Résidence alternée

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La résidence alternée est une organisation de l'hébergement de l'enfant mineur dont les parents ne vivent pas dans le même domicile, par exemple dans le cas d'un divorce. Un enfant en résidence alternée vivra en alternance au domicile d'un parent puis de l'autre. Selon les Lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants établies en 1997, le gouvernement fédéral canadien définit la garde partagée comme celle où un enfant habite dans deux résidences et qu’il passe au moins 40 % de son temps dans la seconde (ministère de la Justice du Canada, 1997). Cependant, il n'existe pas de définition internationale propre à la notion de résidence alternée. À la limite, le simple fait de changer de domicile comme dans le cadre du fameux un week-end sur deux pourrait être considéré comme relevant de la résidence alternée. Afin de distinguer la résidence alternée de la garde exclusive, impliquant le fameux un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, il devrait être permis de considérer que la principale nuance porte sur le fait que la résidence alternée permet aux deux parents de prendre activement part à l'éducation de l'enfant contrairement à la garde exclusive. Le simple fait que les différents pays pratiquant la résidence alternée ne définissent pas cette pratique de la même façon, implique qu'il est délicat de vouloir comparer les différentes statistiques. Le droit de la Résidence alternée s'inspire autant de principes universels (égalité, équité, équilibre) que des droits nationaux (Résidence Alternée en France et aux États-Unis). On peut noter que la définition est assez générale, et ne définit pas, ni le rythme, ni la fréquence de l'alternance. La définition de l'alternance du Dictionnaire Lexilogos du CNRS se réfère à l'alternance des jours et des nuits, ainsi qu'à la notion de régularité. Cette régularité est fixée soit par accord entre les parents, soit par l'autorité juridique. Le bien-être de l'enfant est la référence centrale de toute alternance, naturelle, ou biologique, ou résidentielle.

Les conditions de mise en place[modifier | modifier le code]

Certaines conditions matérielles sont incontournables pour la mise en place d'une résidence alternée:

  • Les enfants scolarisés ne peuvent fréquenter qu'une seule et même école, aussi les parents doivent-ils résider à proximité l'un de l'autre.
  • La résidence alternée implique partage des charges. Elle n'interdit pas le versement d'une contribution alimentaire. C'est le Juge aux Affaires familiales qui statue sur son bien-fondé en fonction, tant des ressources du père que de celles de la mère.
  • La loi a prévu le recours à la médiation familiale pour favoriser l'entente entre les parents dans l'organisation de leurs responsabilités à l'égard des enfants.

Pratiques et législation en France[modifier | modifier le code]

En 1970 le paysage familial français change radicalement, la puissance paternelle, alors exercée par le «chef de famille» est remplacée par l'autorité parentale conjointe, qui ne cesse pas en cas de divorce. Les femmes n'en sont alors plus privées et peuvent donc exercer cette autorité parentale.

La législation du divorce évolue doucement. Ainsi, le 22 juillet 1987, la loi no 87-570 de Claude Malhuret énonce qu’en cas de divorce, l’autorité parentale est exercée soit en commun par les deux parents, soit par l’un d’eux. En revanche, dans la famille naturelle, l’exercice en commun restait subordonné à une décision judiciaire ou à une déclaration conjointe des parents. C’est pourquoi les articles 287 et 374 du Code civil, dans leur rédaction issue de la loi de 1987, imposent au juge, en cas d’exercice conjoint de l’autorité parentale, d’indiquer chez lequel de ses parents l’enfant avait sa résidence habituelle.

La loi du 8 janvier 1993 a par la suite globalement maintenu cette exigence. En effet, selon le nouvel article 287 du Code civil, le juge n’était tenu de fixer la résidence habituelle de l’enfant chez l’un de ses parents qu’à défaut d’accord parental. Toutefois, la nécessité de choisir une résidence habituelle subsistait, à défaut d’accord des parents divorcés, ainsi que dans la famille naturelle disjointe.

La résidence alternée fait réellement son entrée dans la législation française en 2002. Ainsi, le texte de la loi du 4 mars 2002 renforce le maintien des liens avec le parent, énonce de manière générale, à l’article 373-2, alinéa 2, du Code civil que « chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent », ainsi que l'article 373-2-9 du même code que «la résidence de l'enfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l'un d'eux».

Cette innovation a été accueillie avec soulagement par les couples qui avaient adopté, sans avoir besoin du recours à la décision judiciaire, la résidence alternée. La nécessité de donner une base législative à ces pratiques consensuelles n’a pas fait grand débat. Les oppositions se sont focalisées sur le point de savoir s’il était opportun de conférer au juge le pouvoir d’imposer un hébergement alterné à des parents en conflit. Le législateur a finalement opté pour une solution de compromis consistant à imposer aux parents en conflit une résidence alternée « à l’essai ».

C’est ainsi qu’au nom de la coparentalité, la prohibition sans nuance de l'alternance qui prévalait avant l’entrée en vigueur de la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale a laissé place à une légitimation raisonnée de la résidence alternée. Afin d'épauler les parents à établir des accords responsables autour de la question des enfants, la loi a ouvert droit à la médiation familiale. Le juge peut désigner un médiateur familial pour y procéder ; et dans la loi no 2004-439 du 26 mai 2004, le juge peut enjoindre aux époux de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l'objet et le déroulement de la médiation.

Pour faciliter l'exercice de la coresponsabilité parentale, les parents peuvent également contacter le médiateur familial en amont de la procédure dans le projet de soumettre leur accord à l'homologation du juge aux affaires familiales.

On estime que la résidence alternée concerne aujourd'hui en France 10 % des couples séparés avec enfants.

Controverse[modifier | modifier le code]

La question de la pertinence de la mise en place d'une résidence alternée est depuis quelques années l'objet d'un débat houleux entre partisans et opposants à ce mode de résidence. Plusieurs associations ou collectifs fédèrent ainsi autour de cette question des parents, professionnels de la petite enfance ou de la justice. On observe également une forte influence sous forme de lobbying auprès des hommes et femmes politiques pour infléchir la législation en faveur ou non de ce mode de résidence.

Argumentation pour la résidence alternée[modifier | modifier le code]

Les spécialistes de l'enfance plutôt favorables à la résidence alternée présentent des arguments sociaux, juridiques et scientifiques :

  • Le droit pour l'enfant de conserver des liens de qualité avec ses deux parents ;
  • La reconnaissance qu'il existe des pères qui s'occupent de leurs enfants ;
  • La semaine sans enfant qui permet au parent séparé de reconstruire sa vie d'adulte en étant pleinement disponible pour ses enfants l'autre semaine (argument souvent avancé par les nouveaux célibataires issus de divorces, ou ceux qui souhaitent rester célibataires). On peut aussi soutenir que sa vie d'adulte peut être construite aussi bien pendant la semaine "avec" que la semaine "sans", c'est le lot des familles "classiques" et des familles recomposées, qui commencent elles aussi à devenir "classiques" ;
  • La reconnaissance des familles "recomposées" et le droit de vivre tantôt dans la famille de l'un tantôt dans celle de l'autre ;
  • Le droit des enfants de s'exprimer dans les procédures administratives et judiciaires les concernant ;
  • Afin d'éviter les non présentations d'enfant, et, les éloignements volontaires géographiques ;
  • Atténuer les litiges entre les parents. En effet, un parent qui ne peut ou ne veut prendre en charge ses enfants, ne réclamera pas la garde et par conséquent, n'utilisera pas ses enfants comme chantage ou moyen de pression ;

La convention internationale de Washington lie les Etats signataires de la Charte des Nations unies (L'article 388-1 du Code Civil français en est une conséquence). Les enfants mineurs de plus de 5 ans peuvent demander à être entendus par un juge ou une personne désignée sur la réalité de ce qu'ils vivent en résidence alternée ou pas et aider à éclairer sur la vérité ou le bien-fondé de la demande des parents respectifs par rapport au bien-être des enfants.

À la suite de la mise en place de cette loi, les associations de soutien à la résidence alternée continuent de militer pour que cette pratique devienne celle par défaut. En effet, la résidence alternée est décidée par défaut en Belgique, après les États-Unis et les pays nordiques. Le droit des Etats libres est fondé sur le principe d'égalité.

L'alternance en est une des formes.[non pertinent]


Les différentes études menées par les spécialistes de l'enfance montrent que :

  • 70 % des enfants[1] désirent passer autant de temps avec chacun de ses deux parents séparés,
  • 93 % des enfants[2] pensent que la résidence alternée est dans leur intérêt supérieur,
  • Il y a un consensus entre parents et enfants pour témoigner d'un degré de satisfaction «élevé»[3], avec des proportions variant de 67% (Rothberg B - 1983) à 84% (Ahrons C - 1980),
  • Meilleurs résultats scolaires[1],
  • Meilleure adaptation générale des enfants[1] à la séparation physique des parents,
  • Meilleures relations familiales avec père et mère[1],
  • Moins de troubles de comportements et de problèmes psychologiques[1],
  • Favorise la relation d’activation[4] (c’est avec le père que les comportements exploratoires sont davantage stimulés),
  • Les conflits entre parents diminuent[1] avec le temps en résidence alternée et ils augmentent dans les situations de garde exclusive (idem pour les faits de violence),


La résidence alternée permet de lutter contre :

  • 34 % des enfants ne voient jamais leur père[5] (Contacts réduits avec un parent),
  • 90 % des enfants qui font une fugue n'ont pas de père[1],
  • Plusieurs centaines de pères de famille (en France), mais aussi quelques mères se suicident[6], tous les ans faute d'avoir pu conserver leurs liens affectifs avec leurs enfants,
  • Le pire pour un enfant est de perdre un parent aimant[7],
  • Perte de l'un des deux fournisseurs de soins principaux[1],
  • Les jeunes qui n’ont pas leur père montrent un niveau élevé de dépression et de suicide[1],
  • Les garçons traduisent leur souffrance par une grande agressivité et les filles sont davantage sujettes à l’apparition d’une délinquance sexuelle précoce[9],
  • Les jeunes qui n’ont pas de père montrent des niveaux élevés de délinquance[1],
  • TDAH[4] (Trouble Déficit de l'Attention Hyperactivité),
  • Comportements dits antisociaux[4] (agressivité, vol, non-respect des règles, impulsivité, opposition, mensonge et vandalisme),
  • Les jeunes qui n'ont pas de père sont davantage victimes d'exploitation, de mauvais traitements et ont une plus faible estime d'eux-mêmes[1],

Les opposants à la résidence alternée[modifier | modifier le code]

Les arguments avancés par les opposants à la résidence alternée sont variés. Cependant, on peut mettre en évidence différents points.

Les opposants à la résidence alternée s'opposent plus particulièrement à la loi de 2002, qui permet à un juge aux affaires familiales d'imposer une résidence alternée à la demande d'un des parents, plutôt qu'à la résidence alternée fruit d'un accord amiable entre les deux parents. ils argumentent par le fait que la loi de 2002 n'indique aucune condition indispensable pour la mise en place d'une résidence alternée (relations entre les parents[10], durée de travail des parents, présence des parents auprès de l'enfant ..)

Selon la théorie psychanalytique, durant ses premières années de vie, l'enfant n'aurait besoin que de sa mère : depuis la vie intra-utérine jusqu’à l'allaitement, et l'enfant ne tisserait des liens étroits qu'avec sa mère[11]. Selon les psychanalystes, l'enfant n'a pas, dans les premiers mois de son existence, conscience des limites de son corps ni de celui de sa mère. Par la suite, toute séparation brutale avec elle, entraînerait chez l'enfant des troubles graves comme l'anxiété de séparation[12]

Ils affirment aussi qu'un enfant ne peut être réduit au régime de séparation de biens entre ses deux parents. Se basant sur des cas particuliers d'enfants qui souffrent de ces alternances spatio-temporelles, imposées parfois par des juges qui ne prennent pas en compte un trop jeune âge, des violences, ou des conflits, ils dénoncent la résidence alternée comme non adaptée aux enfants[réf. nécessaire].

Ils notent également que la loi méconnaît les différences biologiques et symboliques qui sépareraient les rôles respectifs du père et de la mère. Ces rôles se retrouvent aussi dans le partage des tâches au sein de la famille, les opposants à la résidence alternée arguent que dans la majorité des familles n'existe aucune égalité que ce soit pour les tâches ménagères, le temps passé auprès des enfants, et que dans la plupart des cas le soin aux enfants au sein de la famille revient à la mère[réf. nécessaire].

La position de ces opposants est d'autant plus intense qu'ils reprochent aux pères qui demandent la résidence alternée d'avoir parfois des raisons non-satisfaisantes : soustraction à la pension alimentaire, volonté de nuire à l'ex-compagne alors que la demande à pour raison de tenir un vrai rôle de parent, de père auprès de leur(s) enfant(s) et que même en résidence alternée, certains juges ne suppriment pas la pension alimentaire. Les mères peuvent à leur tour vouloir soustraire leurs enfants à la responsabilité de leur père, pour des raisons indépendantes de leur bien être[réf. nécessaire].

Les spécialistes de l'enfance opposés aux revendications de l'association seraient la plupart du temps psychanalystes dogmatiques[2],[13] ou d'obédience psychanalytique. À ce titre, C’est au stade phallique (vers 4 ans) que l’enfant prend conscience de l’existence de son père[14]. Avant cette prise de conscience le père est vécu comme une mère auxiliaire. Françoise Dolto situe cette prise de conscience sur le père plutôt vers l’âge de 18 mois et dans son ouvrage Quand les parents se séparent[15], la psychanalyste explique qu’il est dans l'ordre des choses qu'un père ne s'occupe pas de son enfant bébé car ce n'est pas le rôle d'un homme. Selon elle, les hommes normalement virils, commencent à s’en occuper lorsque l'enfant atteint l'âge de la marche et les hommes qui s'occupent des bébés sont généralement marqués de féminité, pour ainsi dire, jaloux que ce soient les mères les porteuses. Dans une interview accordée à Femme Actuelle[16], le psychanalyste Aldo Naouri explique que tout enfant a trois pères : un père géniteur, un père social et un père fonctionnel. Dans le cadre des familles recomposées celui qui remplit la fonction de père est celui que la mère a élu, car c’est dans sa mère que l’enfant découvre son père. Selon Aldo Naouri, la fonction paternelle est une fonction atomisable. N’importe qui peut la remplir (un oncle, un professeur, un ami de la famille, une grand-mère même....) à partir du moment où la mère reconnaît à cette personne le droit de s’interposer entre elle et son enfant. Dans un texte qu'il destine à l'usage des professionnels, le psychanalyste Maurice Berger affirme faire un point sur les connaissances en matière de "garde alternée" pour les bébés. Il estime que selon la théorie de l'attachement, il se passe environ deux ans et demi à trois ans avant qu’un enfant puisse comprendre ce qu’est une filiation, c’est-à-dire qu’il a été conçu ou adopté par un couple d’homme et de femme[17].

La conflictualité entre les parents[modifier | modifier le code]

Beaucoup de «spécialistes» (magistrats et autres juristes, experts et psychanalystes, même certains médiateurs familiaux...) pensent qu'un hébergement alterné égalitaire n'est possible que lorsque les parents sont d'accord à ce propos, voire s'entendent bien. C'est en effet une condition nécessaire pour que les enfants évoluent bien dans cet hébergement alterné égalitaire. C'est aussi, cependant, la condition principale pour que le système traditionnel de l'hébergement principal inégal ne nuise pas aux enfants. Les constatations et conclusions des recherches scientifiques empiriques[2],[3] montrent suffisamment clairement que même lorsque les parents ne sont pas d'accord sur leur choix des conditions d'hébergement de leurs enfants, une préférence pour l'hébergement alterné égalitaire, même imposée par un juge ou par un régime légal de séparation, favorise une meilleure évolution des enfants. Une bonne entente entre les parents n'est donc pas indispensable tant que les enfants ne sont pas impliqués dans le conflit parental.

Robert F. Cochran (professeur à la Pepperdine University School of Law, Malibu, Californie, États-Unis) constate que le principe, qui veut que l'on détermine l'intérêt de l'enfant dans chaque cas particulier, a de nombreuses conséquences imprévues. À cause de ce principe « case by case best interests », les parents qui divorcent ne savent plus lequel des nombreux critères qu'un juge pourrait retenir pour l'emporter[18]. C'est pourquoi ils invoquent autant d'arguments négatifs que possible concernant l'autre parent et autant d'arguments positifs que possible en ce qui les concerne eux-mêmes. Ainsi, cette «incertitude est une source de conflits et de procès. Les conflits parentaux sont néfastes pour les enfants sur le plan émotionnel[19],[20],[21], surtout lorsque le conflit survient après la séparation des parents[22] Si les procédures en justice concernant le droit de garde se multiplient à cause du principe «cas par cas», l'enfant risque non seulement davantage de souffrir du traumatisme qu'engendrent les conflits parentaux, mais également d'être impliqué dans ces procédures. La difficulté qu'il y a à déterminer l'intérêt de l'enfant est décrite par le juge principal Hood : «le principe de l'intérêt de l'enfant peut facilement être posé, mais son application dans un cas précis est une des charges les plus lourdes qui puissent être confiées à un juge.../... Il se rend compte qu'un autre juge, tout aussi compétent et tout aussi consciencieux, pourrait prendre une autre décision sur la base des mêmes données.». La garde doit être attribuée à un moment où une enquête fiable sur les parents menée par le juge ou par un expert dans le domaine de la santé mentale s'avère difficile, voire impossible. C'est un moment de stress anormal pour les parents et les enfants, et « le comportement des enfants envers les parents et vice versa ne ressemblera peut être guère à celui qu'ils adoptaient par le passé ou qu'ils adopteront à l'avenir. »[23],[24]

L'application dans la pratique du principe « case by case », c'est-à-dire de déterminer l'intérêt de l'enfant séparément dans chaque cas individuel, apparaît donc en réalité obtenir l'effet contraire! Il serait donc plus dans l'intérêt de l'enfant de fixer une règle générale d'attribution légale de (l'autorité parentale et de) l'hébergement, qui enlèverait cette incertitude des parties qui les force à mener une lutte traumatisante pour les parents et pour les enfants.

La résidence alternée et le paiement d'une pension alimentaire[modifier | modifier le code]

Contrairement à une croyance largement répandue la mise en place d'une résidence alternée ne dispense pas nécessairement du paiement d'une pension alimentaire (et ainsi cette forme de garde serait majoritairement demandée par des pères peu scrupuleux et désireux de ne pas payer une pension à la mère) celle-ci peut être ordonnée par le juge s'il constate une différence de revenus. Cependant la mise en place de cette pension alimentaire, dans ce cadre, entraine deux conséquences qui font exception au "droit commun" en matière de pension alimentaire.

  • Cette pension, mise à la charge d'un des parents, n'est pas reconnue par l'administration fiscale. En 2011, en France, les impôts reconnaissent la résidence alternée en partageant "les parts" liées aux enfants, mais ne reconnaissent ni en charge, ni en revenu la pension alimentaire versée[25].
  • La mise en place d'une telle pension alimentaire ne dispense pas le parent qui la verse de la contribution qu'il doit sur les périodes où les enfants de l'ancien couple sont à son domicile. C'est ainsi qu'en sus de la pension, le parent débiteur doit la charge pour moitié (cas normal) des frais de cantine, de garderie, etc.

Étude statistique du Ministère de la justice française et du Gouvernement[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (décembre 2013)

« Dans l’immense majorité des cas (80,7 %), les demandes de résidence en alternance sont formées conjointement par les deux parents. Lorsqu’il y a désaccord des parents, la résidence en alternance est retenue dans un quart des cas ; dans les trois quarts restants la résidence habituelle de l’enfant est alors fixée chez l’un des parents, le plus souvent chez la mère. Le jeune âge des enfants ne semble pas être un obstacle à la demande conjointe de résidence en alternance : les trois quarts des enfants ont moins de dix ans, l’âge moyen se situant à 7 ans. »

Études et Statistiques Justice no 23, janvier 2003

« En 2009, 16,9 % des décisions de justice donnent lieu à une résidence alterne : le taux est de 21,5 % lors des divorces par consentement mutuel et 4,4 % dans les procédures contentieuses[26]." »

Note d'analyse 294 du premier ministre - Desunion et Paternite - octobre 2012 - http://www.strategie.gouv.fr/content/desunion-et-paternite-NA294

« 40 % des enfants de moins de 25 ans issus d’une union rompue ne voient leur père que rarement ou jamais contre 15 % leur mère(13) »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Edward Kruk, M.T.S., Ph. D - The University of British Columbia - Garde d'enfants, Droit de visite et responsabilité parentale : À la recherche d'une norme juste et équitable
  2. a, b et c Joan B. Kelly - Children’s Living Arrangements Following Separation and Divorce: Insights From Empirical and Clinical Research
  3. a et b Valérie Déom - 27 janvier 2006 - (voir page 216) Chambre des Représentant de Belgique - Sous-Commission Droit de la Famille - Chambre 4e Session de la 51e Législature
  4. a, b, c, d, e et f Daniel Paquette - Institut de recherche pour le développement social des jeunes - Centre jeunesse de Montréal et Département de psychologie - Université de MontréalLa relation père-enfant et l’ouverture au monde
  5. Patrick BLOCHE et Valérie PECRESSE - Rapport no 2832 (Tome I) de l'Assemblée Nationale Fait au Nom de la Mission d’Information sur la Famille et les Droits des Enfants
  6. Anne Tursz (mai 2005) - Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé
  7. Edward Kruk, 19 mai 1998 - Comité Mixte Spécial sur la Garde et le Droit de Visite des Enfants
  8. a, b et c Peter Tromp, janvier 2009 - Benefits of post-divorce shared parenting and the situation in the Netherlands, Belgium and Germany
  9. Pédiatre On Line - La prévention des troubles psychologiques chez les enfants dont les parents se séparent
  10. Luc Briand, "Résidence alternée et conflit parental", AJ Famille, décembre 2011, p. 174-176
  11. Donald Winnicott, La mère suffisamment bonne, p. 97
  12. Maurice BERGER, Albert CICONNE, Nicole GUEDENEY et Hana ROTTMAN, La résidence Alternée chez les moins de six ans : Une situation à hauts risques psychiques, 2004
  13. Hélène GAUMONT-PRAT, Professeur à l'Université Paris VIII - Directeur du Laboratoire Droit de la Santé (EA 1581) - Étude 15 dans Droit de la famille no 7 de juillet 2012 : "La résidence alternée à l’épreuve du droit comparé(France-Belgique)"
  14. Cours de psychanalyse pour élèves infirmières
  15. Françoise Dolto - Quand les parents se séparent (p.  53)
  16. Aldo Naouri - Interview dans Femme Actuelle (no 684)
  17. Maurice Berger - Le droit d'hébergement du père concernant un bébé - Texte publié dans la Revue Dialogue, 2002, no 155, pp.  90-104
  18. Robert F. Cochran: «Reconciling the Primary Caretaker Preference, the Joint Custody Preference, and the Case by Case Rule.» in Jay Folberg (ed.): «Joint Custody & Shared Parenting.», New York & London, The Guilford Press, 1991, p. 220 222 & 229 & 232.)
  19. Hetherington. 1979. Family Interaction and the Social, Emotional, and Cognitive Development of Children After Divorce. In The Family: Setting Priorities 71 edited by V.Vaughn & T.Brazelton.
  20. Jacobson (1978). The Impact of Marital Separation/Divorce on Children: II. Interparent Hostility and Child Adjustment.» J. Divorce 2: 3.
  21. Emery (1982). Interpersonal Conflict and the Children of Discord and Divorce. Psychological Bull. 92:310.
  22. Hetherington, 1979, o.c., p. 74, note 13.
  23. Chambers. 1985. Rethinking the Substantive Rules for Custody - Disputes in Divorce. Mich. L. Rev. 83: 477, 484.
  24. Robert F. Cochran (1991) - Reconciling the Primary Caretaker Preference, the Joint Custody Preference, and the Case by Case Rule. In Joint Custody & Shared Parenting edited by Jay Folberg. New York & London: The Guilford Press; p. 221 222.
  25. Site officiel du Ministère des Impôts - Impôts et Séparation -Comment compter à charge les enfants de parents imposés séparément ?
  26. M.de Tena, La garde alternée. Du sur mesure pour nos enfants Ed. JC Lattès, 2012, 211p. ISBN 978-2-7096-3708-4 Lire en ligne: http://vivrelaresidencealternee.com