Celse (philosophe)

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Celse
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Antiquité tardive

Bust philosopher Louvre Ma544.jpg
Naissance
Décès
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Récusation de la supériorité morale du christianisme
Contre l'anthropocentrisme
Œuvres principales
Discours véritable, parfois appelé
Discours contre les chrétiens
Influencé par

Celse, philosophe romain, épicurien (hypothèse) du IIe siècle écrivant en langue grecque, est l’auteur d’un ouvrage analytique et articulé, Discours véritable (en grec : Λόγος 'AληΘής), rédigé vers 178. Il s’agissait d’un ouvrage où il attaquait le christianisme naissant par les armes du raisonnement et du ridicule. Le texte original est perdu, mais la majeure partie nous est parvenue par les extraits étendus cités par son grand contradicteur Origène dans son ouvrage La Réfutation. Celse était lié avec Lucien de Samosate, qui lui dédia son Alexandre ou le faux Prophète.

Le « Discours véritable »[modifier | modifier le code]

Le Discours véritable, parfois appelé le Discours contre les chrétiens, est l’un des plus anciens ouvrages de critique contre le christianisme. À son époque, peu de personnes semblent s’être intéressées en détail à cette religion issue du judaïsme, divisée en nombreuses sectes et ayant mauvaise réputation, comme l’indique son introduction.

Celse n’y oppose pas la religion grecque ou romaine traditionnelle telle quelle, mais une religion syncrétique fondée sur un être suprême dont les dieux des panthéons païens ne sont que des représentations, et associée à l’enseignement des grands philosophes grecs, donc ce n’est pas le monothéisme en soi qu’il reproche aux chrétiens (et aux juifs) mais plutôt de s’approprier l’« Être Suprême » à leur seul profit.

Si Celse ne prête que peu de crédit aux ragots sur les messes secrètes, il pense que cette religion représente un danger religieux, politique et social :

  • Du point de vue religieux, il récuse les prétentions chrétiennes (et juives) à être la seule vraie religion. Il conteste le statut divin de Jésus de Nazareth et affirme que ce n’est qu’un simple mortel, chef de bande, dont l’histoire a été enjolivée par les chrétiens en s’inspirant notamment des mythes païens. Il fait une critique des principaux récits fondateurs bibliques et de la théologie chrétienne ;
  • Du point de vue philosophique et moral, il récuse la supériorité morale du christianisme sur les religions païennes, en déclarant que la morale chrétienne n’est pas originale, qu’elle est copiée de la morale des philosophes, mais présentée de façon vulgaire et stupide ;
  • Au-delà de l’aspect purement religieux et philosophique, c’est surtout son aspect politique et social qui, pour Celse, représente le vrai danger du christianisme. Le christianisme a été persécuté par l’empire romain pour des raisons politiques, les chrétiens refusant d’accomplir certains devoirs civiques et d’accomplir la religion civile du culte impérial.

Dans son ouvrage, Celse affirme que les chrétiens sont en fait des révolutionnaires qui refusent de se comporter en bons citoyens et dont le comportement mettrait en danger l’empire et la civilisation si tout le monde devenait chrétien. Il prédit que l’empire tomberait ainsi aux mains des barbares. De même, il reproche aux chrétiens d’être, de leur propre aveu, prêts à séduire les empereurs romains, voire les éventuels vainqueurs de ces derniers.

Extraits[modifier | modifier le code]

« Il est une race nouvelle d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, universellement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune : ce sont les chrétiens […].

Dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore. Il passe auprès d’eux pour le fils de Dieu et il est l’auteur de leur nouvelle doctrine […]. On sait comment il a fini. Vivant, il n’avait rien pu faire pour lui-même ; mort, dites-vous, il ressuscita et montra les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? […]

Soutenez l’empereur de toutes vos forces, partagez avec lui la défense du droit ; combattez pour lui si les circonstances l’exigent ; aidez-le dans le commandement de ses armées. Pour cela, cessez de vous dérober aux devoirs civils et au service militaire ; prenez votre part des fonctions publiques, s’il le faut, pour le salut des lois et la cause de la piété. »

Contre l'anthropocentrisme[modifier | modifier le code]

Celse dénonce aussi l'anthropocentrisme si cher au christianisme (et dans une moindre mesure, celui du stoïcisme, puisqu'il précise que ce n'est pas seulement au créationnisme juif, tel qu'il lui apparaît, à qui il reproche l'idée selon quoi l'homme peut disposer des créatures selon les courbures de son cœur) :

« Ce monde n'a pas été fait en vue de l'homme plutôt qu'en vue du lion, de l'aigle ou du dauphin. Il a été fait de telle sorte qu'il fût parfait et achevé comme il convenait à l’œuvre de Dieu ; et c'est pourquoi toutes les parties qui le composent ne sont pas ajustées à la mesure de l'une d'entre elles, mais chacune concerte à l'effet d'ensemble et en dépend. C'est uniquement de cet ensemble que Dieu prend soin ; c'est lui que la Providence n'abandonne jamais. (…) Dieu ne s'irrite pas plus au sujet des hommes qu'au sujet des singes ou des rats. Il ne menace aucun être. »

« Si donc les oiseaux, pour ne parler que d'eux, nous dévoilent par des signes [leur langage sacré] tout ce que Dieu leur a révélé, il suit de là qu'ils vivent dans une intimité plus étroite que nous avec la Divinité, nous surpassant en cette science et sont plus chers à Dieu que nous. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Rougier, Celse contre les chrétiens, 1925, Éditions du siècle, Paris. (ISBN 978-2859840051)
  • (de) Theodor Keim, Gegen die Christen. (1873) [Celsus' wahres Wort], Reprint Matthes & Seitz, München 1991 (ISBN 3-88221-350-7)
  • Élysée Pélagaud, Étude sur Celse et la première escarmouche entre la philosophie antique et le christianisme naissant, Lyon (1878)
  • (en) K. J. Neumann's edition in Scriptores Graeci qui Christianam impugnaverunt religionem
  • (en) article in Hauck-Herzog’s Realencyk. fur prot. Theol. where a very full bibliography is given
  • (en) W. Moeller, History of the Christian Church, i.169 ff.
  • (en) Adolf von Harnack, Expansion of Christianity, ii. 129 if.
  • (en) J. A. Froude, Short Studies, iv.
  • (de) Des Origenes : Acht Bücher gegen Celsus. Übersetzt von Paul Koetschau. Josef Kösel Verlag. München. 1927.
  • (de) Celsus : Gegen die Christen. Übersetzt von Th. Keim (1873) [Celsus' wahres Wort], Reprint Matthes & Seitz, München 1991 (ISBN 3-88221-350-7)
  • (de) Die »Wahre Lehre« des Kelsos. Übersetzt und erklärt von Horacio E. Lona. Reihe : Kommentar zu frühchristlichen Apologeten (KfA, Suppl.-Vol. 1), hrsg. v. N. Brox, K. Niederwimmer, H. E. Lona, F. R. Prostmeier, J. Ulrich. Verlag Herder, Freiburg u.a. 2005 (ISBN 3-451-28599-1)
  • (en) Celsus the Platonist - Catholic Encyclopedia article
  • Cahiers du Cercle Ernest Renan : « Nouvelles remarques sur Celse et le discours vrai » de Jean Coryn 2e trimestre 1957

Articles connexes[modifier | modifier le code]