Magnétotaxie

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Magnetospirillum gryphiswaldense faisant apparaître les chaînes de cristaux de magnétite ; la partie inférieure de l'image montre un gros plan sur une chaîne de cristaux.

La magnétotaxie est la capacité qu'ont certains microorganismes à percevoir les champs magnétiques (magnétotactisme) et à coordonner leurs mouvements en fonction des lignes de champ magnétique. Elle fait intervenir des organites particuliers appelés magnétosomes, qui contiennent généralement des cristaux de magnétite (oxyde de fer(II,III) FeO·Fe2O3), parfois de greigite (sulfure de fer(II,III) FeS·Fe2S3) : ces cristaux possèdent un magnétisme intrinsèque qui les oriente en fonction du champ magnétique environnant.

La magnétotaxie a été mise en évidence au sein d'un groupe polyphylétique de bactéries, dites bactéries magnétotactiques, pressenti dès 1963 par Salvatore Bellini[1] et caractérisé en 1975 par Richard P. Blakemore[2] et comprenant notamment des organismes microaérophiles à Gram négatif des genres Magnetospirillum et Desulfovibrio tels que Magnetospirillum magnetotacticum, Magnetospirillum magneticum, Desulfovibrio magneticus et Magnetospirillum gryphiswaldense.

Le développement de cette capacité chez certains microorganismes est généralement expliqué par le fait que les lignes de champ magnétique sont plus ou moins obliques dans les océans en fonction de la latitude et les suivre permettrait à ces bactéries, qui sont anaérobies ou microaérophiles, de trouver directement, en descendant en ligne droite, les eaux pauvres en oxygène mais riches en matières organiques situées sous la surface des couches de sédiments.

Cependant, comme de telles bactéries sont également présentes à l'équateur magnétique, où les lignes du champ géomagnétique sont horizontales, il a également été proposé que la magnétotaxie permettrait à ces organismes de faire abstraction du mouvement brownien et d'optimiser ainsi leur chimiotaxie[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Salvatore Bellini, « Su di un particolare comportamento di batteri d'acqua dolce », Istituto di microbiologia dell'Università di Pavia
  2. (en) Richard P. Blakemore, « Magnetotactic bacteria », Science, vol. 190, no 4212,‎ 24 octobre 1975, p. 377-379 (lire en ligne) DOI:10.1126/science.170679
  3. (en) David B. Dusenbery, « Living at Micro Scale », pp.164-167. Harvard University Press, Cambridge, Mass. (2009). (ISBN 978-0-674-03116-6).