modifier | modifier le code]

Quatre préadolescentes prétendirent avoir été témoins des apparitions de la Vierge Marie, nommée Notre Dame du Mont-Carmel : Mari-Dolorès Mazon (dite Mari-Loli), Conchita Gonzalez, Jacinta Gonzalez et Mari-Cruz Gonzalez[1] qui, malgré un nom semblable, n'appartiennent pas à la même famille. La plupart des apparitions se seraient produites au-dessus du village dans un lieu comportant plusieurs pins mais également dans le village.

Position de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Après avoir effectué plusieurs enquêtes, l'évêque de Santander, Doroteo Fernandez, puis son successeur, Eugenio Beitia Aldazabal, conclurent que « le caractère surnaturel n'apparaît pas dans les phénomènes qui ont été attentivement examinés »[2],[3]. Puis, en 1967, le nouvel évêque, Mgr Vicente Puchol Montis publia une note officielle qui établit que : «

  1. Il n'y a eu aucune apparition, ni de la Sainte Vierge, ni de l'archange saint Michel, ni de quelque autre personnage céleste.
  2. Il n'y a eu aucun message.
  3. Tous les faits qui se sont produits dans ladite localité ont une explication naturelle.»[4],[3].

La Sacrée Congrégation pour la doctrine de la foi prit acte de ce constat de non supernaturalitate[5] et lui confirma qu'« elle est parvenue à la conclusion que cette question avait déjà été examinée minutieusement et tranchée par vous-même, et que par conséquent il n'y a pas de raison pour que cette Sacrée Congrégation intervienne »[6].

Mécontents de ce jugement définitif, les défenseurs de Garabandal tentèrent d'obtenir du Pape et du Vatican une nouvelle enquête sur les dites apparitions. La Sacrée congrégation pour la Doctrine de la foi publia alors une note en 1969 pour pleinement confirmer l'autorité de l'évêque. Elle indiqua qu'« Il est inutile que les défenseurs de Garabandal en appellent à une approbation du Saint-Siège contre les actions et les décisions de l'évêque de Santander en cette affaire. »[7].

Elle en profita également pour mettre fin à une rumeur persistante[8] selon laquelle Conchita Gonzalez aurait rencontré au cours d'une audience privée, le pape Paul VI, sur demande du cardinal Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office : « Il est également faux d'affirmer que Paul VI ait accordé à Conchita Gonzalez une audience privée ou une bénédiction spéciale. Elle a effectivement reçu la bénédiction au cours d'une audience générale, mais ce serait falsifier la vérité que d'interpréter cela comme une approbation de Garabandal par le Pape »[7]. Le 21 avril 1970, elle réfute une nouvelle fois ces rumeurs d'approbation papale par le biais du Préfet, Mgr Franjo Seper : « (...) le Saint-Siège n'a jamais approuvé, même indirectement, le mouvement de Garabandal. Bien au contraire le Saint-Siège déplore le fait que certaines personnes et institutions persistent à répandre le mouvement,(...) »[9].

Les évêques successifs, José María Cirarda Lachiondo, Juan Antonio del Val Gallo, José Vilaplana Blasco, Carlos Osoro Sierra et Vicente Jiménez Zamora n'ont jamais remis en cause cette conclusion négative[10],[11],.

Rétractations[modifier | modifier le code]

Les adolescentes se sont rétractées par écrit en 1966, elles ont déclaré à l'évêque, Mgr Vicente Puchol Montis, qu'il s'agissait à l'origine d'un jeu d'enfant mais que la pression sociale les avait poussées à mettre en scène des transes spectaculaires[12]. En 1971, Conchita Gonzalez et Jacinta Gonzalez renièrent leurs rétractations.

Mari-Cruz Gonzales n'est jamais revenue sur ses rétractations. Lors d'une interview en 1984, elle a réaffirmé que : « Je n'ai jamais vu la Vierge dans les pins ni tout autre personnage céleste. » (« Nunca vi a la Virgen en los pinos ni a ningún personaje celestial. »)[13] et que Conchita Gonzalez était l'instigatrice de la supercherie[13]. De son côté, Mari-Loli Mazon restait assez évasive lorsqu'elle était interrogée sur les phénomènes. Lors d'une interview réalisée au début des années 90, le journaliste Michael Brown fut étonné par ses trous de mémoire. Lorsqu'il lui demanda si elle était certaine d'avoir vu la Vierge, elle répondit : « Eh bien, je ne m'en souviens pas très bien et parfois, il me semble que c'est arrivé à quelqu'un d'autre. C'était il y a tellement longtemps. » (« Well, I don't remember very clearly and it seems like it happened to somebody else sometimes. It's so many years ago. »)[14].

Manifestations[modifier | modifier le code]

Les apparitions mariales auraient été précédées dès le 18 juin 1961, de 8 apparitions en 12 jours de l'archange Michel qui aurait annoncé le 1er juillet une apparition mariale pour le lendemain[15]. La Vierge serait apparue du 2 juillet 1961 au 13 novembre 1965 autour de 2000 fois[16]. Chacune des apparitions aurait été signalée à chacune des filles par 3 appels. Les extases des 4 filles furent vues, photographiées et filmées par de nombreux témoins. Lors des extases, de nombreux événements spectaculaires eurent lieu : chute violente des filles en avant sur les genoux contre des pierres et absence de marques, déplacements en marche arrière tête en l'air très rapide, légères lévitations, impossibilité de soulever les filles ou encore dans la nuit du 19 juillet 1962, une apparition d'hostie dans la bouche de Conchita des mains de l'archange Michel qui aurait été vue et photographiée par de nombreux témoins[17].

Messages de la Vierge[modifier | modifier le code]

Après plusieurs apparitions aux 4 filles, la Vierge leur aurait adressé un premier message destiné à être largement diffusé. Un autre message du même genre viendrait clôturer le cycle d'apparitions.

Le 18 octobre 1961:

« Vous devez faire beaucoup de sacrifices, beaucoup de pénitences et visiter le Saint-Sacrement très fréquemment. Mais d'abord vous devez mener de bonnes vies, sinon, un châtiment vous sera donné. La coupe est en train de se remplir, un grand châtiment tombera sur vous si vous ne changez pas. »

Le 18 juin 1965, Conchita aurait reçu le dernier message de la Vierge, filmé par la télévision espagnole :

« Comme mon message du 18 octobre [1961] n'a été ni respecté, ni suffisamment communiqué au monde, je vous annonce que celui-ci est le dernier. Auparavant, la coupe se remplissait, maintenant, elle déborde. Beaucoup de cardinaux, beaucoup d'évêques et beaucoup de prêtres marchent sur le chemin de la perdition, entraînant de nombreuses âmes avec eux. De moins en moins d'importance est donnée à l'Eucharistie. Vous devez détourner la colère de Dieu par vos efforts. Si vous lui demandez pardon avec une âme sincère, il vous pardonnera. Moi votre mère par l'intercession de l'archange Saint-Michel, je vous demande de vous amender. Ceci est le dernier avertissement. Je vous aime beaucoup et ne veux pas votre condamnation. Priez-nous sincèrement et nous vous exaucerons. Faites plus de sacrifices. Pensez à la passion de Jésus[18]. »

Prophéties[modifier | modifier le code]

La Vierge aurait fait également 4 prophéties. Elle aurait annoncé :

  • Un avertissement céleste d'ampleur mondiale, dont Mari-Loli connaissait l'année. Or, celle-ci est décédée le 20 avril 2009 sans avoir révélé ce secret.
  • Un grand miracle suivra. Conchita connaît la date du grand miracle et la communiquera 8 jours avant. Tout le monde le verra des montagnes avoisinantes, les malades guériront et les non-croyants se convertiront. Le 10 août 1971, Conchita précisa à un groupe de touristes américains que « le miracle s'accomplirait entre le 8 et 16 des mois de mars, avril et mai. Il n'arrivera ni en février, ni en juin »[19]. Conchita prédit également que lors de ce grand miracle, Joey Lomangino, un aveugle américain recevrait des yeux neufs. Or, il est mort le 18 juin 2014 sans avoir recouvré la vue.
  • Par la suite, un grand signe demeurera au-dessus des pins de Garabandal et sera visible à tous jusqu'à la fin des temps on pourra le photographier et le filmer mais non le toucher.
  • Un grand châtiment à la mesure de la réponse qui aura été donnée aux demandes précédentes de la Vierge.

Conchita aurait également eu la révélation que la fin des temps surviendrait après le troisième successeur de Jean XXIII. Or, François est le cinquième pape et rien ne s'est produit[20].

Interprétations[modifier | modifier le code]

La coïncidence des apparitions et de leur cessation avec le concile Vatican II, ainsi que les propos explicites de la Vierge sur les ecclésiastiques, ont donné lieu à des interprétations visant à rapprocher les 2 événements, par exemple, pour les catholiques conservateurs, dans le but de mettre en garde contre les "dérives" du concile[21].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • DVD San Sebastián of Garabandal, Les Témoins, M.F.J. Productions.
  • Brochure Le guide du pèlerin : Garabandal, le village, par Christophe Hayère, Maryvonne Maliet-Hémery et Denis Selosse, éditions Pays et Terroirs.
  • Livre Les Apparitions de Garabandal, par Frère Paul-Marie, éditions Hovine.
  • Livre La Vierge est-elle apparue à Garabandal ?, par F. Sanchez-Ventura y Pascual, Nouvelles éditions latines, 1966.
  • Livre Garabandal, le dernier espoir, par Christophe Hayère, éditions Pays et Terroirs.
  • Livre Elle se rendit en hate à la montage. Les Faits De Garabandal (1961-1965), par Père Eusebio Garcia de Pesquera, éditions Gallimard.
  • Livre Garabandal, Faits et Dates (nouvelle édition 2007), par Père Eusebio Garcia de Pesquera, éditions Résiac.
  • Livre Les apparitions de Garabandal: L'ultime avertissement?, par Ramon Perez, éditions Résiac.
  • Livre Garabandal, le village parle, par Ramon Perez, Résiac, Montsurs, 1977, in-8 br., 343pp (l'auteur a enquêté sur l'enquête de l'évêque).

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brochure Le guide du pèlerin, Garabandal, le village, par Christophe Hayère, Maryvonne Maliet-Hémery et Denis Selosse, éditions Pays et Terroirs, p.6-7
  2. Note de l'évêque de Santander, Documentation catholique, 1965, n°1457
  3. a et b Communiqué de l'évêché de Santander du 9 octobre 1968, Documentation catholique, 1969, page 47
  4. Note officielle de l'évêque de Santander, Documentation catholique, 1967, page 671
  5. Documentation catholique,‎ 1970, p. 532
    L'enquête diocésaine sur Garabandal, qui a conclu à la non-existence des apparitions, est close
  6. Cardinal Alfredo Ottaviani, Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 7 mars 1967
  7. a et b Note de la congrégation pour la Doctrine de la foi du 10 mai 1969, Documentation catholique, 1969, page 821
  8. Revue Garabandal, Padre Pio and Garabandal, par Barry Hanratty, janvier-mars 1968
  9. Lettre du cardinal-préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi à l'archevêque de La Nouvelle-Orléans, Mgr Philip M. Hannan, 21 avril 1970
  10. Lettre de Mgr Cirarda Lachiondo, évêque de Santander au Révérend D. Elmo L. Romagosa, 17 avril 1970
  11. Déclaration de l'Évêché de Santander sur Garabandal, Documentation catholique, 1978, page 394
  12. (es) Jesùs Delgado, « Cantabria espera a miles de peregrinos que llegan en busca un milagro », El Pais,‎ 12 avril 1995 (lire en ligne)
  13. a et b (es) Victor Gijòn, « Mari Cruz, la testigo que nada vio », El Pais,‎ 17 juin 1984 (lire en ligne)
  14. (en) Randall Sullivan, The Miracle Detective: An Investigative Reporter Sets Out to Examine How the Catholic Church Investigates Holy Visions and Discovers His Own Faith, Grove Press,‎ 2005, 450 p. (ISBN 0802141951), p. 186
  15. Documentaire Garabandal sur YouTube
  16. Brochure Garabandal, el mensaje de nuestra señora del carmen, Édition spéciale 1990, El aviso y el milagro, p.7
  17. Brochure Garabandal, el mensaje de nuestra señora del carmen, Edition spéciale 1990, El aviso y el milagro, p. 5
  18. DVD San Sebastián of Garabandal, Les Témoins, M.F.J. Productions.
  19. Brochure Garabandal, el mensaje de nuestra señora del carmen, Edition spéciale 1990, El aviso y el milagro, p.6
  20. Père Eusebio Garcia de Pesquera, Elle se rendit en hâte à la montagne,‎ 1977, p. 477
  21. Brochure Le guide du pèlerin, Garabandal, le village, par Christophe Hayère, Maryvonne Maliet-Hémery et Denis Selosse, éditions Pays et Terroirs, p.6