Emanuel Ringelblum

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Emanuel Ringelblum avant la guerre

Emanuel Ringelblum (21 novembre, 19007 mars, 1944) est un Juif polonais, historien, politicien et travailleur social, connu pour ses Chroniques du Ghetto de Varsovie, Notes sur les réfugiés de Zbąszyn décrivant la déportation des Juifs de l'Allemagne nazie vers la ville polonaise frontalière de Zbąszyn, et pour avoir coordonné les archives du Ghetto de Varsovie, intitulées Oyneg Shabbos.

Avant la guerre[modifier | modifier le code]

Il est né à Buczacz en 1900. Avant la Seconde Guerre mondiale, Ringelblum travaille pour différentes associations et parmi ses activités les plus notables, il se charge de coordonner toutes les actions d'aide aux Juifs exilés d'Allemagne en 1938 et 1939. Il est aussi connu comme historien et spécialiste de l'histoire des Juifs polonais depuis la fin du Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle. Alors qu'il est encore étudiant, il débute une activité de militant auprès des organisations politiques et sociales juives. Il est membre d'un parti sioniste de gauche, le Poalei Zion. Il milite pour le développement des écoles juives en Pologne et l'enseignement de l'Hébreu. En 1923, il fait partie des fondateurs du cercle de l'histoire juive en Pologne dont il dirige la revue. Il collabore avec le YIVO fondé en 1925 à Wilno (Vilnius), alors ville polonaise. À partir de 1930, il travaille à mi-temps pour l'American jewish Joint Distribution Committe, une organisation américaine d'entraide juive.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1939, quand la Pologne est envahie par les armées allemandes, Ringelblum se trouve à Genève pour le congrès sioniste mondial. Contrairement à nombre de Juifs polonais qui choisissent alors l'exil, Ringelblum décide de retourner à Varsovie.[réf. souhaitée] Dès le mois d'octobre, il réalise que des évènements dramatiques et encore inédits dans l'histoire sont en cours. Pendant la guerre, Ringelblum et sa famille sont enfermés dans le Ghetto de Varsovie. Là, il conduit une opération secrète dont le nom de code est Oyneg Shabbos (qui signifie en yiddish: Joie du Chabbat). Ringelblum, avec de nombreux autres écrivains juifs, des rabbins, des scientifiques et même des gens ordinaires, rassemblent des journaux intimes, des documents, des papiers officiels et sauvegardent les posters et décrets qui font partie de la mémoire de la communauté en danger. Environ 25 000 pages sont ainsi conservées. En plus, on trouve des descriptions détaillées sur la destruction des ghettos dans d'autres parties de la Pologne occupée, sur les camps d'extermination de Treblinka et de Chelmno ainsi que plusieurs rapports faits par des médecins conduisant des recherches sur les effets de la famine dans les ghettos.

Certains de ses collaborateurs ont pu être identifiés: Dawid Graber, étudiant, 19 ans en 1943; le rabbin Szymon Huberband, historien et activiste; Rachel Auerbach, écrivain et historienne; Israel Lichtensztajn, écrivain et professeur; Menachem Linder, historien économiste; Hersz Wasser, économiste et activiste politique.

Ringelblum est aussi un des membres les plus actifs de la Żydowska Samopomoc Społeczna (en polonais: Aide Sociale Juive), une des organisations constituée dans le ghetto pour aider les gens affamés. Juste avant la destruction du ghetto au printemps 1943, quand tout semble irrémédiablement perdu, les archives sont placées dans trois bidons de lait et des boites métalliques. Ces récipients sont alors enfouis dans des caves de bâtiments de Varsovie.

Peu de temps avant le soulèvement du ghetto de Varsovie, Ringelblum avec sa famille est transféré secrètement hors du ghetto et caché du côté "aryen". Mais le 7 mars 1944, sa cache est découverte par les Allemands, et Ringelblum, sa famille ainsi que la famille des Polonais qui les cachaient sont exécutés.

Les archives de Ringelblum[modifier | modifier le code]

Le sort des archives de Ringelblum n'est que partiellement connu. En septembre 1946, dix boites métalliques sont trouvées dans les ruines de Varsovie. En décembre 1950, deux bidons de lait contenant d'autres documents sont découverts dans la cave d'une maison en ruine au 68 rue Nowolipki. Parmi ces documents, se trouvent des copies de plusieurs journaux clandestins, le récit des déportations des Juifs du ghetto de Varsovie, des avis du Judenrat (le conseil juif dirigeant le ghetto), mais aussi des documents sur la vie courante, des invitations à des concerts, des coupons de lait et du papier à chocolat. .

Malgré des recherches répétées, le reste des archives, dont le troisième bidon de lait, reste introuvable. Des rumeurs font état qu'il serait enfoui là où se situe maintenant l'ambassade de Chine à Varsovie.

Les archives de Ringelblum font dorénavant partie du registre international "Mémoire du monde" de l'UNESCO.

La Chronique du ghetto de Varsovie[modifier | modifier le code]

Plusieurs documents publiés par l'Institut historique juif sous la direction de Bernard Mark le furent sous une forme falsifiée[1]. Ce fut le cas de la Chronique du ghetto de Varsovie d'Emanuel Ringelblum (1952), qui fut publiée initialement dans deux organes de l'Institut : les Bleter far geshikhte (en yiddich) et le Biuletyn Żydowskiego Instytutu Historycznego (en polonais), et dont les traductions en diverses langues, notamment la traduction française par Léon Poliakov[2], furent faites d'après ces textes falsifiés[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En langue française[modifier | modifier le code]

  • Chronique du Ghetto de Varsovie; Livre broché; 400 pages; éditeur: Robert Laffont (25 février 1993); (ISBN 2221075773 et 978-2221075777)
  • Archives clandestines du ghetto de Varsovie: T1 Lettres de l'anéantissement'; Livre broché; 420 pages; éditeur: Fayard; collection: histoire (31 janvier 2007); (ISBN 2213627541)
  • Archives clandestines du ghetto de Varsovie: T2 Les enfants et l'enseignement; Livre broché; 370 pages; éditeur: Fayard; collection: histoire (31 janvier 2007); (ISBN 2213632138)
  • (fr) Samuel D. Kassow Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie, Paris 2011, ISBN 2246746914

En langue étrangère[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Borwicz, « Journaux publiés à titre posthume », dans Revue d'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, vol. 12, janvier 1962, p. 90-94.
  2. Léon Poliakov, « Note du traducteur », dans Emmanuel Ringelblum, Chronique du ghetto de Varsovie, Paris, Robert Laffont, 1978, p. 6-7, qui déplorait de n'avoir pas pu prendre connaissance du manuscrit.
  3. Jerzy Tomaszewski, « L'historiographie polonaise sur la Shoah », dans Matériaux pour l'histoire de notre temps, 2001, vol. 61, n° 61-62, p. 53-61, consultable sur le site Persée.