Rostam Farrokhzad

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Rostam ou Rustam Farrokhzād (رستم فرّخزاد en Persan) est le Ērān Spāhbod (commandant en chef) de l'armée de l'empire sassanide d'Iran pendant le règne de Yazdgard III (632 - 651).

Origine[modifier | modifier le code]

Selon l'historienne iranienne Parveneh Pourshariati, Rustam, translittéré traditionnellement en français en « Rostam », appartient à la famille féodale parthe des Ispahbudhān, apparentée aux Sassanides et originaire du Khorasan, une des provinces de l'empire Perse. Il serait le fils du prétendant de 631, Farrukh Hormizd V[1]. Il est très souvent confondu avec son frère Farrukhzād qui comme lui servait loyalement et efficacement l'armée sassanide.

Lorsque son père, entreprend de conquérir le trône, il laisse le gouvernement du Khorassan à Rostam. Après le meurtre de Farrukh Hormizd V par la reine, il occupe la capitale avec ses troupes, crève la yeux d'Azarmedûkht et la tue[2]. Rostam propose ensuite son appui au jeune prince Yazdgard âgé de 16 ans et réfugié dans le Fars pour prendre le pouvoir.

Commandant en chef[modifier | modifier le code]

Devenu empereur, Yazdgard III nomme Rustam Ērān Spāhbod (commandant en chef) d'une force perse destiner à combattre l'armée arabo-musulmane qui envahissait lentement l'empire par le sud-ouest. Bien que selon la tradition Rustam ait eu des doutes sur le succès de sa mission (certaines sources citent des rêves prémonitoires), il accepte l'ordre de Yazdgard III et se confronter à l'armée d'invasion musulmane près des rives de l'Euphrate, dans la plaine d'Al-Qadisiyya, lors de la bataille homonyme en 635/636 à la tête d'une armée de 80 000 hommes, renforcée par les vassaux arméniens 3 000 hommes commandés par le général Moušeł III, fils de Dawit Mamikonian, et les 1 000 hommes de Grigor II Novirak, prince de Siounie[3].

La bataille durera 3 jours avant la déroute perse. Le sort de Rostam est incertain[4]. Un dromadaire serait tombé sur lui et il aurait ensuite été pris par les Arabes qui l'aurait décapité[4].

Le poète persan Ferdowsi conte les exploits de Rustam et sa dernière bataille tragique dans le poème épique appelé Shâh Nâmâ. Ferdowsi conclut sa fresque épique nationaliste par cette bataille et le meurtre de Rostam, qui marque le début de la conquête islamique de l'Iran.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parvaneh Pourshariati Decline and fall of the Sassanian Empire I.B Taurus and Co Ltd Londres 2008 (ISBN 9781845116453) « Genealogical tree » p. 471.
  2. Tabari dans Chronique volume II chapitre LIX p. 351, précise qu'il viole préalablement la souveraine pour venger son père.
  3. Parvaneh Pourshariati Op.cit p. 232.
  4. a et b Éric Tréguier, « Deux batailles et les armées impériales sont ébranlées », Guerres & Histoire, no 16,‎ décembre 2013, p. 50 et 51