Puissance en régime alternatif

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Diagramme complexe de la puissance en régime alternatif :
Puiss. réelle (P, en Watt (W))
Puiss. réactive (Q, en voltampère réactif (VAr))
Puiss. complexe (S, en voltampère (VA))
Puiss. apparente (abs(S), en voltampère (VA))

Dans un circuit électrique en régime alternatif, la puissance s'exprime de façon particulière en raison du caractère périodique des fonctions manipulées. Il est possible de déterminer plusieurs types de grandeurs homogènes à des puissances, ayant chacune une signification particulière, même si certaines n'ont pas de sens vraiment « physique ».

Sommaire

Puissance active [modifier]

La puissance active (ou puissance réelle) correspond à la puissance moyenne consommée sur une période. Elle est notée P et est exprimée en watt (W).

Pour un courant i(t) et une tension v(t) de période T, son expression est :

\mathrm{P} =\frac{1}{\mathrm{T}} \int_\mathrm{T} v(t) i(t)\mathrm dt

Pour une tension sinusoïdale de valeur efficace U et un courant sinusoïdal de valeur efficace I déphasé de φ par rapport à la tension, cette expression devient :

\mathrm{P} = \mathrm{U} \cdot \mathrm{I} \cdot \cos \varphi  = \frac{\mathrm{U_{max}} \cdot \mathrm{I_{max}}}{2} \cdot \cos \varphi

On rappelle qu'en sinusoïdal, le rapport entre valeur maximale et efficace vaut √2 (voir valeur efficace).  \cos \varphi correspond alors au facteur de puissance

C'est la seule puissance à avoir un sens physique direct : par exemple dans le cas d'une résistance la puissance active est également la puissance thermique dissipée.

Puissance apparente [modifier]

La puissance apparente reçue en régime alternatif est le produit de la valeur efficace de la tension électrique aux bornes du dipôle par la valeur efficace du courant électrique traversant ce dipôle.

La puissance apparente se note S et est exprimée en volt-ampère (VA).

La puissance apparente complexe est

\underline \mathrm{S} = \underline \mathrm{U_{eff}} \cdot \underline \mathrm{I_{eff}}^* = \frac{\underline \mathrm{U} \cdot \underline \mathrm{I}^*}{2}

avec \underline \mathrm{I^*}  : nombre complexe conjugué de l'intensité complexe \underline \mathrm{I} . La puissance apparente réelle est le module de la puissance apparente complexe. Autrement dit, on a

\underline \mathrm{S} = \mathrm{S} \times e^{i \varphi},

φ étant la différence de phase entre la tension et le courant.

La puissance apparente est définie aussi bien en régime sinusoïdal que dans les autres cas de régimes alternatifs, mais les autres notions développées dans l'article n'ont de sens que dans le cas sinusoïdal. ANIS

Puissance réactive [modifier]

En régime sinusoïdal, la puissance réactive est la partie imaginaire de la puissance apparente complexe. Elle se note Q, est exprimée en voltampère réactif (VAr) et on a

\mathrm{Q} = \mathrm{V_{eff}} \cdot \mathrm{I_{eff}} \cdot \sin(\varphi).

Les dipôles ayant une impédance dont la valeur est un nombre imaginaire pur (capacité ou inductance) ont une puissance active nulle et une puissance réactive égale en valeur absolue à leur puissance apparente.

Calculs en régime sinusoïdal [modifier]

En notant :

  • puissance active P ;
  • puissance apparente S ;
  • puissance réactive Q.

Soit un dipôle dont l'impédance s'écrit :Z = R +jX , on a :

  • \mathrm{P} =R I^2
  • \mathrm{Q} =X I^2
  • \mathrm{S} =Z I^2

Et φ est l'argument de Z.

La valeur de cos(φ) correspond au facteur de puissance en régime sinusoïdal. On a les relations :

  • \mathrm{S}^2=\mathrm{P}^2 + \mathrm{Q}^2
  •  \cos \varphi = \frac{\mathrm{P}}{\mathrm{S}}
  •  \sin \varphi = \frac{\mathrm{Q}}{\mathrm{S}}
  •  \tan \varphi = \frac{\mathrm{Q}}{\mathrm{P}}.

Unités [modifier]

  • L'unité de puissance active est le watt.
  • La puissance apparente est quant à elle exprimée en voltampères, noté VA.
  • Les électrotechniciens utilisent généralement le voltampère réactif (var, ou VAR, ou VAr) et ses multiples comme unité de puissance réactive.

La notation « VAR » n'est pas conforme au système SI[1], bien que « var » (écrit en minuscules) et « VA » (en majuscules) aient été adoptés par la Commission électrotechnique internationale[2].

Le var et le VA sont homogènes au watt : on le remarque en voyant les formules passant de la puissance réactive à une des deux autres, sachant que le facteur de puissance est sans unité, ou simplement en analysant la formule S^2 =P^2 +Q^2  . En fait, les unités diffèrent uniquement pour dissuader d'additionner directement des puissances de différents types.

Intérêt de la notion [modifier]

La méthode de Boucherot utilise les puissances réactive et apparente dans les calculs pour déterminer la puissance totale dans un circuit électrique.

D'autre part, ces puissances interviennent dans le dimensionnement d'un réseau électrique, et la puissance active n'est donc pas la seule à prendre en compte pour calculer les coûts[3].

Il faut également savoir qu'un onduleur doit être capable non seulement de délivrer une puissance réelle supérieure à la somme des puissances des appareils que l'on souhaite y brancher, mais il doit en être de même pour la puissance apparente.

Notes et références [modifier]

  1. Brochure du BIPM : Le Système international d’unités (SI).
  2. Le var et le VA selon la CEI : (en) SI units – Electricity and magnetism.
  3. http://www.supelec.fr/ecole/eei/energie/SP1_EF2003_resume.pdf

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Lien externe [modifier]