Institution oratoire

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Le De institutione oratoria (souvent traduit par De l'institution oratoire ou, simplement, par l'Institution oratoire au sens humaniste du terme, c'est-à-dire l'« éducation de l'orateur ») est un manuel en douze volumes sur la théorie et la pratique de la rhétorique dû au rhéteur romain Quintilien. Publié vers l'an 95 de notre ère, cet ouvrage traite également de l'éducation fondamentale et du développement de l'orateur lui-même.

Introduction[modifier | modifier le code]

C'est au cours des dernières années du règne de l'empereur Domitien que Quintilien a écrit son livre. Dans la tradition de plusieurs empereurs romains, comme Néron et Caligula, le régime de Domitien se durcissait au fil des années. « [Une] police secrète déployait son activité contre la population romaine, et les sénateurs eux-mêmes étaient de diverses manières encouragés à se dénoncer les uns les autres. [...] Sous Domitien, le moindre soupçon de manque de respect envers l'empereur devenait un crime capital. La corruption sociale et politique sévissait. Dans un geste d'ironie suprême, le débauché Domitien s'était nommé censor perpetuus, se faisant lui-même responsable de la moralité publique. »[1]

Dans un tel contexte, il était bien difficile aux orateurs de marcher sur les traces de Cicéron, dont une partie de « la gloire comme orateur vient de ses dénonciations publiques des ennemis de l'État ». Depuis Auguste et le règne des empereurs des positions de ce genre étaient tout simplement trop dangereuses à adopter. Par conséquent, le rôle de l'orateur n'était plus le même depuis l'époque de Cicéron. Maintenant, ils s'occupaient plus de plaider des procès que de toute autre chose. C'est à ce moment que Quintilien a tenté de réintroduire un peu de l'idéalisme des temps anciens. « L'art oratoire politique était mort, et tout le monde savait à Rome qu'il était mort, mais Quintilien choisit délibérément l'art oratoire des générations passées comme son idéal d'éducation[2] »

Postérité[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la rhétorique est une des branches du Trivium, un enseignement qui s'appuie essentiellement sur trois traités antiques, le De inventione de Cicéron, la Rhétorique à Herennius, qui lui est attribué, et l'Institution oratoire de Quintilien[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Jerome Murphy, Quintilian on the teaching of speaking and writing, SIU Press, 19 octobre 1987, p. XX.
  2. (en) Aubrey Gwynn, S.J. Roman Education from Cicero to Quintilian, New York, Teachers College Press, 1926, p. 188.
  3. Roland Barthes, L'ancienne rhétorique, Communications, 16, 1970, Recherches rhétoriques, lire en ligne, p. 187