Minucius Félix

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marcus Minucius Félix est un écrivain latin chrétien du IIe ou du IIIe siècle, il est Père de l'Église.

Biographie et écrits[modifier | modifier le code]

Originaire d'Afrique du Nord, il se convertit au christianisme à la fin de sa vie.

Il est l'auteur de l'Octavius, dialogue philosophique dans lequel il montre que la foi chrétienne peut se concilier avec la culture traditionnelle, notamment avec la philosophie : les grands philosophes ont été les précurseurs de la doctrine chrétienne et ont approché de la vérité sans y parvenir pleinement.

Cet ouvrage ne mentionne pas le nom du Christ mais est indéniablement chrétien. C'est un texte de haute tenue littéraire et philosophique, mais peu original sur le plan dogmatique. Minucius Félix est rangé parmi les Pères de l'Église.

L'Octavius inspirera, des siècles plus tard, une démarche analogue de Louis Laneau, évêque de la Société des Missions étrangères de Paris et auteur d'une Rencontre avec un Sage Bouddhiste où le christianisme est présenté, sur le même mode implicite, comme la vraie sagesse - dans les catégories du bouddhisme.

Résumé de l'Octavius[modifier | modifier le code]

1-2. Présentation des personnages :

  • l’auteur, avocat déjà âgé et récemment converti au christianisme,
  • Octavius, jeune chrétien,
  • Cécilius, païen.

En vacances à Ostie, les trois amis se promènent sur la plage lorsque Cécilius salue une statue du dieu Sérapis. 3. Octavius proteste contre ce geste superstitieux. Ils savourent la beauté de la promenade, voient des enfants faire des ricochets. 4. Cécilius est vexé du reproche d’Octavius. Ils s’asseyent, l’auteur au milieu comme arbitre, et ils entament le débat.

5. Discours de Cécilius. Il est impossible de savoir si Dieu existe, le monde s’est peut-être fait tout seul par hasard. Les bons n’étant pas plus heureux que les méchants, on peut penser qu’il n’y a pas de providence. 6. Puisque ces mystères nous dépassent, ne nous prétendons pas plus savants que nos ancêtres et faisons comme eux : en adorant tous les dieux des peuples, les Romains ont conquis tous les peuples. 7. La religion romaine est le rempart de l’Empire. 8. L’athéisme est contraire à l’opinion générale, cette nouvelle secte (les chrétiens) est infâme et sacrilège. 9. Il faut l’abolir. Énumération des divers crimes de la secte : orgies, meurtres d’enfants etc. 10. Pourquoi les chrétiens ne célèbrent-ils pas leur religion au grand jour ? Ils disent des absurdités sur Dieu : qu’il est partout, voit tout, s’occupe de tout ; et que la fin du monde va arriver. 11. Autres absurdités : ils croient qu’ils ressusciteront, refusent l’incinération, croient à une félicité éternelle après la mort. 12. Si votre dieu vous laisse souffrir, c’est qu’il est soit impuissant soit injuste. Les Romains sont puissants sans son aide, alors que vous êtes misérables. De plus, vous vous privez de plaisirs légitimes (spectacles, fêtes religieuses, parfums…). Soyez plus modestes et plus sensés. 13. Le sage ne se prononce pas sur les choses divines. Fin du discours de Cécilius.

14-15. L’auteur: Ton discours était brillant, mais plein d’erreurs.

16. Discours d’Octavius. Tu es dans l’incertitude (crois-tu aux dieux ou non ?). Tu n’admets pas que des ignorants comme les chrétiens parlent de sujets élevés, mais tous les hommes (de tout âge/sexe/situation sociale) sont doués de raison. Les philosophes aussi ont été méprisés par les riches. On ne doit pas regarder à celui qui parle, mais à la qualité des paroles. 17. Contrairement aux bêtes, nous avons une raison qui nous montre que le monde n’est pas le fait du hasard. L’admirable mouvement des astres et des saisons, la mer, les arbres, la diversité des animaux, la beauté humaine, toute la nature parle de Dieu. 18. La providence veille à tout en particulier. Il est visible que ce n’est pas l’œuvre du hasard, et qu’un seul être gouverne tout. Dieu est infini, éternel, créateur de toutes choses, insaisissable par l’esprit humain, il est unique et anonyme. 19. Il cite un texte de Virgile et énumère de nombreux philosophes grecs, qui admettent tous une providence unique. 20. Les philosophes ont cru à un dieu unique, les chrétiens sont donc philosophes, ou les philosophes ont été chrétiens ! Les fables de l’Antiquité sont contraires à la raison et toujours condamnées par les philosophes. 21. Absurde religion égyptienne, adoptée à Rome. Énumération d’autres croyances absurdes. 22. Ces fables sont crues par les ignorants et embellies par les poètes. Énumération de croyances païennes. Les dieux sont des objets fabriqués en pierre, en bois etc. 23. Autre énumération de cultes absurdes. 24. Rome ne doit pas sa grandeur à la religion. Elle s’est construite dans le crime. 25. Les augures ne sont pas fiables non plus. Si par hasard ils disent vrai, cela vient des démons. 26. Les dieux païens sont des démons, qui incitent les païens à nous haïr. 27. Ils répandent des calomnies contre nous. En réalité, c’est vous qui adorez des animaux et faites des débauches, ce n’est pas nous (allusion à l’accusation envers les chrétiens d’adorer une tête d’âne). 28. Nous ne commettons pas ces turpitudes. Quant à adorer un crucifié : non, nous n’adorons pas la croix ni ne souhaitons y être attachés. 29. Nous ne tuons pas de bébés. Mais vous, vous les tuez à peine nés ou avant leur naissance. Exemples de sacrifices humains faits par des païens. 30. Banquets incestueux : calomnie. Exemples d’incestes chez divers peuples païens. Les chrétiens sont chastes et monogames. Nos banquets sont sobres. Si notre culte est secret, c’est à cause de vous. 31. Nous ne cachons rien. Notre image de Dieu, c’est l’homme. Notre dévotion consiste à être justes et innocents. Nous ne voyons pas Dieu, mais nous voyons son action. Il voit tout car il est partout. 32. Les juifs n’ont été vaincus que lorsqu’ils ont abandonné Dieu. 33. Fin du monde : normal car tout a une fin. Stoïciens/épicuriens/Platon le disent aussi. Résurrection : Platon et Pythagore croient à la survivance de l’âme mais ont corrompu cette idée ⇒ croyance à la réincarnation en animaux. D’ailleurs la création ex nihilo est plus improbable que la résurrection. Toute la nature est une image de la résurrection (printemps). 34. Nous n’avons pas peur de l’enfer car nous menons une vie pure. 35. Nous sommes responsables de nos fautes, car notre volonté est libre. Les chrétiens sont pauvres mais heureux. Les afflictions servent à nous fortifier. 36. Le soldat de Jésus-Christ n’est pas abandonné dans les dangers. D’ailleurs les grandeurs humaines ne sont pas durables. Nous méprisons vos spectacles immoraux, vos voluptés et vos pompes. 37. Nous ne travaillons pas à paraître sages, mais à l’être. Fin du discours d’Octavius.

38. L’auteur se réjouit de la réponse d’Octavius. 39. Cécilius est convaincu, il veut devenir chrétien, il a plein de questions. 40. Les trois amis partent, tout heureux

Textes en liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Traduction française de l'Octavius

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Serralda, André Huard, Le Berbère...Lumière de l'Occident, p56, Nouvelles Editions Latines, Paris, 1990 (ISBN 978-2-7233-0239-5)