Kachagan

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46° 10′ N 51° 35′ E / 46.17, 51.583 () Kachagan est le nom donné à un gisement pétrolier situé en mer Caspienne, découvert dans les années 1990, à grande profondeur sous les eaux territoriales du Kazakhstan et supposé contenir une grande quantité de pétrole, mais difficile à atteindre.

C'est aussi le nom du projet de son exploitation pour laquelle six compagnies internationales pétrolières se sont associées (dont le groupe Total qui a accepté de diriger ce consortium de 2008 à 2015).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du proje est liée au nom de Jack J. Grynberg (en), promoteur américain qui a réussi, dans les années 1990, à convaincre des compagnies pétrolières internationales, notamment BP, de s'intéresser à ce prospect ; la « chute » ou l'« ouverture » de l'URSS ayant ouvert aux majors du pétrole un nouveau « terrain de chasse » en mer Caspienne.

À un prix très élevé (du fait des conditions d'opérations extrêmes), deux puits d'exploration furent forés en 2000, révélant un gisement énorme, évalué par la suite à 13 Gbbls récupérables, incontestablement le plus grand gisement découvert dans le monde depuis 1980.

Malgré le volume supposé présent, le projet a connu de nombreux avatars politiques et techniques, provoquant le retrait de plusieurs des compagnies impliquées à l'origine ; Agip (Agip KCO, filiale de ENI, détenue via Agip Caspian Sea B.V.) devenant principal opérateur sur le terrain.

La date de mise en service a plusieurs fois été repoussée. Agip annonçait l'ouverture en 2008, mais de nouveaux retards ont eu lieu, avec selon les enquêtes d'ONG des pollutions locales ayant nécessité le transfert de certains habitants et tuant de nombreuses espèces animales. Les problèmes techniques sont colossaux : aux conditions climatiques extrêmes, il faut ajouter les variations de niveau, capricieuses et inexpliquées, de la mer Caspienne.

La North Caspian Operating Company (NCOC), le consortium qui tente de mener le projet à bien, regroupe autour de la KazMunayGas (la société nationale) les principales firmes du secteur pétrolier. En 2007, les participations des 6 groupes pétroliers se définissaient comme suit :

  • Eni S.p.A. (via sa filiale Agip Caspian Sea B.V. ; opérateur de terrain) 18,52 %
  • ExxonMobil Kazakhstan Inc. 18,52 %
  • Shell Kazakhstan Development B.V. 18,52 %
  • Total E&P Kazakhstan 18,52 %
  • ConocoPhillips (Phillips PetroleumKazakhstan Ltd.) 9,26 %, qui a cependant cédé[1] sa participation au Kazakhstan en 2012[2], qui lui même la revendu pour 5 milliards d'USD à la Chine en septembre 2013[3].
  • JSC NC KazMunayGaz (KMG Kashagan B.V.) 8,33 %
  • INPEX North Caspian Sea, Ltd. 8,33 %.

Les investissements à réaliser entre 2011 et 2020 seraient de 160 milliards d'euros, soit trois fois plus que prévu.

Caractéristiques du gisement[modifier | modifier le code]

Le gaz naturel devra probablement d'abord être réinjecté pour maintenir la pression dans le réservoir, avant de pouvoir être désoufré et commercialisé dans une phase plus tardive de la vie du gisement. Sa teneur en soufre pose problème.

Ceci explique les difficultés exploratoires et de préparation d'une exploitation rentable.

La production prévue en pointe est de 1,2 Mbbls/j (mais cette quantité ne serait atteinte qu'après 2015, le développement se faisant par phases), ce qui en ferait, en production, le troisième gisement du monde après Ghawar et Burgan.

Impacts écologiques[modifier | modifier le code]

Les risques d'accidents et de pollution sont très élevés. Selon les premiers rapports[4] d'ONG ayant interrogé les populations locales, des mortalités importantes d'animaux et des maladies dans la population auraient déjà accompagné les premiers chantiers de la compagnie italienne Ente nazionale idrocarburi (ENI, qui selon les ONG viole à la fois la constitution kazakh et la Convention d’Aarhus en refusant de produire les informations d'intérêt environnemental qu'elle détient[5]. Les ONG ont alerté dès 2007 sur le risque élevé de pollutions marines ou terrestres par le pétrole, mais aussi par l'acide sulfurique et des retombées de type pluies acides [6]. Le contexte géopolitique et de risque sismique est également préoccupant[6]. De plus les 20 milliards de dollars que Total aurait annoncé envisager de dépenser sur ce projet ne pourront pas être consacrés à des énergies propres, douces et renouvelables[6] estiment l'ONG les Amis de la terre[6].

Ceci a valu en 2009 au groupe Total (associé au projet) de recevoir le prix Pinocchio 2009 attribué par l'ONG Les amis de la Terre (dans la catégorie « Environnement » avec 29 % des votes dans cette catégorie[6]). Les ONG environnementales craignent que ce type de projet n'aggrave la situation en matière de risque de pollution, n'augmente encore la contribution d'énergies fossiles et « archaïques » aux dérèglements climatiques, tout en exacerbant les déséquilibres géopolitiques (en renforçant les systèmes mafieux et de corruption déjà à l'œuvre dans le pays dirigé de manière très autoritaire par Noursoultan Nazarbaïev).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conoco-Philips cède sa participation dans le gisement de Kachagan : http://www.zonebourse.com/CONOCOPHILLIPS-13929/actualite/ConocoPhillips--cede-sa-participation-dans-le-gisement-de-Kachagan-15549343/
  2. Le Kazachstan cherche à se renforcer dans son gisement de Pachagan : http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6E8L21R420121002
  3. La Chine rachète la part de Conoco-Phillips au gouvernement du Kazachstan : http://www.capital.fr/bourse/actualites/la-chine-achete-8-33-du-gisement-petrolier-kazakh-de-kashagan-869684
  4. DarekUrbaniak & al. Rapport « Kashagan oil field development Kazakhstan ; extractive industries: blessing or curse ? », 32 pages, PDF (consulté 2009 11 29)
  5. Page des Amis de la terre, relative aux impacts négatifs du projet (2007, consulté 2009 11 29)
  6. a, b, c, d et e Prix pinocchio/Environnement 2009 (Consulté 2009 11 29)