Autorité parentale en France
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En droit français, l'autorité parentale est un ensemble de droits mais également de devoirs, que les parents ont à l'égard de leurs enfants mineurs. L'autorité parentale est mise en œuvre par la loi sous la forme de l'autorité parentale conjointe[1].
En 1970, elle a remplacé, en droit français, la « puissance paternelle » qui assurait l'exclusivité de l'autorité du père sur les enfants (l'autorité absolue du mari sur la femme s'appelait « puissance maritale »). L'« autorité parentale » consacre l'égalité des droits et devoirs du père et de la mère dans l'éducation des enfants.
L'autorité paternelle continue d'exister dans de nombreux pays.
Sommaire |
Présentation [modifier]
L'autorité parentale, quand elle est reconnue ne devient jamais pour autant un droit absolu et illimité : elle s'arrête là où commencent les Droits de l'Enfant, notamment l'introduction et les articles entre les parents, sur l’organisation de la vie (vie scolaire, sportive, culturelle, traitements médicaux, vacances…)
- permettre les échanges avec l’autre parent dans le respect du cadre de vie de chacun, mais aussi avec les grands-parents.
L'autorité parentale est définie selon l'article 371-1 du code civil[2].
Historique [modifier]
L'autorité parentale si elle semble naturelle dans nos sociétés actuelles n'est qu'une création récente et elle est absente de nombreux systèmes juridiques actuels.
Disparition de la puissance paternelle [modifier]
L'introduction de l'autorité parentale constitue la preuve de l'égalisation des devoirs du mari et de l'épouse[réf. nécessaire].
Depuis le Code Civil dit Code Napoléon, ou Code civil français, instauré en 1804, sous l'égide de Jean-Jacques Régis de Cambacérès l'épouse avait dans la famille un rang guère plus enviable que ses enfants, en effet la femme était mineure (donc elle n'avait pas le droit de prendre par elle-même des décisions la concernant, et encore moins des décisions relatives aux enfants), subordonnée donc au « chef de famille ».
Cette notion disparait en France en 1970 : la loi dispose que désormais « les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille » : l'autorité parentale remplace la puissance paternelle.
Les lois relatives à l'autorité parentale, depuis 1970, sont :
- la loi du 4 juin 1970 relative à l’autorité parentale,
- la loi du 22 juillet 1987,
- la loi du 8 janvier 1993,
- la loi no 96-604 du 5 juillet 1996,
- la loi du 4 mars 2002.
État actuel : vers l'égalité des époux dans leurs relations aux enfants. [modifier]
Lorsque les parents vivent séparés ou divorcés, ils se posent la question de savoir où vont résider leurs enfants.
En France, ce système a été légalisé par la loi du 4 mars 2002 relative à l'autorité parentale[3]. Il permet aux deux parents d'exercer effectivement l'autorité parentale.
Disparition de l'autorité parentale [modifier]
Cependant, même reconnue, l'autorité parentale a une fin.
- une personne peut y renoncer en abandonnant son enfant.
- à la majorité de l'enfant l'autorité parentale ne disparaît pas puisque l'autorité est la capacité « naturelle » à se faire obéir d'un individu sans recourir à l'usage de la force. Or on peut quand même reconnaître l'autorité parentale à la majorité…
- il existe des cas judiciaires de disparition de l'autorité parentale : par la déchéance de l'autorité parentale.
Divorce et autorité parentale [modifier]
Le terme garde est encore souvent utilisé pour englober les responsabilités parentales, mais, pour préserver l'autorité parentale et les responsabilités des deux parents, ce terme a été rendu obsolète par la loi no 87-570 du 22 juillet 1987 de Claude Babouche.
Le divorce en effet, ne fait pas disparaitre l'autorité parentale. Bien au contraire, les deux parents, même séparés, en conservent l'exercice. Ce n'est que dans des cas extrêmes, par exemple lorsqu'il y a des mauvais traitements ou si l'un des parents se désintéresse totalement de l'enfant, que le juge aux affaires familiales peut décider de déchoir l'un des parents de son autorité parentale et l'attribuer exclusivement à l'autre parent.
Contrôle de l'autorité parentale [modifier]
Les législations actuelles, dans les pays occidentaux notamment, sont de plus en plus protectrices pour les enfants. Il s'est instauré peu à peu des procédures de contrôle de l'autorité parentale qui peuvent être mise en œuvre lorsque les parents ne sont pas à même de s'occuper seuls de leurs enfants. Des mesures peuvent être prises par les tribunaux allant d'un soutien aux parents, jusqu'à la suppression totale de l'autorité parentale. Ainsi, les mauvais traitements sur l'enfant peuvent conduire à un retrait de l'autorité parentale, celle-ci peut être partielle ou totale (dans ce cas, possibilité d'adoption des enfants par une autre famille).
- l'assistance éducative.
- la délégation : à la demande des parents, ou bien lorsqu'ils se sont désintéressés de l'enfant pendant un certain temps, le juge des enfants peut provisoirement déléguer tout ou partie de l'autorité parentale à une autre personne, un établissement agréé ou bien un service social d'aide à l'enfance.
- l'enfant confié à un tiers : là encore, il s'agit d'une mesure provisoire qui ne prive pas les parents de l'autorité parentale mais qui vise à confier l'enfant à une personne qui assurera pendant un temps son éducation et sa surveillance. Le tiers est plutôt responsable de sa vie quotidienne mais les parents conservent quant à eux le droit de prendre les grandes décisions relatives à l'enfant.
- Le contrôle de l'autorité parentale venant des grands-parents, présent dans la législation, n'est semble-t-il soumis à aucun contrôle par l'État (français)[citation nécessaire]. De ce fait, beaucoup de grands-parents, soit par difficulté de solliciter un avocat (quand celui-ci conseillera cette procédure, ce qui n'est pas toujours le cas), soit pour ne pas sembler "envenimer" le conflit et espérer la persistance du lien malgré les apparences, ne peuvent obtenir cette obligation par la voie légale ou même par les rares cas de médiation qui réussissent.
Retrait de l'autorité parentale [modifier]
Le retrait de l'autorité parentale entraîne en principe la perte pour l'un ou les deux parents de tous les droits et obligations à l'égard de l'enfant. Il s'agit d'une mesure qui peut être provisoire ou, plus rarement, définitive. Elle peut être prononcée par un juge dans les cas suivants :
- lorsque le ou les parents ont été condamnés pour un délit grave ou un crime commis sur la personne de leur enfant. Cette décision n'est pas considérée par le juge comme un complément de peine, mais comme une mesure de protection de l'enfant.
- lorsque le ou les parents ont été condamnés comme coauteur ou complice d'un délit grave ou un crime commis par leur enfant.
- lorsque, en dehors de toute sanction pénale, le ou les parents mettent manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant, soit par de mauvais traitements, soit par une consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques ou un usage de stupéfiants, soit par une inconduite notoire ou des comportements délictueux, soit par un défaut de soins ou un manque de direction.
- lorsque le ou les parents n'ont plus de contact (même épistolaire) avec l'enfant depuis plus de deux ans, alors que cet enfant est placé sous assistance éducative.
- Il faut comprendre que le parent en position de force peut obtenir le retrait de l'autorité parentale de l'autre parent par des accusations mensongères qui apparaissent facilement en début des procédures judiciaires, mais ne sont que très rarement sanctionnées par la suite quand découvertes ou probables, bien qu'en contradiction avec ce que prévoit le droit pénal dans ce cas. La rectification sociale par la justice devient exceptionnelle tant le pli est pris pour le devenir des enfants vu la longueur des procédures.
Le retrait de l'autorité parentale s'articule autour des articles 378[4], 378-1[5] et jusqu'à 381 du code civil.
En cas de décès, le conjoint survivant conserve l’autorité parentale. Si les deux parents décèdent, une tutelle est ouverte et le conseil de famille ainsi que le tuteur sont investis de cette autorité.
Dans une affaire concernant un couple pacsé, le père de l'enfant, devenu seul titulaire de l'autorité parentale suite au décès de la mère, en a délégué l'autorité à la conjointe de la mère. La sœur de la défunte a toutefois voulu être désignée tutrice des mineurs et avait dès lors formé une demande de délégation de l'autorité parentale à son profit. Sa demande a été rejetée par la Cour d'appel, et la pourvoi formé a été rejeté en avril 2008 par la Cour de cassation, l'intérêt des enfants étant de continuer à vivre auprès de la femme qui s'occupait d'eux depuis le décès de leur mère[6].
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Fiche du ministère français de la justice consacrée à l'autorité parentale
- Fiche du site officiel de l'administration française consacrée à l'autorité parentale
- Dossier de l'Assemblée nationale française consacrée à l'autorité parentale
Notes et références [modifier]
- aici
- Voir l'article 371-1 du code civil sur Légifrance
- Loi no 2002-305 du 4 mars 2002 relative à l'autorité parentale : introduit notamment les nouveaux articles 373-2-8 et suivants du code civil, relatifs à la résidence alternée.
- Voir l'article 378 du code civil sur Légifrance
- Voir l'article 378-1 du code civil sur Légifrance
- Civ. 1re, 16 avril 2008, no 07-11.273, D. 2008, Aj. 1410, obs. F. Luxembourg; AJ fam. 2008. 250, obs. F. Chénedé ; RTD civ. 2008. 470, obs. J. Hauser; Dr fam. 2008, Comm. no 101, note P. Murat