Jeux sud-américains de 1978

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I Juegos deportivos Cruz del Sur

Généralités
Organisateur(s) Organización Deportiva Suramericana (ODESUR)
Éditions 1re
Lieu Drapeau : Bolivie La Paz
Date 3 au 12 novembre 1978
Nations huit
Participants 582[N 1]
Épreuves ? dans 15 sports
Site web officiel
Palmarès
Vainqueur Argentine

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Les premiers Jeux sud-américains (de leur nom officiel I Juegos deportivos Cruz del Sur) furent organisés du 3 au 12 novembre 1978 à La Paz, en Bolivie. Toutefois des compétitions se déroulèrent dans les villes de Cochabamba et de Santa Cruz.

Historique des Jeux sud-américains[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, l'idée de créer une compétition, réunissant les pays de l'Amérique du Sud, fait son chemin. Cette compétition serait l'échelon inférieur d'une olympiade. Celle-ci commencerait par les Jeux sud-américains. L'année suivante seraient organisés les Jeux panaméricains puis l'olympiade se terminerait (en apothéose) par les Jeux olympiques. Sous l'instigation du président du Comité national olympique argentin de l'époque, M. Pablo Cagnasso (en), les négociations sont engagées avec les différents Comités olympiques de la région. Celles-ci aboutissent à la création de l'Organisation Sportive Sud-américaine (espagnol : Organización Deportiva Suramericana ou ODESUR), le 27 mars 1975[1].

Sans l'appui de la junte militaire qui se met en place dans son pays, les efforts du Comité argentin doivent être relayés par le président du Comité bolivien, M. José Gamarra Zorrilla, pour pouvoir aboutir. Le premier congrès de l'ODESUR est organisé à La Paz, sous les auspices de l'Organisation Sportive Panaméricaine (espagnol : Organización Deportiva Panamericana ou ODEPA), le 26 mars 1976, en la présence des Comités olympiques argentin, bolivien, chilien, paraguayen et péruvien. En octobre de l'année suivante, durant les VIIIe Jeux bolivariens, a lieu un deuxième congrès, où sont adoptés les statuts et les règlements de l'ODESUR. Il y est décidé, également, que la Bolivie sera l'hôte le plus rapidement possible des premiers Jeux de la Croix du Sud (espagnol : Juegos Cruz del Sur)[2], [3].

Mais c'est, seulement, lors d'un troisième congrès, qui a lieu le 10 et 11 juin 1978, à Santiago du Chili, que les premiers Jeux de la nouvelle Organisation sont actés. Les règlements du comité d'organisation et le calendrier de l'évènement sont définis. Les Jeux se dérouleront au mois de novembre de la même année, avec la participation de huit pays[2], [3].

Présentation des I Juegos deportivos Cruz del Sur[modifier | modifier le code]

Un an auparavant, la Bolivie a reçu les VIIIe Jeux bolivariens. Bénéficiant de leur infrastructure, les premiers Jeux sud-américains ont profité d'installations sportives rénovées. Pour symboliser les trois grandes régions de leur pays, les responsables boliviens ont ajouté deux autres sites pour les épreuves. La Paz (la région montagneuse) reste l'épicentre de la manifestation et accueille la majeure partie des compétitions : l'athlétisme, le basket féminin, la boxe, le cyclisme, le football, la gymnastique, la lutte, la natation et le tir sportif. Tandis que Cochabamba (la vallée) reçoit le basket masculin, le judo, le tennis et le volley hommes. Alors que Santa Cruz (la plaine) est le théâtre de l'équitation, de l'escrime, de l'haltérophilie et du volley féminin. Malgré l'instabilité politique régnant dans le pays, les Jeux se sont déroulés sans problème, grâce à M. José Gamarra Zorrilla (lui-même bolivien), premier président de l'ODESUR. Le coût de l'organisation, évalué à 1 250 000 dollars, a été en grande partie supporté par une taxe sur la bière[4].

La cérémonie d'ouverture a lieu le vendredi 3 novembre 1978, dans le stade olympique Hernando Siles de La Paz, qui dispose d'une des premières pistes synthétiques d'athlétisme. Allumée le 19 octobre dans les ruines de Tiahuanaco, la flamme sud-américaine arrive dans le stade, portée par l'athlète Roberto Prado[4].

Les Argentins déplacent une délégation forte de 157 compétiteurs[4]. À la différence des Brésiliens, autre grande nation sportive de l'Amérique du Sud, qui font le voyage avec seulement les douze basketteuses de la sélection nationale (qui d'ailleurs remportera le titre). Seuls les athlètes boliviens sont plus nombreux (206). 582 sportifs prennent part aux Jeux qui se déroulent jusqu'au dimanche 12 novembre 1978. 70 contrôles anti-dopages sont effectués dans les laboratoires locaux et se révèlent tous négatifs[5].

Faits marquants de la compétition[modifier | modifier le code]

Un seul record du monde est battu lors des Jeux[5].

Les compétitions de cyclisme sur piste se déroulent sur le vélodrome d'Alto Irpavi, à 3 417 mètres d'altitude. Inauguré un an plus tôt, pour les VIIIe Jeux bolivariens, la piste de 333,33 mètres est rapide[6]. Elle permet à l'Argentin José Ruchansky de battre, le 7 novembre, le record du monde du kilomètre contre-la-montre[7]. Sept compétiteurs sont en présence. Le deuxième à s'élancer est l'Argentin Eduardo Trillini. En réalisant 1min04s840, il est un temps considéré, par erreur, comme le nouveau recordman du monde. Pourtant cette marque tombera effectivement avec le dernier concurrent. Ruchansky, effectue le kilomètre en 1min04s225 et efface des tablettes le Danois Niels Fredborg et son temps de 1min04s49, réalisé en 1973, sur le vélodrome de Mexico[8]. Ruchansky s'octroiera une seconde médaille d'or en vitesse individuelle[5].

Dans les compétitions d'athlétisme (en), plusieurs sportifs sortent du lot. Le sprinteur chilien Alberto Schneider est titré quatre fois. Il s'impose dans les 100 et 200 m et remporte avec sa sélection nationale les relais 4 × 100 et 4 × 400 m[9].

Du côté argentin, Beatriz Allocco (es) se distingue en remportant trois titres. Elle gagne le 100 m et est partie intégrante du relais, lauréat du 4 × 100 m féminin. De plus, en ôtant 76 centièmes à son record personnel, elle fixe à 22"94, le nouveau record sud-américain du 200 m. L'autre record sud-américain que s'approprie les athlètes argentins est celui du saut en hauteur masculin. Daniel Mamet, en battant son record personnel de douze centimètres, place la nouvelle marque à 2,18 m[5]. Leur compatriote Ivonne Neddermann, elle, décroche cinq médailles. Deux en or dans les épreuves du saut en longueur et du relais 4 × 100 m, deux en argent dans le 100 m haies et le pentahlon et s'adjuge le bronze au lancer du poids.

Les organisateurs désignent l'athlète équatorienne Nancy Vallecilla (en) comme la reine des Jeux. Elle glane quatre médailles. Elle s'adjuge le 100 m haies et le pentathlon, termine deuxième du 400 m et décroche le bronze au saut en longueur[10].

Le Bolivien le plus titré des Jeux est l'athlète Johnny Pérez, vainqueur du 1 500 m, du 5 000 m et du 3 000 m steeple. En équitation, son compatriote Roberto Holweg remporte l'épreuve de saut d'obstacles, mais non-inscrit officiellement, il ne décroche pas le titre[10].

Le complexe de la piscine olympique de l'Alto Obrajes n'est pas tout à fait terminé, lorsque débute les compétitions. L'Argentine Marcela Galmarini repart de La Paz avec cinq médailles d'or (trois en individuel et deux dans les relais)[5].

Au tir sportif, la délégation albiceleste domine les débats et remporte six titres sur les huit décernés. Dans la discipline du pistolet tir rapide à 25 m, avec 591 points, Osvaldo Scandola bat le vieux record panaméricain de son compatriote Enrique Sáenz Valiente (es), datant des Jeux panaméricains de 1955[5].

La gymnastique a vu la petite Argentine Silvia Moreno, neuf ans, remporter le titre par équipes et la médaille de bronze au sol[10].

Au tennis, les Jeux permettent de découvrir un jeune Équatorien de dix-huit ans, Andrés Gómez, futur vainqueur de Roland-Garros. il repart des terrains en terre battue du Tennis Club de Cochabamba avec trois titres (simple, double et par équipes)[10].

L'Argentine, emmenée par sa porte-drapeau Beatriz Allocco[4], domine ces premiers Jeux, en totalisant 189 médailles, dont 91 titres, en moins de dix jours. Elle bénéficie du faible niveau de l'opposition, en étant la seule délégation, avec le pays hôte, à être représenté dans la plupart des sports. De plus, nombre de médailles ont été obtenues grâce à leur unique représentant inscrit dans la compétition (comme en lutte libre). La médiocrité des performances constatée peut être aussi mis sur le compte de l'altitude des sites de Cochabamba (2 570 m) et de La Paz (3 650 m)[10].

Sports[modifier | modifier le code]

Quinze disciplines ont été pratiquées lors de ces premiers Jeux[N 2].

  • Fencing pictogram.svg Escrime
  • Football pictogram.svg Football
  • Gymnastics (artistic) pictogram.svg Gymnastique
  • Judo pictogram.svg Judo
  • Shooting pictogram.svg Tir
  • Swimming pictogram.svg Natation
  • Tennis pictogram.svg Tennis
  • Volleyball (indoor) pictogram.svg Volley-Ball
  • Weightlifting pictogram.svg Haltérophilie
  • Wrestling pictogram.svg Lutte

Les huit délégations présentes[modifier | modifier le code]

Amériques

Tableau des médailles[modifier | modifier le code]

Tableau des médailles
Rang Pays Or Argent Bronze Total
1 Drapeau : Argentine Argentine 91 53 45 189
2 Drapeau : Chili Chili 31 25 20 76
3 Drapeau : Bolivie Bolivie 20 42 44 106
4 Drapeau : Équateur Équateur 13 8 6 27
5 Drapeau : Pérou Pérou 9 16 10 35
6 Drapeau : Uruguay Uruguay 4 16 12 32
7 Drapeau : Paraguay Paraguay 2 3 4 9
8 Drapeau : Brésil Brésil 1 0 0 1
Total 171 163 141 475

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le chiffre de 480 participants, donné sur le site de l'ODESUR, apparaît sous-estimé (cf. Discussion).
  2. Une seizième (le baseball) apparaît sur le site de l'ODESUR, mais semble sujette à caution (cf. Discussion).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.15 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)
  2. a et b (es) « Historial », sur odesur.org (consulté le 2 novembre 2012)
  3. a et b (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.16 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)
  4. a, b, c et d (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.17 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)
  5. a, b, c, d, e et f (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.18 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)
  6. (es) « Alto Irpavi, el templo de los 18 récords », sur www.adnradio.cl,‎ 16 juillet 2009 (consulté le 2 novembre 2012)
  7. « Les différents records du monde masculins sur piste, cf p.3 », sur www.uci.ch (consulté le 2 novembre 2012)
  8. (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.20 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)
  9. (es) « Chile en los Juegos Suramericanos (Odesur) », sur www.adochile.cl (consulté le 24 novembre 2012)
  10. a, b, c, d et e (es) « Libros del ciclo olímpico argentino (Libro 1 de los Juegos Odesur), cf p.19 », sur fr.scribd.com (consulté le 24 novembre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]