Indifférentisme

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L’indifférentisme est un système qui défend l'indifférence vis-à-vis des doctrines religieuses, philosophiques. En philosophie, il s'agit de la liberté d'indifférence s'opposant au déterminisme. En religion, on parle d'indifférence religieuse.

Dans l'acception utilisée par différentes encycliques de l'Église catholique romaine pour le condamner, il s'agit d'une croyance d'après laquelle on peut faire son salut dans toutes les religions.

Indifférentisme philosophique[modifier | modifier le code]

Suivant Leibniz, l'indifférentisme est une liberté d'indifférence[1] selon laquelle, « rien ne nous nécessite pour l'un ou l'autre parti »[2].

Pour Kant, il s'agit de l'indifférence volontaire aux questions métaphysiques. Dans la première préface de la Critique de la raison pure, il affirme à ce propos : « Il est vain [...] de vouloir affecter de l'indifférence par rapport à des recherches dont l'objet ne peut être indifférent à la nature humaine. Aussi ces prétendus indifférentistes, quelque souci qu'ils prennent de se rendre méconnaissables, en substituant aux termes de l'école un langage populaire, ne peuvent pas seulement penser quelque chose sans retomber inévitablement dans des affirmations métaphysiques pour lesquelles ils affichent pourtant un si grand mépris. Toutefois, cette indifférence [...] est un phénomène digne de remarque et de réflexion. Elle [...] est une invitation faite à la raison d'entreprendre à nouveau la plus difficile de toutes ses tâches, celle de la connaissance de soi-même [...]. » Ainsi est-il possible d'introduire le transcendantalisme : la recherche des conditions de possibilité même de la raison et de ses objets.

Indifférentisme religieux[modifier | modifier le code]

Concernant le catholicisme, l'« indifférentisme » est défini par Grégoire XVI comme « une opinion perverse (...) d'après laquelle on pourrait obtenir le salut éternel par quelque profession de foi que ce soit, pourvu que les mœurs soient droites et honnêtes »[3].

L'indifférentisme a été condamné à plusieurs reprises par des encycliques du Vatican : En 1832, l'encyclique Mirari Vos, écrite par Grégoire XVI, condamne l'indifférentisme religieux et les thèses libérales de Lamennais. Certaines sources catholiques romaines considèrent ce document comme antimaçonnique[4]. Pie IX condamne pour sa part dans le Syllabus de 1864 l'idée selon laquelle « les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion » et dénonce la liberté « pour chaque homme d'embrasser et de professer la religion qu'il aura réputée vraie d'après la lumière de sa raison ».

En 1928, l'encyclique Mortalium Animos du pape Pie XI sur l'unité de l'Église de Jésus-Christ critique le mouvement œcuménique moderne. Le document dénonce énergiquement le panchristianisme, le faux irénisme, l'indifférentisme et le relativisme. Il considère alors que la majorité des organes œcuméniques accordent une trop faible place à l'Église catholique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. définition du TLFI, en ligne
  2. Cité par André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, éd. librairie Félix Aloan, 1926, 1.1, p. 362 (rééd. P.U.F. en 2008)
  3. Lettre encyclique Mirari vos du 15 août 1832
  4. Roman Catholic Church Law Regarding Freemasonry par Reid McInvale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Gélinas, Le sentiment de l'indifférence et l'indifférentisme, actes du colloque de la SQSP : L'engagement et le désengagement politique, Université de Montréal, 26-27-28 mai 2004, article en ligne
  • Paul-Laurent Assoun, Freudisme et indifférentisme politique : objet de l'idéal et objet de la démocratie, in Hermès n°5/6 : Individus et politique, 1989,pp. 345-359
  • Mgr Claude Dagens, Entre Épreuves et Renouveaux : La Passion de L’Évangile - Indifférence Religieuse, Visibilité de l'Église et évangélisation, Paris, Fleurus-Mame, 2010