Publicité murale

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L'enseigne d'un ancien magasin de vêtements à Salem (Massachusetts).
Publicité murale pour LU, à Nantes.
Enseigne d'épicerie, dans l'Ain.

Une publicité murale ou mur réclame (plus rarement enseigne murale) est un pan de mur, en général peint à la main, dont l'objet est d'indiquer la présence d'un magasin ou de faire la réclame d'un produit.

Le mur réclame apparaît au XIXe siècle et était très en vogue dans la première moitié du XXe siècle. Des reliquats de ce type de signalisation peuvent être trouvés un peu partout dans le monde, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Belgique ou au Canada[1]. En Afrique subsaharienne, cette forme de publicité est encore très présente : de nombreux commerces se signalent par une façade peinte, où sont représentés les produits à vendre. Ces murs sont très colorés et parfois dotés de slogans. La réalisation d'enseignes murales a aujourd'hui quasiment disparu ou est devenue marginale dans de nombreux pays, si ce n'est dans les pays du Sud où cette pratique est encore largement répandue. Le mur réclame connaît ses derniers moments de gloire en Europe dans les années '50. Souvent, les publicités murales ont laissé place aux panneaux publicitaires.

Terminologie[modifier | modifier le code]

En français, ces publicités sont désignées par les termes "murs peints publicitaires", "affiches peintes" ou "murs réclames". La langue anglaise qualifie les publicités murales de ghost sign, ou plus rarement, pour les publicités, fading ads ou brickads.

Les peintres de ces enseignes sont appelés pignonistes[2] ou "peintres lettreurs" correspondant à wall dogs[3] dans le monde anglo-saxon. Leur nom vient du fait qu'ils peignaient souvent sur le pignon d'une maison.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle est celui d'un élargissement des supports de la publicité et c'est dans ce mouvement qu'apparaissent les réclames peintes directement sur les murs[4]. En France, dès 1842, des entreprises d'affichage proposent des peintures de ce type, moins fragiles et moins coûteuses que les enseignes traditionnelles. L'apparition de ce type de publicité est liée à l'avènement de la consommation de masse, ainsi qu'au développement des transports en commun (trains et tramways). Ceux-ci permettaient de se déplacer pour faire ses achats bien au-delà de son quartier où il fallait alors se repérer dans un environnement inconnu, mais ils obligeaient aussi à lire plus rapidement les annonces, compte tenu de la vitesse du déplacement. Dès lors, la nécessité de réclames peintes en grand s'imposa. Les annonceurs se mirent à rechercher la monumentalité et la durabilité, deux qualités qu'offraient les murs peints. C'est ainsi que les murs aveugles et surtout les pignons vont héberger des messages publicitaires gigantesques. En France, le mur peint connaîtra un certain succès autour de 1870, mais ses progrès seront bloqués par un relèvement des taxes publicitaires. Une seconde période faste sera celle de l'entre-deux-guerres, avant que plusieurs mesures réglementaires aient raison de cette forme de publicité après la Seconde Guerre mondiale.

Nombreuses sont les publicités murales qui n'existent plus aujourd'hui, pour trois raisons. Premièrement, elles étaient sujettes à la pratique du palimpseste : on utilisait et réutilisait, après avoir été "grattés" et enduits d'une couche de fond, les mêmes murs. Deuxièmement, la pratique fut abandonnée et remplacée par l'affiche papier ou le panneau publicitaire. Troisièmement, bon nombre de ces oeuvres se sont évanouies à cause des intempéries, des bombardements, des rénovations urbanistiques. Par ailleurs, les couleurs utilisées pour les publicités murales ont résisté plus ou moins bien au temps. On constate que le noir et le bleu résistent bien, alors que les couleurs rouges ont tendance à disparaître avec le temps à cause des ultra-violets du soleil.

Aujourd'hui, les publicités murales qui ont survécu sont redécouvertes et sont considérées comme une trace des activités commerciales et industrielles, mais aussi des conceptions sociales et esthétiques d'une époque. Elles sont parfois également vues comme une forme d'art. De ce fait, on assiste à une volonté de patrimonialiser ces documents muraux. Certaines publicités murales ont d'ailleurs été classées ou sont en voie de l'être, et sont répertoriées et photographiées (et ces photos postées sur des sites internet).

Références[modifier | modifier le code]

  • Parmentier Isabelle, La publicité dans le paysage urbain : une mise en perspective historique, in Collet E., Joosten Chr., Paquet D., Parmentier I. et Vincke V., De la pub plein les murs. Peintures murales et enseignes commerciales, éd. Racine, Bruxelles, 2010, p. 11-41.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ghost Signs - A Waymarking.com Category.
  2. Magazine télévisé Des racines et des ailes, De la route « Jacques Cœur » à la Nationale 7, 23 mai 2012.
  3. (en) « Ghost signs: Jersey's commercial history is written large in faded paint on city buildings », The Star-Ledger,‎ 30 mars 2012 (lire en ligne).
  4. (fr) Parmentier I., La publicité dans le paysage urbain : une mise en perspective historique,, in Collet E., Joosten Chr., Paquet D., Parmentier I. et Vincke V., De la pub plein les murs. Peintures murales et enseignes commerciales, Bruxelles, Racine,‎ 2010, p. 11-41 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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