Misumena vatia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Misumena vatia est une espèce d'araignées aranéomorphes de la famille des Thomisidae aussi appelées araignées-crabes.


Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Misumena vatia a été décrite par le naturaliste suédois Carl Alexander Clerck en 1757[1] sous le nom initial de Araneus vatius.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Cette espèce admet de nombreux synonymes[2] :

  • Araneus vatius Clerck, 1757 Protonyme
  • Aranea calycina Linnaeus, 1758
  • Aranea 4-lineata Linnaeus, 1761
  • Aranea kleinii Scopoli, 1763
  • Aranea osbekii Scopoli, 1763
  • Aranea hasselquistii Scopoli, 1763
  • Aranea uddmanni Scopoli, 1763
  • Aranea scorpiformis Fabricius, 1775
  • Aranea virginea Müller, 1776
  • Aranea citrea De Geer, 1778
  • Aranea citrina Fourcroy, 1785
  • Aranea sulphureoglobosa Martini & Goeze, in Lister, 1778
  • Aranea sulphurea Martini & Goeze, in Lister, 1778
  • Aranea quinquepunctata Martini & Goeze, in Lister, 1778
  • Aranea albonigricans Martini & Goeze, in Lister, 1778
  • Aranea calicina Olivier, 1789
  • Aranea cretata Preyssler, 1791
  • Aranea quinquepunctata Panzer, 1804
  • Aranea albonigricans Panzer, 1804
  • Thomisus dauci Walckenaer, 1805
  • Thomisus pratensis Hahn, 1832
  • Thomisus spinipes Brullé, 1832
  • Thomisus scorpiformis Hahn, 1833
  • Thomisus quadrilineatus Hahn, 1833
  • Thomisus pratensis Hahn, 1833
  • Thomisus viridis Walckenaer, 1837
  • Thomisus citreus georgiensis Walckenaer, 1837
  • Thomisus phrygiatus Walckenaer, 1837
  • Thomisus devius C. L. Koch, 1845
  • Thomisus fartus Hentz, 1847
  • Thomisus cucurbitinus Sordelli, 1868
  • Misumenops modesta Banks, 1898
  • Misumenops vatia
  • Misumena vatia occidentalis Kulczynski, 1911

Description[modifier | modifier le code]

Misumena vatia capturant une abeille solitaire du genre Nomada
Misumena vatia mâle
Misumena vatia femelle capturant un syrphe
Forme jaune de Misumena vatia
Misumena vatia capturant Episyrphus balteatus

L'abdomen va en s'élargissant vers l'arrière, et reste plus ou moins arrondi postérieurement.

Cette araignée mesure pour la longueur du corps sans les pattes de 11 à 7 mm pour la femelle et de 3 à 5 mm pour le mâle

Chez la femelle le céphalothorax est blanc ou jaune avec une large bande brun-jaune de chaque côté et l'abdomen blanc, jaune ou vert très pâle avec de façon inconstante dans la moitié antérieure deux bandes longitudinales rouges.

Chez le mâle le céphalothorax est brun-rouge ou noir avec une large bande jaunâtre dans la partie céphalique et l'abdomen blanc mât, orné de deux lignes parallèle bordées de noir[3].

Les deux premières paires de pattes sont plus longues; elles marchent sur le côté comme les crabes[4].

Biologie[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les mâles beaucoup plus petits parcourent les fleurs à la recherche de femelles et sont souvent vus avec une ou plusieurs pattes en moins. Particularité lié probablement aux attaques de prédateur ou d'autre mâle en compétition. Quand un mâle trouve une femelle, il grimpe sur son céphalothorax à la recherche de son opisthosome, où il insère son pédipalpe pour l'inséminer.

Mœurs[modifier | modifier le code]

Les juvéniles atteignent une taille de 5 mm à la fin de l'automne et hivernent sur le sol. Ils muent une dernière fois au mois de mai de l'année suivante.

Misumena vatia se tient tapie sur les fleurs pour se précipiter sur les proies. Elle est fréquemment associée au Solidago qui lui sert de support à la chasse à l'affût, et qui a l'avantage d'attirer beaucoup d'insectes[5].

Visibles de mai à juillet.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre en zone holarctique.

Homochromie[modifier | modifier le code]

L'homochromie adaptative est connue chez les araignées dans deux cas : les Misumena et les Thomisus[6]. La couleur de la femelle peut varier entre le jaune et le blanc, voire vert pâle, suivant la fleur sur laquelle elle chasse. Les jeunes femelles qui chassent sur les pâquerettes et les tournesols sont capables d'homochromie. Le changement de couleur est rendu possible par la sécrétion d'un pigment liquide jaune composé[7] de kynurenine et de 3-hydroxykynurenine dans les couches de cellules extérieures du corps. Lorsque l'araignée est sur un fond blanc, ce pigment est transporté dans les couches profondes laissant apparaître les glandes de guanine blanche[8]. Si l'araignée séjourne longuement sur une plante blanche, le pigment jaune est souvent excrété. Pour repasser au jaune, il faudra donc que l'araignée prenne le temps de sécréter à nouveau ce pigment.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clerck, 1757 Svenska spindlar, uti sina hufvud-slågter indelte samt under några och sextio särskildte arter beskrefne och med illuminerade figurer uplyste. Stockholmiae, p. 1-154
  2. Platnick, 2011 : The world spider catalog (American Museum of Natural History).
  3. Michel Hubert, Les araignées, éditions Boubée, 1979, p.169-170.
  4. Michael Chinery, Insectes (sic) de France et d'Europe occidentale, Flammarion,‎ mai 2005, 320 p. (ISBN 978-2-0820-1375-8), p. 306-307.
  5. (en) Douglass H. Morse, Predator upon a flower : life history and fitness in a crab spider, Harvard University Press (Cambridge, Mass.),‎ 2007, 392 p. (ISBN 9780674024809, OCLC 80181392, présentation en ligne)
  6. Michel Hubert, Op. Cit. p.65
  7. (en) G.S. Oxford, R.G. Gillespie, 1998 : Evolution and Ecology of Spider Coloration. Annual Review of Entomology, Annual Reviews, vol. 43, p. 619-643 (ISSN 00664170) lien DOI (page consultée le 24 oct 2008) ] 
  8. (en) Teresita C. Insausti, Jérôme Casas, 2008 : The functional morphology of color changing in a spider: development of ommochrome pigment granules. Journal of Experimental Biology, The Company of Biologists, vol. 211, p. 780-789 (ISSN 0022-0949 et 1477-9145) lien DOI (page consultée le 23 oct 2008) ] 

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :