Purdah

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Deux femmes afghanes portant le tchadri traditionnel.

Purdah ou Pardaa (urdu : پردہ, hindi : पर्दा signifiant littéralement « rideau ») désigne une pratique empêchant les hommes de voir les femmes.

Le purdah prend deux formes : ségrégation physique entre les sexes et obligation aux femmes de couvrir leur corps et de cacher leurs formes. Le purdah existe sous plusieurs formes dans les communautés hindoues et musulmanes principalement du sous-continent indien[1] et des pays arabes[2]. Le vêtement caractéristique du purdah est la burqa[3]. La burqa, malgré des similitudes importantes, ne doit pas être confondue avec le tchadri vêtement traditionnel des femmes afghanes depuis plus d'un millénaire et le niqab vêtement traditionnel des femmes dans certains pays du Golfe.

Histoire[modifier | modifier le code]

La pratique du purdah s'est probablement développée en Perse et s'est ensuite répandue dans les pays voisins. Les femmes de l'ancienne Assyrie restaient à l'intérieur, dans la pénombre. Au VIIe siècle, les musulmans conquièrent la Perse et adaptent le purdah à leur religion. Avec le temps, les lois associées au purdah se durcissent. Pendant la domination britannique, la pratique est largement répandue chez les musulmans du sous-continent indien.

Pratique[modifier | modifier le code]

La ségrégation physique à l'intérieur d'un bâtiment peut se concrétiser par des murs, des rideaux et des écrans. Ces parties réservées des habitations sont les zenanas. La stricte application du purdah restreint les activités personnelles, sociales et économiques des femmes à l'extérieur de la maison. Les femmes des classes sociales les plus élevées sont les plus susceptibles d'appliquer le purdah car elles ont besoin de sortir pour travailler[réf. nécessaire]. En réalité, c'est aussi dans ces milieux aisés ou intellectuels que l'on rencontre des femmes qui s'affranchissent de cette pratique.

Le vêtement caractéristique du purdah est la burqa, invention récente du mouvement salafiste dans les pays du Golfe et au Pakistan. Elle date d'une vingtaine d'années (fin des années 80). Avec la burqa salafiste, les mains sont gantées, les pieds recouverts. Des lunettes de soleil complètent même la tenue pour cacher les yeux : c'est l'enfermement total[4].

Pays et régimes pratiquant le purdah[modifier | modifier le code]

Le purdah a été rigoureusement appliqué sous le régime des talibans en Afghanistan, où les femmes ont dû observer un purdah complet en public. Seuls les proches membres masculins de la famille sont autorisés à voir les femmes hors purdah. Dans d'autres sociétés, le purdah n'est souvent pratiqué qu'à certaines périodes religieuses d'importance.

Dans les pays arabes islamiques, comme l'Arabie saoudite, le purdah est une coutume culturelle plus que strictement religieuse : en effet, seul le hijab est obligatoire selon l'avis prépondérant des oulémas. Même aux Émirats arabes unis, où les femmes peuvent dans certains émirats porter des jupes et des vêtements modernes, ces dernières observent le purdah. Il est important de différencier le purdah du hijab. Le hijab est en effet de tradition islamique, basé sur la morale physique et psychologique, alors que le purdah n'est pas nécessairement conforme à l'islam. En effet il n'en est fait mention directement ni dans le Coran, ni dans la Sunna. Ce principe étant apparu récemment dans les monarchies du golfes et le régime taliban, on n'en trouve aucune mention dans les textes traditionnelles.[réf. nécessaire]

Critiques[modifier | modifier le code]

Le purdah a été critiqué dans la communauté hindoue même, par exemple dans le roman Le Rêve de la sultane (The Sultana's Dream) écrit en 1905 par la féministe bengalaise Rokeya Sakhawat Hussain.

On peut considérer le purdah comme une oppression contre les femmes et une expression du patriarcat, ainsi les musulmans d'Inde qui ont enfermé leurs femmes en purdah, éloignées du monde extérieur de façon à les laisser ignorantes de la vie. C'est ainsi enlever aux femmes toute indépendance financière et forcer ces femmes à produire des garçons machistes et des filles soumises.

D'autres, croyants, voient le purdah comme positif et respectueux des femmes. Ce serait une forme de libération par le respect. Les femmes seraient considérées non pour leur aspect physique, mais pour leur beauté intérieure et leur esprit. En se couvrant, les femmes ne sont pas vues comme des objets sexuels. Pour cette catégorie de musulmans, le purdah est un acte de foi induisant le respect, l'honneur et la dignité.

Depuis, très controversé, le purdah a disparu de la pratique hindoue, et reste pratiqué à divers niveaux dans les pays musulmans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Simmi Jain, Encyclopaedia of Indian women through the ages, Gyan Publishing House,‎ 2003 (ISBN 8178351757, lire en ligne), p. 266
  2. (en) Om Gupta, Encyclopaedia of India, Pakistan and Bangladesh, Gyan Publishing House,‎ 2006 (ISBN 8182053897, lire en ligne), p. 1955
  3. Interview accordée à "20minutes.fr", le 16/07/08, par Olivier Roy, Spécialiste de l'islam et politologue français
  4. Propos recueillis par Catherine Fournier pour "20minutes.fr" auprès d'Olivier Roy, spécialiste de l'islam et politologue français, le 16/07/2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Leila Ahmed, Women and Gender in Islam: Historical Roots of a Modern Debate. New Haven, C.T.: Yale University Press, 1992.
  • (en) Sehmina Chopra, Learning About Islam: Liberation by the Veil. 3 mars 1998.
  • (en) Fatima Mernissi, The Veil and the Male Elite. New York, N.Y.: Addison-Wesley Publishing Co., 1987.
  • (en) Bo Utas (ed.), Women in Islamic Societies. New York, N.Y.: Olive Branch Press, 1983.