BP (entreprise)

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BP plc

Description de l'image  B_P.svg.
Création 1909
Personnages clés CEO: Bob Dudley
Président: Carl-Henric Svanberg
Forme juridique société anonyme
Slogan Beyond Petroleum
Siège social Drapeau de Grande-Bretagne Londres (Royaume-Uni)
Actionnaires Drapeau de la France France
TG corp
Activité pétrole
Produits pétrole, raffinage
Effectif 79 700 (en Décembre 2010)
Site web www.bp.com
Chiffre d’affaires en augmentation 375 717 millions de dollars US (2011)[1]
Résultat net en augmentation 25 691 millions de dollars US (2011)[1]

La société BP, anciennement nommée Anglo-Persian Oil Company (APOC, 1909), puis Anglo-Iranian Oil Company (AIOC, 1935), puis British Petroleum Company (BP, 1954), puis BPAmoco (2001), est une compagnie britannique de recherche, d'extraction, de raffinage et de vente de pétrole fondée en 1909.

Après sa fusion avec Amoco, Atlantic Richfield (Arco) et Burmah Castrol, elle est devenue la plus grande société du Royaume-Uni et la troisième compagnie pétrolière mondiale. La division BP de Londres est évaluée à environ cinquante milliards de dollars (environ trente-neuf milliards d'euros). Internationalement, BP est présente dans plus de cent pays et emploie environ cent quinze mille personnes (2006).

Depuis 2010, l'image de l'entreprise a souffert de la mauvaise publicité due à l'explosion de l'une de ses plates-formes pétrolières, Deepwater Horizon, considérée comme l'une des plus importantes catastrophes écologiques liées à l'exploitation du pétrole de l'histoire, et qui lui a valu une amende record de 4,5 milliards de dollars (janvier 2013[2]). Néanmoins, la même année, malgré une perte de bénéfices, elle affichait un chiffre d'affaires de 308 928 millions de dollars US, la classant au 4e rang des plus grandes entreprises mondiales classées en fonction de leur chiffre d'affaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

1909-1955[modifier | modifier le code]

En mai 1901, William Knox D'Arcy se fit accorder une concession par le shah de Perse aux fins de découvrir du pétrole, qu'il finit par trouver en mai 1908. Ce fut la première découverte commercialement significative au Moyen-Orient. En 1909, la Anglo-Persian Oil Company fut créée afin d'exploiter ce gisement. La compagnie se développa doucement jusqu'à la Première Guerre mondiale lorsque son importance stratégique incita le gouvernement britannique à l'acquérir et devenir l'actionnaire majoritaire de la compagnie qui devint ainsi la source d'approvisionnement principale de la marine royale durant le conflit mondial.

En 1917, la guerre lui permit de prendre le pas sur la Europäische Petroleum-Union qui utilisait la marque British Petroleum. La guerre achevée, la compagnie, dont 51 % des parts appartenaient désormais au gouvernement britannique, fut déplacée afin d'assurer les sorties en Europe et ailleurs. Mais son souci principal restait en Perse et, après l'accord britannico-perse de 1919, la compagnie put continuer de commercer profitablement avec ce pays.

Entre 1980 et 1999[modifier | modifier le code]

En 1987, British Petroleum acquiert Britoil ainsi que les parts de la Standard Oil of Ohio (Sohio) qui lui manquaient. En 1994, BP et Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) ont commencé la commercialisation de l'Orimulsion, un carburant tiré du bitume.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Dépôt d'hydrocarbure GDH (filiale de BP), Frontignan, Hérault, France.

En 2000, BP acquiert Arco ainsi que Burmah Castrol. En 2001, elle fusionne avec Amoco (anciennement Standard Oil of Indiana) et devient BPAmoco. En 2002, BPAmoco est renommée BP, sans aucun sens précis aux deux lettres. En 2003, BP Allemagne rachète le réseau de station-service Aral. En 2005, la branche pétrochimie est séparée sous le nom d'Innovene (du nom de son procédé développé en 1993 pour la fabrique du polypropylène), puis est achetée par Ineos.

À la fois sous couvert d'éco-responsabilité et pour améliorer son image, la société investit depuis quelques années dans l'énergie solaire.

BPAmoco est formée en 2001 par ce qui a été officiellement décrit comme la fusion de British Petroleum et d'Amoco pour éviter toute concurrence. Cependant, après un an d'opérations communes, les deux géants regroupent la plupart des opérations et se renomment BP.

Dans les faits, l'événement est un changement et la compagnie retient le nom de British Petroleum. Mais, en 2002, il devient de manière officielle BP, dont les lettres ne signifient officiellement plus rien. BP acquiert également Arco en même temps qu'elle fusionne avec Amoco. Arco était anciennement l'Atlantic Richfield Oil Company. Auparavant, au milieu des années 1970, British Petroleum avait acquis la Standard Oil of Ohio ou Sohio.

La plupart des stations-service d'Amoco, aux États-Unis, sont en cours de rhabillage et portent progressivement le nom de BP. Toutefois, dans certains États, les bâtiments et les pompes sont remplacés par le design BP mais l'enseigne reste Amoco.

Les stations Arco pourraient bientôt être nommées BP, mais conservent leur autonomie. Arco est également attachée aux magasins de proximité AMPM qui ont ainsi été également acquis par BP.

En mai 2007, BP signe un contrat de 900 millions USD avec la Libye pour l'exploration et l'exploitation du gaz naturel présent dans ce pays[3],[4].

En avril 2009, le président Evo Morales nationalise les filiales du groupe BP présentes sur le territoire bolivien.

En 2010, la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, exploitée par BP, explose, donnant lieu à une des plus grandes catastrophes environnementales liée au pétrole. En juillet 2010, elle cède une partie de ses activités à Apache Corporation pour la somme de 7 milliards USD[5]. En août 2010, elle vend ses « activités d'exploration » en Colombie à Ecopetrol et à Talisman Energy pour 1,9 milliard USD[6].

En 2012, Rosneft annonce le rachat de TNK-BP pour 61 milliards de $. BP passe ainsi sa participation de 1,25 % à 19,75 % dans Rosneft et reçoit 12,3 milliards de $. Le consortium AAR reçoit lui 28 milliards de $ en numéraire[7].

En novembre 2012, le gouvernement fédéral américain exclut BP « de toute nouvelle attribution de contrats fédéraux en invoquant son « manque d’intégrité » lors de la marée noire de 2010 dans le golfe du Mexique »[8].

Le au matin, la base de vie du site d'exploitation coexploitée par BP, Statoil et Sonatrach située sur le site gazier de Tiguentourine (à 45 km à l'ouest d'In Amenas en Algérie) est attaquée par des Islamistes se revendiquant venir du nord du Mali qui prennent en otages une quarantaine d'employés occidentaux de nationalités diverses et font deux morts[9]. Cette action, qui se déroule dans le contexte du conflit malien de 2012-2013 et de l'opération Serval menée par la France depuis le 11 janvier, est plus tard revendiquée par des membres de la brigade Al-Mouthalimin. La brigade se réclame de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, un ancien chef local d'Aqmi et auparavant du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)[10].

Article détaillé : Prise d'otages d'In Amenas.

Accidents industriels[modifier | modifier le code]

Texas, 2005[modifier | modifier le code]

Le , une raffinerie exploitée par BP à Texas City explose, faisant 14 morts et une centaine de blessés[11]. Malgré ces évènements, la raffinerie est toujours un risque pour les personnes qui y travaillent[12].

Alaska, 2006[modifier | modifier le code]

Entre le 2 et le 11 mars 2006, la fuite d'un oléoduc d'une exploitation pétrolifère à Prudhoe Bay, en Alaska, répand entre 760 000 et un million de barils de pétrole brut dans la toundra[13]. Selon BP, cette fuite est due à la corrosion de l'oléoduc. Quelques mois plus tard, une nouvelle fuite de quelques barils contraint BP à fermer temporairement cette exploitation, le temps de remplacer une partie des tuyaux. Cette décision, dans une période où la production pétrolière mondiale est marquée par l'instabilité politique au Moyen-Orient et au Nigeria, a des conséquences économiques importantes, puisqu'elle implique une réduction de 8 % de la production américaine de pétrole, le site produisant 400 000 barils de pétrole par jour (sur une production totale de 4,9 millions de barils par jour). Le prix du baril de pétrole brut en subit les répercussions[14],[15].

Golfe du Mexique, 2010[modifier | modifier le code]

Plate-forme Deepwater Horizon en avril 2010
Article détaillé : Explosion de Deepwater Horizon.

Le 20 avril 2010 dans le golfe du Mexique, la plate-forme Deepwater Horizon explose, générant dans un premier temps un incendie puis une marée noire sans précédent, qui change la politique américaine sur les assurances en cas de catastrophe. Cette marée noire pourrait devenir la plus dévastatrice et la plus grosse catastrophe écologique de l'histoire des États-Unis.

Quelques semaines plus tard, l'oléoduc trans-Alaska, détenu en partie par la firme, est fermé à la suite d'une fuite de plusieurs milliers de barils de pétrole brut à environ 150 km au sud de Fairbanks[16].

Le 15 novembre 2012, BP est condamné à verser 4,5 milliards de dollars de dommages et intérêts au gouvernement américain[17].

Afrique[modifier | modifier le code]

BP et d'autres groupes pétroliers possédant des forages au Nigeria, sont accusés de contribuer aux nombreuses marées noires occasionnées dans le delta du Niger, dont le nombre est estimé à plus de 300 par an (plus de 7 000 ont été officiellement recensées par les autorités nigérianes entre 1970 et 2000, sur plus de 2 000 grands sites de pollution), pour une quantité totale de pétrole brut de 1,5 million de tonnes en un demi-siècle (soit 10 à 15 millions de barils). Ces firmes sont également accusées de bloquer la législation dans ce pays et de violer les droits de l'homme[18]

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Le directeur général de la société BP, John Browne, a démissionné le après avoir perdu un procès contre la presse concernant des révélations sur sa vie privée. John Browne dirigeait BP depuis 1995 et son départ était prévu pour juillet 2007. Cette démission fait perdre à John Browne un bonus de 3,5 millions de livres (5,1 millions d'euros). Tony Hayward est nommé nouveau directeur général avec effet immédiat. À la suite de l'accident de Deepwater Horizon en avril 2010, Bob Dudley prend la direction générale de BP le 27 juillet de la même année.

Conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

Représentants des actionnaires[modifier | modifier le code]

  • Wilhelm Bonse-Geuking, Président
  • Richard Hookway
  • Peter Mather
  • Helmut Schuster
  • Ludolf von Wartenberg
  • Steve Westwell[19].

Représentants des travailleurs[modifier | modifier le code]

  • Jeff Cuypers (Belgique)
  • Michael Flegel (Allemagne)
  • Detlef Lüke (Allemagne)
  • Wolfgang Petrikowski (Allemagne), Présidents représentants
  • Wim Storm (Pays-Bas)
  • Przemyslaw Vogel (Pologne)[19]

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

  • Carl-Henric Svanberg, Président du conseil
  • Robert Dudley, Président du groupe[20]

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

  • Iain Conn, PDG
  • Byron Grote, Directeur financier[20]

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières en millions de dollars US[21],[22]
Années 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Chiffre d'affaires 180 186 236 045 294 849 249 465 265 906 239 270
Résultat d'exploitation 22 941 28 200 37 825 41 453 44 835
Résultat net part du groupe 6 845 10 267 15 961 22 341 22 000 16 580
Dettes financières 20 273 20 193 21 607 16 202 16 202

Données boursières[modifier | modifier le code]

Actionnariat[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Flottant 100 %.

BP Ultimate[modifier | modifier le code]

Si BP Ultimate 98 et BP Ultimate Diesel permettent des réductions d’émissions importantes par rapport aux essences Eurograde standard (-11,6 % en moyenne de monoxyde de carbone, -3,3 % en moyenne d'oxydes d'azote, -6,6 % en moyenne d'hydrocarbures imbrûlés et -2,8 % en moyenne de CO2 pour l'Ultimate 98[23]), on ne sait toujours pas comment l'entreprise parvient à obtenir ce résultat, car la composition de ces deux carburants est tenue secrète.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) [1]
  2. « Marée noire : déjà 12 milliards de facture judiciaire pour BP », Le Figaro, 30 janvier 2013.
  3. (en) International Petroleum Finance, « Mixed fortunes for BP in Libya and Russia. », Gale,‎ 1er juin 2007 (lire en ligne)
  4. (en) Kitty Donaldson et Robert Hutton, « Blair announces BP's return to Libya after three decades », The New York Times,‎ 29 mai 2007 (lire en ligne)
  5. BP cède 7 milliards de dollars d'actifs à son concurrent américain Apache France 24, 20 juillet 2010.
  6. La Presse canadienne, « Talisman achète des actifs de BP en Colombie », Le Devoir,‎ 4 août 2010 (lire en ligne)
  7. http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/22/le-petrolier-russe-rosneft-rachete-tnk-bp-pour-61-milliards-de-dollars_1779274_3234.html
  8. Agence France-Presse, « De marée noire à liste noire : Le gouvernement américain écarte BP des contrats fédéraux », Le Devoir,‎ 29 novembre 2012 (lire en ligne)
  9. Prise d'otage sur un site pétrolier BP en Algérie dans Libération du 16 janvier 2013.
  10. (en) Two killed after militants take western contractors hostage in Algeria raid dans The Guardian du 16 janvier 2013.
  11. (en) Click2Houston.com, « 14 Die in Massive Explosion at Texas City Refinery », Click2Houston.com,‎ 23 mars 2005 (lire en ligne)
  12. (en) BP Texas City Refinery Blast Victim: BP Keeps 'Killing People', ABC News, 10 juillet 2010
  13. « Le climat freine la récupération du pétrole en Alaska », Actualités News Environnement,‎ 16 mars 2006 (lire en ligne)
  14. François Desjardins, « Une fuite en Alaska fait bondir le prix du brut », Le Devoir,‎ 8 août 2006 (lire en ligne)
  15. Colette Thomas, « BP broie du noir », RFI,‎ 8 août 2006 (lire en ligne)
  16. « Fuite de pétrole sur un oléoduc détenu par BP en Alaska », Agence Reuters,‎ 26 mai 2010 (lire en ligne)
  17. « Marée noire : amende record de 4,5 milliards pour BP », Le Figaro,‎ 15 novembre 2012 (lire en ligne)
  18. John Vidal, « Les marées noires oubliées du delta du Niger », Courrier international (d'après The Guardian),‎ 3 juin 2010 (lire en ligne)
  19. a et b bp.com, conseil d'administration
  20. a et b Le board de BP
  21. Source : Fiche BP chez OpesC - 2002 a 2006 Sur le site opesc.org
  22. The Global 2000 Sur le site forbes.com - du 21 avril 2010 - consulté le 3 avril 2012
  23. Wilfried Bousquet, La vérité sur les nouveaux supercarburants, Caradisiac.com, 12 juillet 2005